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Référence transversale

Répertoire des jurisprudences

Ce répertoire réunit en une liste unique et interrogeable les décisions jurisprudentielles citées dans le dossier Droit public. Chaque entrée indique l'apport retenu, c'est-à-dire la règle que la décision pose.

916 décisions · 1872 à 2025 · 6 juridictions

916 décisions affichées

  1. 1872 CE, 24 mai 1872, Duguit et Labordère

    La loi du 24 mai 1872 marque le passage définitif de la justice retenue à la justice déléguée. La portée : fondement de l'indépendance du Conseil d'État comme juridiction.

    Conseil d’État Administration d’État

  2. 1873 TC, 30 juillet 1873, Pelletier

    La faute de service relève du juge administratif. La portée : fondement de la distinction structurante de la matière.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeResponsabilité administrative

  3. 1873 TC, 8 février 1873, Blanco

    La responsabilité de l'État pour les dommages causés dans le service public ne peut être régie par le Code civil. La portée : pose la notion de service public comme critère de compétence du juge administratif et d'application d'un régime juridique spécifique.

    Tribunal des conflits Juridiction administrativeOrganisation administrativeService publicResponsabilité administrative

  4. 1875 CE, 19 février 1875, Prince Napoléon

    Le critère du mobile politique est abandonné. La portée : fondement du critère objectif de l'acte de gouvernement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  5. 1875 CE, 25 février 1875, Pariset

    La première consécration du détournement de pouvoir est faite : usage d'un pouvoir de police dans un but financier. Le détournement suppose l'usage d'un pouvoir dans un but d'intérêt public certes, mais différent de celui pour lequel la compétence a été attribuée.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  6. 1889 CE, 13 décembre 1889, Cadot

    Le Conseil d'État abandonne la théorie du « ministre-juge ». La portée : affirmation de la compétence de principe de la juridiction administrative pour tous les litiges impliquant l'exercice de la puissance publique.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  7. 1895 CE, 1895, Cames

    Un ouvrier de l'arsenal de Tarbes blessé lors d'un travail de forge obtient réparation sans preuve d'une faute de l'administration. La portée : arrêt fondateur de la responsabilité sans faute pour risque professionnel subi par les agents publics.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  8. 1899 TC, 9 décembre 1899, Association syndicale du canal de Gignac

    Une association syndicale de propriétaires, dotée de prérogatives de puissance publique, est qualifiée d'établissement public ; ses biens sont insaisissables.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  9. 1900 CE, 1900, Maugras

    Consécration du détournement de pouvoir pour but entièrement étranger à l'intérêt public. L'agent a utilisé sa compétence dans un but purement privé ou personnel.

    Conseil d’État Recours contentieux

  10. 1901 CE, 1901, Casanova

    Les communes ne peuvent intervenir dans le domaine économique que dans des circonstances exceptionnelles. La portée : consécration de la condition d'intérêt public local comme fondement de la création d'un service public facultatif.

    Conseil d’État Administration décentraliséeRecours contentieuxService public

  11. 1902 CE, 18 avril 1902, Commune de Néris-les-Bains

    Un maire peut interdire les jeux de hasard sur son territoire, alors même qu'un décret du chef du gouvernement se contentait de les réglementer. La portée : principe matriciel selon lequel l'autorité inférieure de PAG peut toujours aggraver les mesures de l'autorité supérieure si les circonstances locales l'exigent, mais ne peut jamais les alléger.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrative

  12. 1902 CE, 1902, Compagnie nouvelle du gaz de Deville-lès-Rouen

    L'administration peut imposer unilatéralement au concessionnaire de changer de technique même si le contrat ne le prévoyait pas. La portée : consécration du pouvoir de modification unilatérale du contrat fondé sur le principe de mutabilité.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  13. 1902 TC, 2 décembre 1902, Société immobilière de Saint-Just

    L'exécution forcée d'actes administratifs unilatéraux sans intervention préalable du juge est admise sous trois conditions cumulatives : loi l'autorisant expressément, urgence absolue et absence d'autre voie d'action, ou absence de toute sanction pénale pour inexécution.

    Tribunal des conflits Juridiction administrativeOrganisation administrativePolice administrative

  14. 1903 CE, 6 février 1903, Terrier

    Une commune confiant à des particuliers l'éradication des vipères passe un contrat administratif car son objet est l'exécution même du service public local. La portée : arrêt fondateur de la compétence du juge administratif pour les contrats ayant pour objet l'exécution d'un service public.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  15. 1903 CE, 22 mai 1903, Caisse des écoles du VIe arrondissement de Paris

    Un établissement public ne peut agir que dans le cadre de la mission pour laquelle il a été créé : première affirmation du principe de spécialité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  16. 1905 CE, 1905, Tomaso Grecco

    La responsabilité de l'État du fait des opérations matérielles de police administrative est admise pour la première fois, mais en exigeant une faute lourde. La portée : point de départ de la distinction en matière de police.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  17. 1905 CE, 4 août 1905, Martin

    Les tiers ne peuvent pas attaquer le contrat lui-même par voie de REP. La portée : arrêt fondateur posant l'irrecevabilité de principe du REP et consacrant la théorie des actes détachables.

    Conseil d’État Organisation administrative

  18. 1906 CE, 28 décembre 1906, Syndicat des patrons coiffeurs de Limoges

    Les syndicats et associations ont qualité pour agir contre les décisions portant atteinte aux intérêts collectifs qu'ils ont mission de défendre. La portée : fondement de l'intérêt collectif comme intérêt légitime.

    Conseil d’État Recours contentieux

  19. 1907 CE, 15 février 1907, Moulié

    L’emploi du fonctionnaire est un emploi permanent.

    Conseil d’État Fonction publique

  20. 1907 CE, 1907, Compagnie des chemins de fer de l'Est

    Même pris en vertu d'une invitation du législateur, les règlements d'application des lois restent de simples actes administratifs soumis au contrôle du juge. La portée : la valeur de l'acte dépend de son auteur, non de son objet.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrative

  21. 1907 CE, 1907, Deplanque

    L'administration peut condamner unilatéralement le cocontractant fautif à des dommages-intérêts, sans recours préalable au juge. La portée : consécration du pouvoir de sanction unilatérale.

    Conseil d’État Organisation administrative

  22. 1908 TC, 1908, Girodet c/ Morizot

    Les propos blasphématoires et obscènes tenus par un instituteur devant ses élèves constituent une faute personnelle commise dans le service en raison de leur caractère inexcusable.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  23. 1909 CE, 1909, Compagnie des messageries maritimes

    Pose les conditions de la force majeure contractuelle en droit administratif. À la différence de l'imprévision, la force majeure requiert un événement imprévisible, extérieur et bouleversant l'économie du contrat, mais aussi un caractère insurmontable rendant l'exécution définitivement impossible.

    Conseil d’État Organisation administrative

  24. 1909 CE, 1909, Winkell

    La grève des fonctionnaires constitue une faute justifiant la révocation, en raison de l'incompatibilité absolue entre la grève et le principe de continuité du service public. La portée : premier arrêt affirmant que « la continuité est de l'essence du service public ».

    Conseil d’État Service public

  25. 1909 CE, 19 février 1909, Abbé Olivier

    Un maire ne peut réglementer les convois funèbres en l'absence de risque avéré de trouble à l'ordre public. La portée : contrôle de la réalité de la menace justifiant une mesure de police.

    Conseil d’État Police administrative

  26. 1910 CE, 1910, Commune de Saint-Palais

    Les dommages permanents causés aux riverains par l'existence d'un ouvrage public engagent la responsabilité sans faute de la personne publique. La portée : arrêt fondateur du régime.

    Conseil d’État Organisation administrative

  27. 1910 CE, 1910, Compagnie générale française des tramways

    Une ville en expansion peut imposer unilatéralement la création de nouvelles lignes non prévues dans le contrat initial, pour répondre aux besoins nouveaux de la population. La portée : illustration de la modification unilatérale dans son application la plus classique.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  28. 1910 CE, 1910, Thérond

    Un département confiant à un particulier le traitement des chiens errants conclut un contrat administratif dont l'objet est l'exécution du service public. La portée : confirmation et extension de la jurisprudence Terrier aux services publics départementaux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  29. 1911 CE, 1911, Anguet

    La faute personnelle des agents n'a été rendue possible que par une faute de service préalable : fermeture anticipée du bureau de poste. La portée : consécration du cumul de fautes permettant d'engager la responsabilité de l'administration.

    Conseil d’État Organisation administrative

  30. 1911 CE, 3 février 1911, Anguet

    La victime peut rechercher l'administration lorsque le dommage résulte d'une faute de service et d'une faute personnelle. La portée : cumul de fautes.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  31. 1912 CE, 1912, Société des granits porphyroïdes des Vosges

    Un marché de fourniture de pavés ne contenant aucune clause exorbitante et sans objet de service public est un contrat de droit privé. La portée : arrêt fondateur du critère des CEDC.

    Conseil d’État Organisation administrative

  32. 1913 CE, 1913, Préfet de l'Eure

    Le privilège du préalable est consacré. La portée : fondement jurisprudentiel du privilège du préalable.

    Conseil d’État Organisation administrativeRecours contentieux

  33. 1913 CE, 1913, Tiry

    L'impartialité s'impose aux juridictions administratives. La portée : première affirmation de cette exigence en droit administratif interne.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  34. 1914 CE, 4 avril 1914, Gomel

    Arrêt fondateur du contrôle de la qualification juridique des faits. Le Conseil d'État vérifie si les caractéristiques d'un immeuble justifiaient son classement comme monument historique, en substituant sa propre qualification à celle de l'administration.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  35. 1916 CE, 14 janvier 1916, Camino

    Le juge contrôle pour la première fois l'exactitude matérielle des faits à l'appui d'une décision de révocation d'un maire. La portée : les faits invoqués doivent avoir réellement existé pour fonder légalement l'acte.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  36. 1916 CE, 30 mars 1916, Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux (Gaz de Bordeaux)

    La hausse extraordinaire du prix du charbon suite à l'occupation des mines constitue un événement imprévisible, extérieur et bouleversant l'économie du contrat. La portée : arrêt fondateur de la théorie de l'imprévision en droit administratif, posant les trois critères cumulatifs.

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  37. 1916 CE, 7 avril 1916, Astruc

    L'exploitation d'un théâtre n'est pas un service public. La portée : solution abandonnée depuis, qui illustre la dépendance de la notion aux conceptions de l'époque.

    Conseil d’État Service public

  38. 1917 CE, 10 août 1917, Baldy

    La liberté est la règle et la restriction de police l'exception. La portée : principe directeur du contrôle des mesures de police.

    Conseil d’État Police administrative

  39. 1917 CE, 10 août 1917, Commune de Vivonne

    La spécialité protège aussi l'établissement public contre les empiétements de sa collectivité de rattachement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  40. 1918 CE, 1918, Époux Lemonnier

    La faute personnelle du maire n'exclut pas la responsabilité du service de voirie communale dès lors que la faute a été commise dans le service. La portée : consécration du cumul de responsabilités pour faute personnelle commise dans le service.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  41. 1918 CE, 28 juin 1918, Heyriès

    En contexte de Première Guerre mondiale, le Conseil d'État admet qu'un décret puisse légalement suspendre l'application d'une loi garantissant des droits aux fonctionnaires. La portée : fondement de la théorie des circonstances exceptionnelles comme source prétorienne d'extension des pouvoirs de l'administration.

    Conseil d’État Police administrativeService public

  42. 1918 CE, Ass., 28 juin 1918, Heyris

    En période de circonstances exceptionnelles, l'administration peut prendre des mesures normalement illicites afin d'assurer la continuité du service public. La portée : les normes administratives peuvent être temporairement assouplies sous le contrôle du juge.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  43. 1918 CE, 4 janvier 1918, Zulemaro

    La responsabilité de l'administration pénitentiaire n'est alors engagée que pour une faute manifeste et d'une particulière gravité.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  44. 1919 CE, 28 février 1919, Dames Dol et Laurent

    Le Conseil d'État admet la légalité d'un arrêté préfectoral qui aurait été illégal en temps normal faute de base légale. La portée : extension de la théorie des circonstances exceptionnelles aux mesures de police à caractère préventif.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exception

  45. 1919 CE, 1919, Regnault-Desroziers

    Des explosions provoquées par des stocks de munitions de guerre en zone habitée engagent la responsabilité de l'État sans faute. La portée : arrêt fondateur de la responsabilité pour risque lié aux choses dangereuses.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  46. 1919 CE, 8 août 1919, Labonne

    Le chef du gouvernement dispose d'un pouvoir de PAG s'exerçant sur l'ensemble du territoire national, sans habilitation législative spécifique. La portée : consécration du Premier ministre comme première autorité de PAG au sommet de la hiérarchie.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatLégalité ordinaireOrganisation administrativePolice administrativeRecours contentieux

  47. 1920 CE, 29 décembre 1920, May-Bing c. Ministre de la Guerre

    Une partie ne peut invoquer une illégalité qu'elle a elle-même créée ou à laquelle elle a consenti en connaissance de cause. La portée : arrêt fondateur du principe de loyauté contractuelle, réaffirmé par Béziers I.

    Conseil d’État Organisation administrative

  48. 1921 CE, 1921, Commune de Monsègur

    Un travail immobilier réalisé pour le compte d'une personne publique constitue un travail public, qu'il soit exécuté par une personne publique ou une personne privée. La portée : arrêt fondateur du critère organique.

    Conseil d’État Organisation administrative

  49. 1921 TC, 22 janvier 1921, Société commerciale de l'Ouest africain (Bac d'Eloka)

    Un service de transport géré dans les mêmes conditions qu'un industriel ordinaire relève du droit privé. La portée : consécration de l'existence des SPIC et pose le principe de leur soumission au droit commun.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeService public

  50. 1921 TC, 1921, Commune de Montségur

    Le travail public est défini comme un travail immobilier exécuté pour le compte d'une personne publique dans un but d'intérêt général. La portée : arrêt de référence pour la définition jurisprudentielle du travail public.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  51. 1923 CE, 1923, Gheusi

    Une activité culturelle peut être qualifiée d'intérêt général. La portée : illustration de l'extension progressive de la notion au-delà des seules activités régaliennes.

    Conseil d’État Service public

  52. 1923 CE, Ass., 1923, Association des fonctionnaires de l'administration centrale des PTT

    Un agent irrégulièrement nommé doit être regardé comme légalement investi de ses fonctions tant que sa nomination n'a pas été annulée. La portée : consécration de la théorie du fonctionnaire de fait pour protéger la sécurité des actes et la continuité du service public.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  53. 1923 CE, 30 novembre 1923, Couitéas

    Le refus du gouvernement de prêter le concours de la force publique pour l'exécution d'une décision de justice, pourtant légal, engage la responsabilité de l'État sans faute. La portée : arrêt fondateur de la responsabilité sans faute du fait des décisions régulières.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  54. 1923 TC, 16 juin 1923, Septfonds

    Le juge judiciaire peut interpréter les actes administratifs réglementaires de droit privé. La portée : exception à la réserve de compétence du juge administratif pour l'interprétation des actes.

    Tribunal des conflits Juridiction administrativeRecours contentieux

  55. 1923 CE, 26 janvier 1923, De Robert Lafrégeyre

    Les agents d'un service public industriel et commercial relèvent en principe du droit privé, sauf le directeur. La portée : conséquence de Bac d'Éloka pour le personnel.

    Conseil d’État Service publicFonction publique

  56. 1925 CE, Sect., 26 décembre 1925, Rodière

    L'annulation pour vice de légalité externe rétroagit à la date d'édiction de l'acte. La portée : l'acte est effacé erga omnes de l'ordonnancement juridique.

    Conseil d’État Police administrative

  57. 1927 CE, 1927, Carrier

    Un arrêté municipal soumettant les promenades en montagne à une déclaration préalable est annulé, faute d'habilitation légale expresse. La portée : en PAG, l'autorité de police ne peut imposer une déclaration préalable qu'à la condition d'y être expressément autorisée par le législateur.

    Conseil d’État Police administrative

  58. 1927 CE, 17 juin 1927, Vaulot

    L'impartialité du juge est un principe général s'imposant à toute juridiction.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  59. 1928 CE, Sect., 1928, Laruelle

    La faute de la victime peut exonérer partiellement ou totalement l'administration selon son importance dans la réalisation du dommage. La portée : arrêt de référence sur la faute de la victime comme cause d'exonération.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  60. 1930 CE, 1930, Despujol

    L'obligation d'abroger un règlement illégal peut être fondée sur un changement de circonstances de fait ou de droit postérieur à son édiction. La portée : amorce de la construction jurisprudentielle menant à l'arrêt Alitalia.

    Conseil d’État Organisation administrative

  61. 1930 CE, Sect., 30 mai 1930, Chambre syndicale du commerce en détail de Nevers

    Les personnes publiques ne peuvent intervenir dans le domaine économique qu'en présence d'un intérêt public suffisant et d'une carence de l'initiative privée. La portée : fondement de la condition de légitimité de la création d'un service public à caractère commercial.

    Conseil d’État Service publicAdministration décentralisée

  62. 1932 CE, 1932, Commune de Castelnaudary

    Le pouvoir de police est un monopole de la puissance publique, insusceptible de délégation à une personne privée. La portée : la restriction des libertés ne peut émaner que d'une autorité publique soumise au contrôle du juge.

    Conseil d’État Police administrativeService public

  63. 1932 CE, 1932, Demoiselle Mimeur

    Une personne exerçant une activité en violation d'une réglementation légale ne peut obtenir réparation du préjudice résultant de l'interruption de cette activité par l'administration, même si cette interruption est fautive.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  64. 1932 CE, Ass., 1932, Compagnie des tramways de Cherbourg

    Confirme clairement la distinction entre imprévision et force majeure (graduation) Le bouleversement temporaire de l'équilibre contractuel justifie une indemnité d'imprévision et le maintien du contrat. Le bouleversement définitif ou durablement prolongé constitue un cas de force majeure justifiant la résiliation..

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  65. 1933 CE, 19 mai 1933, Benjamin

    Le juge exerce un contrôle de proportionnalité sur les mesures de police du maire. La portée : principe matriciel constamment réaffirmé en matière de liberté de manifestation.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrativeRégimes d’exception

  66. 1933 CE, 1933, Blanc

    Une activité sociale peut constituer une activité d'intérêt général. La portée : confirmation du caractère évolutif et extensif de la notion.

    Conseil d’État Service public

  67. 1933 CE, 1933, Leloir

    Le juge administratif ne peut adresser d'ordres à l'administration au nom de la séparation des pouvoirs. La portée : principe initial de prohibition des injonctions au juge administratif.

    Conseil d’État Recours contentieux

  68. 1933 TC, 1933, Dame Mélinette

    La responsabilité quasi-délictuelle des SPIC à l'égard des tiers est régie par le droit privé. La portée : arrêt fondateur du régime de droit privé des relations extérieures des SPIC.

    Tribunal des conflits Service public

  69. 1933 CE, Ass., 7 avril 1933, Deberles

    L'agent illégalement évincé n'a pas droit au rappel de son traitement, faute de service fait, mais à une indemnité réparant le préjudice réellement subi, compte tenu de la gravité des irrégularités et de ses propres fautes. La portée : fondement du calcul de la réparation après une éviction illégale.

    Conseil d’État Fonction publiqueResponsabilité administrative

  70. 1934 CE, Section, 1934, Chambre de commerce de Tamatave

    La décision de conclure un contrat s'en détache intellectuellement et juridiquement. Elle peut donner lieu à REP, même en l'absence d'acte formel préalable.

    Conseil d’État Organisation administrative

  71. 1935 CE, 1935, Marécar

    Le critère d'affectation à l'usage direct du public est un élément fondateur de la notion de domaine public. La portée : bases de la distinction domaine public / domaine privé.

    Conseil d’État Organisation administrative

  72. 1935 CE, 1935, Établissements S.A.T.A.N

    Dès lors qu'une police spéciale a été instituée et que son autorité exerce pleinement sa compétence, l'autorité de police générale ne peut intervenir dans le même champ. La portée : consécration de la primauté de la PAS sur la PAG lorsque leurs finalités se recoupent.

    Conseil d’État Police administrative

  73. 1935 TC, 1935, Thepaz

    Le fait qu'une faute constitue une infraction pénale ne la rend pas nécessairement personnelle. La faute d'un chauffeur militaire ayant causé un accident est une faute de service.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeResponsabilité administrative

  74. 1935 TC, 8 avril 1935, Action française

    Lorsque l'Administration porte atteinte à la propriété privée ou à une liberté fondamentale en dehors de tout pouvoir légal, seul le juge judiciaire est compétent. La portée : consécration prétorienne de la voie de fait.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  75. 1935 CE, Sect., 11 janvier 1935, Bouzanquet

    Le manquement d'un agent à son obligation de réserve constitue une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire. La portée : l'une des premières affirmations jurisprudentielles de l'obligation de réserve, qu'aucun texte général ne consacre.

    Conseil d’État Fonction publique

  76. 1936 CE, 6 novembre 1936, Arrighi

    Le juge administratif ne peut contrôler la constitutionnalité d'une loi. La portée : première consécration explicite de la théorie de la loi-écran.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  77. 1936 CE, Sect., 7 février 1936, Jamart

    Tout chef de service dispose, même sans texte, d'un pouvoir réglementaire pour organiser son service. La portée : fondement du pouvoir réglementaire autonome des chefs de service, limité aux agents et au fonctionnement interne.

    Conseil d’État Fonction publiquePolice administrativeAdministration d’ÉtatLégalité ordinaireOrganisation administrative

  78. 1936 CE, Ass., 3 juillet 1936, Mlle Bobard

    Le principe d’égal accès est affirmé, tout en admettant alors des restrictions liées à l’intérêt du service.

    Conseil d’État Fonction publique

  79. 1936 CE, Section, 1936, Prade

    Le contrat passé par un syndicat d'initiative au nom d'une commune avec une personne privée est administratif en raison du mandat exprès donné par la commune. La portée : premier arrêt consacrant l'hypothèse du mandat exprès.

    Conseil d’État Organisation administrative

  80. 1937 CE, 1937, Caire

    Consacre le pouvoir de direction et de contrôle de l'administration sur le cocontractant L’administration peut adresser des ordres de service pour contraindre le cocontractant à respecter les clauses du contrat ou pour lui imposer certaines modalités d'exécution non précisées par lui.

    Conseil d’État Organisation administrative

  81. 1937 CE, 1937, Delle Quesnel

    La volonté d'enrichissement personnel d'un agent pendant l'exercice de ses fonctions constitue une faute personnelle par détachabilité intellectuelle.

    Conseil d’État Organisation administrative

  82. 1937 CE, 28 mai 1937, Decerf

    Première vérification, par le juge administratif, de la conformité d'un acte administratif, ici un décret d'extradition, à une convention internationale.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  83. 1938 CE, 12 janvier 1938, Pélissier

    L’administration peut imposer une aptitude physique particulière pour certains emplois publics.

    Conseil d’État Fonction publique

  84. 1938 CE, 1938, Caisse primaire Aide et protection

    Une personne privée peut gérer un service public sans délégation contractuelle explicite. La portée : consécration de la possibilité d'un rattachement indirect par habilitation unilatérale.

    Conseil d’État Service public

  85. 1938 CE, Ass., 1938, Société anonyme des produits laitiers La Fleurette

    Une loi interdisant la fabrication de certains succédanés du lait cause à la société un préjudice anormal et spécial non voulu par le législateur. La portée : arrêt fondateur de la responsabilité du fait des lois.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  86. 1939 CE, 25 juillet 1939, Demoiselle Beis

    La pratique d'une religion ne peut justifier l'éviction d'une candidate à un emploi public. La portée : les convictions religieuses sont indifférentes à l'accès aux fonctions publiques.

    Conseil d’État Fonction publique

  87. 1942 CE, 1942, Compagnie générale des eaux

    Les trois caractères cumulatifs de la force majeure sont précisés : extériorité, imprévisibilité, irrésistibilité. Ces trois conditions sont nécessaires pour que la force majeure exonère totalement l'administration.

    Conseil d’État Organisation administrative

  88. 1942 CE, 1942, Monpeurt

    Une personne privée gestionnaire d'un service public peut prendre des actes administratifs unilatéraux. La portée : acte fondateur du régime des actes administratifs des personnes privées.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  89. 1942 CE, Ass., 1942, Ville de Dôle

    Une faute simple suffit pour les mesures juridiques de police dès lors que leur adoption ne se heurte pas à des obstacles considérables.

    Conseil d’État Organisation administrative

  90. 1943 CE, Ass., 1943, Bouguen

    Les actes individuels pris par des personnes privées gestionnaires de SPA dans l'exercice de prérogatives de puissance publique ont un caractère administratif. La portée : confirmation et généralisation de la jurisprudence Monpeurt.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  91. 1944 CE, Sect., 5 mai 1944, Dame veuve Trompier-Gravier

    Le Conseil d'État consacre implicitement le principe des droits de la défense. La portée : première pierre de l'acte de naissance des PGD.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  92. 1944 CE, 21 janvier 1944, Léoni

    L'exploitation d'un théâtre peut présenter un intérêt public. La portée : élargissement du champ des activités d'intérêt général.

    Conseil d’État Service public

  93. 1944 CE, Sect., 10 novembre 1944, Langneur

    L'agent n'est délié de son devoir d'obéissance que si l'ordre reçu est à la fois manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. La portée : formule reprise par le statut général, aujourd'hui aux articles L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique.

    Conseil d’État Fonction publique

  94. 1945 CE, Ass., 1945, Moineau

    Les conseils régionaux des ordres professionnels sont des juridictions disciplinaires relevant de l'ordre administratif. La portée : premier arrêt consacrant la nature juridictionnelle d'un conseil d'ordre professionnel.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  95. 1945 CE, Ass., 26 octobre 1945, Aramu

    Les principes généraux du droit s'imposent à toutes les autorités administratives, même sans texte. La portée : ils constituent une source du droit administratif dotée d'une valeur supra-décrétale.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  96. 1946 CE, 1946, Commune de Saint-Priest-la-Plaine

    L'utilisation de feux d'artifice lors de fêtes communales engage la responsabilité de la commune sans faute à l'égard des collaborateurs bénévoles blessés. La portée : extension de la responsabilité pour risque aux choses dangereuses utilisées dans le cadre d'activités de service public.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  97. 1946 CE, Sect., 1946, Melle Aubergé et Duez

    Le régime de responsabilité sans faute pour risque professionnel s'applique aux collaborateurs occasionnels, y compris lorsque leur participation résulte d'une réquisition informelle de l'administration.

    Conseil d’État Organisation administrative

  98. 1947 CE, 1947, Dewarain

    Les punitions militaires prévues par un règlement interne de discipline constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. La portée : solution abandonnée par l'arrêt Hardouin.

    Conseil d’État Organisation administrative

  99. 1947 CE, Ass., 1947, Angrand

    La réparation du préjudice futur certain est admise, notamment les arrérages futurs d'une pension de retraite nécessairement perçus. La portée : consécration de l'indemnisabilité du préjudice futur dès lors que sa réalisation est certaine.

    Conseil d’État Organisation administrative

  100. 1947 CE, Ass., 7 février 1947, d'Aillières

    Le recours en cassation devant le Conseil d'État est toujours recevable contre les décisions des juridictions administratives rendues en dernier ressort. La portée : principe général du droit consacré à titre prétorien avant la loi de 1987.

    Conseil d’État Légalité ordinaireRecours contentieux

  101. 1947 TC, 1947, Consorts Brun

    L'animosité personnelle d'un agent à l'égard d'un usager révèle une préoccupation d'ordre privé constitutive d'une faute personnelle commise pendant le service.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  102. 1948 CE, 1948, Marion

    Un agent agissant sans habilitation régulière dans le contexte des circonstances exceptionnelles agit néanmoins de droit. La portée : extension de la théorie du fonctionnaire de fait aux situations d'urgence ne permettant pas d'attendre une habilitation formelle.

    Conseil d’État Police administrative

  103. 1948 CE, Ass., 16 avril 1948, Laugier

    Les mesures dérogeant aux règles ordinaires dans le cadre des circonstances exceptionnelles sont légales à deux conditions cumulatives : elles doivent poursuivre un but d'intérêt général et être strictement limitées à la durée des circonstances qui les ont exigées. La portée : arrêt constituant la matrice du régime jurisprudentiel des dérogations.

    Conseil d’État Police administrative

  104. 1948 CE, Ass., 25 juin 1948, Société du Journal L'Aurore

    Le principe de non-rétroactivité des actes administratifs est un principe général du droit. Les décisions administratives ne disposent que pour l'avenir et ne peuvent régir des situations définitivement constituées avant leur entrée en vigueur.

    Conseil d’État Organisation administrative

  105. 1948 CE, Sect., 3 décembre 1948, Commune de Berre-l'Étang

    L'agent condamné par le juge judiciaire à réparer les conséquences d'une faute de service peut exercer une action récursoire contre l'administration, qui supporte la charge définitive de l'indemnité. Ce recours constitue un principe général du droit, applicable même sans texte aux agents titulaires, aux contractuels et aux collaborateurs occasionnels du service public.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  106. 1948 TC, 1948, Manufacture de Velours et Peluches

    Avant la réforme jurisprudentielle de 2013, le juge judiciaire disposait d'un monopole pour faire cesser la voie de fait, y compris par injonction et astreinte.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  107. 1949 CE, 1949, Dlle Mimeur

    Une faute personnelle commise en dehors du service mais avec les moyens du service engage aussi la responsabilité de l'administration. La portée : extension du cumul de responsabilités à la faute personnelle extra-service.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  108. 1949 CE, 1949, Ville de Toulon

    Le fait du prince peut résulter d'une décision d'une personne publique non contractante, à condition que cette décision ait une répercussion directe sur les conditions essentielles d'exécution du contrat. La portée : élargit le champ du fait du prince au-delà des seules décisions de l'administration contractante.

    Conseil d’État Organisation administrative

  109. 1949 CE, 22 juillet 1949, Société des automobiles Berliet

    L'appréciation de la légalité d'un acte, y compris l'illégalité externe, se fait à la date de son édiction. La portée : principe cardinal du REP applicable à l'ensemble des cas d'ouverture.

    Conseil d’État Recours contentieux

  110. 1949 TC, 1949, Société Rivoli-Sébastopol

    En cas d'emprise irrégulière extinctive, la réparation relève du juge judiciaire. La portée : arrêt fondateur du partage de compétence en matière d'emprise.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  111. 1949 CE, Ass., 24 juin 1949, Consorts Lecomte

    L'usage d'armes à feu présentant des risques exceptionnels engage la responsabilité sans faute à l'égard des tiers. La portée : fondement du régime des choses dangereuses en matière de police.

    Conseil d’État Responsabilité administrativePolice administrative

  112. 1950 CE, Ass., 17 février 1950, Ministre de l'Agriculture c/ Dame Lamotte

    Le recours pour excès de pouvoir est ouvert même sans texte à l'encontre de toute décision administrative. La portée : confirmation de l'absence de nécessité d'un recours administratif préalable pour accéder au juge.

    Conseil d’État Recours contentieuxLégalité ordinaire

  113. 1950 CE, Sect., 3 mai 1950, Demoiselle Jamet

    Tout agent collaborant à l'exécution du service public est soumis à une obligation de stricte neutralité. La portée : premier arrêt posant la règle générale de neutralité des agents.

    Conseil d’État Service publicFonction publique

  114. 1950 CE, Ass., 7 juillet 1950, Dehaene

    Un acte pris par un ministre dépourvu de pouvoir réglementaire général est entaché d'incompétence matérielle. La portée : la compétence normative générale relève du Premier ministre seul, sauf délégation régulière ou habilitation légale expresse.

    Conseil d’État Fonction publiqueAdministration d’ÉtatPolice administrativeService public

  115. 1950 CE, Sect., 30 juin 1950, Quéralt

    Les décisions individuelles non créatrices de droits sont toujours rétractables, qu'elles soient légales ou illégales, sans condition de délai. La portée : fondement historique du régime libéral de retrait de ces actes.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  116. 1950 CE, Section, 1950, Stein

    La clause exorbitante du droit commun est définie comme la clause ayant pour objet de conférer aux parties des droits ou obligations étrangers par leur nature à ceux susceptibles d'être librement consentis dans le cadre des lois civiles et commerciales. La portée : définition de référence, systématiquement mobilisée en dissertation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  117. 1951 CE, 1951, Consorts Baud

    Le Conseil d'État distingue PA et PJ selon leur finalité. La portée : le critère finaliste constitue le critère principal de qualification.

    Conseil d’État Police administrative

  118. 1951 CE, 1951, Delteil

    Nul n'a de droit acquis au maintien d'un règlement administratif. La portée : fondement dogmatique de la liberté absolue d'abrogation des règlements.

    Conseil d’État Organisation administrative

  119. 1951 CE, Ass., 1951, Delville

    En cas de cumul de fautes, la charge de l'indemnité est répartie entre l'administration et l'agent selon la part respective de chaque faute dans la réalisation du dommage. La portée : organise la répartition dans le cadre de l'action récursoire.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  120. 1951 CE, Ass., 1951, Laruelle

    L'administration peut exercer une action récursoire contre son agent pour la totalité des indemnités versées lorsque le préjudice résulte exclusivement d'une faute personnelle non dépourvue de lien avec le service. La portée : abandon de la jurisprudence CE, 1924, Poursines.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  121. 1951 CE, Ass., 22 juin 1951, Daudignac

    Un arrêté soumettant les photographes ambulants à autorisation préalable est annulé. Motif : le pouvoir réglementaire ne peut établir de régime d'autorisation préalable dans une matière relevant de la liberté du commerce et de l'industrie.

    Conseil d’État Légalité ordinairePolice administrative

  122. 1951 CE, Sect., 9 mars 1951, Société des concerts du Conservatoire

    Le principe d'égalité dans le fonctionnement des services publics est consacré. La portée : consécration des PGD comme catégorie normative autonome, d'origine prétorienne, liant le pouvoir réglementaire.

    Conseil d’État Légalité ordinaireService public

  123. 1951 TC, 7 juin 1951, Dame Noualek

    L'opération qui ne vise pas la répression d'une infraction déterminée relève de la police administrative. La portée : critère finaliste de distinction des polices.

    Tribunal des conflits Police administrative

  124. 1952 CE, 1952, Chambre syndicale des détaillants en articles de sport et de camping

    Sans autorisation législative, ni l'État ni les collectivités ne peuvent ériger en service public une activité de nature commerciale. La portée : rappel du principe d'interdiction de principe, dont les conditions Nevers constituent la seule exception prétorienne.

    Conseil d’État Service public

  125. 1952 CE, 1952, Docteur Ville

    Un médecin participant à des essais médicaux expérimentaux ne peut obtenir réparation intégrale dès lors qu'il avait librement et consciemment accepté les risques inhérents à sa participation. La portée : pose le principe de l'exception de risque accepté.

    Conseil d’État Organisation administrative

  126. 1952 CE, Ass., 30 mai 1952, Dame Kirkwood

    Le Conseil d'État admet pour la première fois qu'un requérant peut invoquer les stipulations d'une convention internationale directement applicables. La portée : acte de naissance de l'invocabilité des traités en droit administratif.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  127. 1952 CE, Sect., 19 décembre 1952, Delle Mattei

    La décision individuelle favorable, ici un acte de nomination, est valable et produit ses effets dès sa signature. Elle ne requiert pas sa notification préalable.

    Conseil d’État Organisation administrative

  128. 1952 CE, Sect., 1952, Martin, Piteau, L'Huiller

    L'acte confirmatif est défini par deux conditions cumulatives : identité d'objet avec la décision antérieure et absence de changement de circonstances de fait ou de droit dans l'intervalle. La portée : arrêt fondateur de la définition de l'acte confirmatif.

    Conseil d’État Organisation administrative

  129. 1952 CE, Sect., 1952, Ville de Barentin

    Avant la loi de 1983, la responsabilité de l'État pour les dommages causés par des attroupements n'était engagée que sur le fondement d'une faute lourde des forces de police. La portée : arrêt de référence illustrant le droit antérieur à la loi.

    Conseil d’État Organisation administrative

  130. 1952 CE, Sect., 9 mai 1952, Houillères du Bassin de Lorraine

    Le recours pour excès de pouvoir est d'ordre public. La portée : fondement de l'autonomie du recours contentieux par rapport à toute démarche amiable préalable.

    Conseil d’État Recours contentieux

  131. 1952 TC, 1952, Dame de la Murette

    Les atteintes à la liberté individuelle ou à la propriété privée, qui constitueraient des voies de fait en période ordinaire, retrouvent le caractère d'actes administratifs relevant du juge administratif lorsqu'elles s'inscrivent dans le cadre des circonstances exceptionnelles.

    Tribunal des conflits Police administrative

  132. 1952 TC, 27 novembre 1952, Préfet de la Guyane

    Les litiges relatifs aux actes non détachables du service judiciaire relèvent du juge judiciaire. La portée : fondement de la compétence de principe du juge judiciaire pour les actes relatifs à l'exécution des peines.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  133. 1953 CE, 23 octobre 1953, Huckel

    Le juge administratif est compétent pour contrôler la légalité du décret portant déclaration de l'état de siège. La portée : l'état de siège n'est pas un acte de gouvernement.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  134. 1953 CE, Ass., 12 décembre 1953, de Bayo

    Le critère matériel de qualification d'une juridiction administrative est la répression disciplinaire. La portée : arrêt fondateur de la définition des juridictions administratives.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  135. 1953 CE, Sect., 1953, Constantin

    Les autorisations de police peuvent toujours être abrogées pour des nécessités de l'ordre public ou pour tenir compte de la modification de la réglementation. L'autorité de police a même l'obligation de les abroger si le bénéficiaire ne remplit plus les conditions requises ou si la situation représente un danger pour l'ordre public.

    Conseil d’État Organisation administrative

  136. 1953 TC, 1953, Delatre

    Les graves actes de brutalité commis par des membres des forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions constituent des fautes personnelles en raison de leur particulière gravité.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  137. 1954 CE, 1954, Chapou

    Les dispositions d'un règlement intérieur de lycée interdisant le port du pantalon de ski sauf par jour de neige constituent une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours. La portée : illustration classique, désormais abandonnée, de l'ancienne conception extensive des MOI en matière scolaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  138. 1954 CE, 1954, Dame Veuve Litzler

    L'utilisation d'armes à feu par des militaires en dehors de toute mission constitue une faute personnelle commise en dehors du service. La portée : illustration de la détachabilité matérielle.

    Conseil d’État Organisation administrative

  139. 1954 CE, Ass., 28 mai 1954, Barel

    Le PGD d'égal accès aux emplois publics est consacré. L'administration ne peut évincer un candidat en raison de ses opinions politiques sans méconnaître ce principe, même en l'absence de texte.

    Conseil d’État Fonction publiqueLégalité ordinaire

  140. 1954 CE, Ass., 29 janvier 1954, Institution Notre-Dame du Kreisker

    Une circulaire qui édicte des règles nouvelles opposables aux tiers est un acte réglementaire déguisé, susceptible de recours et annulable pour incompétence. La portée : distinction fondatrice entre circulaire réglementaire (illicite si auteur incompétent) et circulaire interprétative.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatLégalité ordinaireOrganisation administrative

  141. 1954 TC, 1954, Moritz

    L'action récursoire est de la compétence exclusive du juge administratif, y compris lorsque le contentieux principal relève du juge judiciaire par détermination législative.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeResponsabilité administrative

  142. 1954 CE, Sect., 4 juin 1954, Affortit et Vingtain

    Les agents qui participent directement à l'exécution même du service public sont des agents publics. La portée : le service public comme critère de la qualité d'agent public, jusqu'à Berkani.

    Conseil d’État Service publicFonction publique

  143. 1955 CE, Sect., 1955, Silberstein

    Les décisions obtenues par fraude ne créent jamais de droits et peuvent être retirées à tout moment, sans condition de délai. La portée : consécration du principe de l'absence d'effets juridiques de l'acte frauduleux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  144. 1955 TC, 1955, Effimief

    Un travail immobilier accompli par une personne publique dans le cadre d'une mission de service public est un travail public, même s'il porte sur un bien privé. La portée : consécration de la seconde branche du critère organique.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  145. 1955 TC, 1955, Effimieff

    Les dommages causés aux tiers par des travaux publics exécutés par une personne privée pour le compte d'une personne publique relèvent du juge administratif et du régime de responsabilité sans faute.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  146. 1955 CE, Sect., 23 décembre 1955, Lévy

    Le jury d'un concours apprécie souverainement les mérites des candidats, mais doit se fonder sur la seule valeur des épreuves. La portée : souveraineté du jury et limite tirée de l'objectivité de son appréciation.

    Conseil d’État Fonction publique

  147. 1956 CE, 16 novembre 1956, Union syndicale des industries aéronautiques (USIA)

    Pour qualifier un établissement public en EPA ou EPIC, le juge recourt à un faisceau d'indices. Ce faisceau croise l'objet de l'activité, les modalités de financement et les règles de fonctionnement.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  148. 1956 CE, 1956, Amicale des annamites de Paris

    Le Conseil d'État avait qualifié la liberté d'association de PFRLR quinze ans avant la décision du Conseil constitutionnel. La portée : illustration du rôle précurseur du Conseil d'État dans la constitutionnalisation des droits.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  149. 1956 CE, 1956, Consorts Grimouard

    Les opérations de reboisement sur des terrains privés constituent des travaux publics car elles s'inscrivent dans l'exécution du service public de conservation forestière. La portée : application concrète de la jurisprudence Effimief.

    Conseil d’État Organisation administrative

  150. 1956 CE, 1956, Mirinoff

    Le collaborateur spontané qui participe à une mission de service public dans une situation d'urgence bénéficie du régime de responsabilité sans faute dès lors que son intervention était nécessaire et utile à l'intérêt général.

    Conseil d’État Organisation administrative

  151. 1956 CE, 1956, Société Bertin (à distinguer des Époux Bertin)

    Illustre l'application cumulative du critère de l'objet et du critère des clauses exorbitantes. Rappelle que le critère matériel peut être satisfait par l'une ou l'autre des hypothèses alternatives.

    Conseil d’État Organisation administrative

  152. 1956 CE, Sect., 1956, Dame Sylvestre

    La décision individuelle défavorable n'entre en vigueur qu'à compter de sa notification à son destinataire. Elle ne produit aucun effet juridique avant cette formalité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  153. 1956 CE, Sect., 1956, Thouzellier

    La méthode de rééducation en milieu ouvert appliquée à des mineurs délinquants dangereux engage la responsabilité sans faute de l'État pour les dommages causés aux tiers. La portée : consécration de la responsabilité pour risque liée aux méthodes dangereuses.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  154. 1956 CE, Section, 1956, Société Le Béton

    L'affectation d'un bien à un service public, accompagnée d'un aménagement spécial, suffit à le faire entrer dans le domaine public. La portée : complète la définition en ajoutant la seconde branche de l'affectation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  155. 1956 CE, Section, 1956, Société française des transports Gondrand

    Un contrat de fourniture de marchandises pour les besoins d'un service public ne satisfait pas au critère de l'objet : il porte sur les besoins du service, non sur son exécution même. La portée : délimitation négative du critère.

    Conseil d’État Organisation administrative

  156. 1956 CE, Section, 1956, Époux Bertin

    Un contrat oral confiant à des particuliers l'hébergement de ressortissants soviétiques est administratif car il constitue le moyen nécessaire à l'exécution du service public d'hébergement. La portée : grand arrêt consacrant définitivement le critère de l'objet de service public dans sa double dimension.

    Conseil d’État Organisation administrative

  157. 1957 CE, 1923, de Robert Lafrégeyre / CE, Sect., 1957, Jalenques de Labeau

    Le personnel d'un SPIC relève du droit privé. Exception : le directeur et le comptable public sont soumis au droit public.

    Conseil d’État Organisation administrative

  158. 1957 CE, 1957, Rosan-Girard

    La notion d'acte inexistant, affecté d'une illégalité si grave qu'il est nul et non avenu, est consacrée. Ces actes peuvent être annulés et retirés sans condition de délai, même après expiration du délai de recours contentieux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  159. 1957 CE, Sect., 8 mars 1957, Jalenques de Labeau

    Seuls le directeur du SPIC et le comptable public se trouvent dans une situation de droit public. Tous les autres agents relèvent du droit du travail et du juge judiciaire.

    Conseil d’État Fonction publiqueService publicOrganisation administrative

  160. 1957 CE, Ass., 1957, Commune de Grigny

    La présence d'un ouvrage public présentant un danger exceptionnel pour les usagers engage la responsabilité sans faute de la collectivité publique propriétaire. La portée : pose le régime de responsabilité sans faute pour ouvrages exceptionnellement dangereux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  161. 1958 CE, 1958, Société électricité et eaux de Madagascar

    Le refus de l'administration d'exercer son pouvoir de direction peut être déféré au juge de l'excès de pouvoir. La nature du pouvoir de direction est mixte : c’est une prérogative mais c’est aussi obligation de l'administration dans certains cas.

    Conseil d’État Organisation administrative

  162. 1958 CE, Ass., 1958, Distillerie de Magnac-Laval

    Le pouvoir de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général s'applique à tout contrat administratif, même en l'absence de stipulation expresse. Revirement de la jurisprudence CE, 1905, Compagnie départementale des eaux imposant l’intervention du juge en l’absence de clause contraire.

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  163. 1958 CE, Sect., 1958, Ponard

    Le retrait d'un règlement ne peut intervenir que dans le délai contentieux, c'est-à-dire tant qu'il peut encore faire l'objet d'une annulation juridictionnelle. Au-delà, le retrait serait susceptible de remettre en cause les droits nés de l'application du règlement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  164. 1959 CE, 1959, Doublet

    L'autorité de police est tenue d'édicter le règlement indispensable pour faire cesser un péril grave résultant d'une situation particulièrement dangereuse pour l'ordre public. Le défaut d'action engage la responsabilité de l'Administration pour inertie.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  165. 1959 CE, Sect., 18 décembre 1959, Société Les Films Lutétia

    Le maire peut aggraver la mesure nationale de la police spéciale du cinéma et interdire la projection d'un film sur son territoire en raison de circonstances locales particulières. La portée : la spécialité organique n'exclut pas tout concours, dès lors que la PAG se borne à aggraver et non à contredire la PAS.

    Conseil d’État Police administrativeAdministration d’État

  166. 1959 CE, Sect., 1959, Delansorme

    La création d'une station-service complémentaire d'un parc de stationnement municipal est légale car elle améliore l'attractivité du service principal. La portée : arrêt de référence sur l'exception dite de l'activité commerciale accessoire.

    Conseil d’État Service public

  167. 1959 CE, Sect., 1959, Syndicat des exploitants de cinématographe de l'Oranie

    La légalité d'une initiative publique locale concurrençant des activités privées existantes est admise, dès lors qu'elle répond à un intérêt général. La portée : illustration de l'assouplissement progressif de la jurisprudence Nevers.

    Conseil d’État Service public

  168. 1959 CE, Sect., 26 juin 1959, Syndicat général des ingénieurs-conseils (GAJA n° 69)

    Les principes généraux du droit s'imposent à toute autorité réglementaire, même en l'absence de dispositions législatives. La portée : fondement de l'opposabilité du principe de non-rétroactivité aux décrets autonomes.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrative

  169. 1960 CE, 1960, Société Empain

    La qualité de tiers s'apprécie in concreto, en fonction du rapport que la victime entretient avec l'ouvrage ou le travail public au moment du dommage.

    Conseil d’État Organisation administrative

  170. 1960 CE, Sect., 28 octobre 1960, Martial de Laboulaye

    La liberté du commerce et de l'industrie est un principe général du droit. La portée : limite opposable aux interventions économiques des personnes publiques.

    Conseil d’État Service public

  171. 1960 CE, Sect., 13 mai 1960, SARL Restaurant Nicolas

    Le pouvoir de police générale reconnu au chef du Gouvernement par l'arrêt Labonne subsiste sous la Ve République au profit du Premier ministre.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrative

  172. 1961 CE, 1961, Dame Veuve Agnsi

    Les relations d'un SPIC géré par une personne publique avec ses usagers sont toujours régies par le droit privé, sans exception possible.

    Conseil d’État Service public

  173. 1961 CE, 1961, Jalenques de Labeau

    Au sein d'un SPIC géré par une personne publique, le directeur du service et le comptable public relèvent du droit public. La portée : illustration que les critères de distinction continuent de produire des effets au sein même des régimes.

    Conseil d’État Service public

  174. 1961 CE, 1961, Ministre des Finances c/ Dame Bertrand

    Le principe de la réparation intégrale du préjudice (ni plus, ni moins que le dommage subi) est posé. L'évaluation doit tenir compte de la date du jugement, non de la date du fait dommageable.

    Conseil d’État Organisation administrative

  175. 1961 CE, 1961, Établissements Campanon-Rey

    Les contrats conclus par une personne publique gestionnaire d'un SPIC avec ses usagers sont toujours des contrats de droit privé, y compris s'ils contiennent des clauses exorbitantes du droit commun.

    Conseil d’État Service public

  176. 1961 CE, Sect., 27 janvier 1961, Vannier

    Le pouvoir réglementaire peut créer un service public de radiodiffusion sans habilitation législative, dans le domaine de l'article 37. La portée : illustration de la compétence réglementaire autonome en matière de création de services publics.

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  177. 1961 CE, Ass., 1961, Letisserand

    Le Conseil d'État admet pour la première fois la réparation du préjudice moral résultant du décès d'un proche causé par une faute de l'administration. La portée : consécration de l'indemnisabilité du préjudice moral en droit administratif.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  178. 1961 CE, Sect., 1961, Magnier

    Les actes individuels pris par des organismes privés gestionnaires d'un SPA dans l'exercice de prérogatives de puissance publique ont un caractère administratif, susceptibles de recours pour excès de pouvoir. La portée : confirmation de la solution Bouguen pour les personnes privées gérant un SPA.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  179. 1961 CE, Sect., 1961, Société La Huta

    Le principe du contradictoire s'impose à toutes les juridictions administratives, y compris les CAA. La portée : garantie procédurale fondamentale à tous les degrés de juridiction.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  180. 1961 CE, Sect., 1961, Établissements Aupinel

    Le préjudice résultant de la cessation d'une activité exercée sans autorisation n'est pas indemnisable, même si la décision administrative de fermeture était entachée d'illégalité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  181. 1961 TC, 1961, Centre régional de lutte contre le cancer Eugène Marquis

    Même en présence d'indices de qualité publique, le juge retient la qualification privée si le législateur a entendu conférer à l'organisme le caractère d'établissement privé. La portée : la volonté du législateur prime sur les indices jurisprudentiels.

    Tribunal des conflits Service public

  182. 1961 TC, 1961, Rolland (retraites SNCF)

    Un acte réglementaire portant sur le régime de retraites des agents d'un SPIC ne constitue pas un acte réglementaire d'organisation du service. La portée : limite importante à la solution Époux Barbier.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  183. 1961 TC, 20 novembre 1961, Bourguet

    Les centres de lutte contre le cancer sont des organismes privés chargés d'un service public, et non des établissements publics.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  184. 1962 CE, Ass., 19 octobre 1962, Canal, Robin et Godot

    Le Conseil d'État se reconnaît compétent pour contrôler les décisions présidentielles prises sur le fondement de l'article 16 qui relèvent du domaine réglementaire. La portée : si l'acte déclencheur échappe au juge, les mesures d'application demeurent soumises au contrôle de légalité dès lors qu'elles ne ressortent pas du domaine législatif.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrativePolice administrativeRégimes d’exception

  185. 1962 CE Ass., 27 avril 1962, Sicard

    Un décret qui n'avait pas à être délibéré en Conseil des ministres demeure un décret du Premier ministre, même signé par le Président de la République : la signature présidentielle n'est pas attributive de compétence. La décision définit aussi les ministres chargés de l'exécution, appelés à contresigner les actes du Premier ministre, comme ceux qui doivent prendre les mesures que comporte nécessairement cette exécution. La portée : solution abandonnée sur le premier point par Meyet (1992).

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  186. 1962 CE, Sect., 14 décembre 1962, Doublet

    L'inaction de l'autorité de police constitue une faute de service engageant la responsabilité de la personne publique concernée. La portée : consécration de l'obligation d'agir des autorités de police ; il s'agit d'une compétence liée et non d'une simple faculté.

    Conseil d’État Police administrativeResponsabilité administrative

  187. 1962 CE, 1962, Ministre des Finances c/ SFEI

    En cas de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général, le cocontractant a droit non seulement au remboursement des coûts déjà exposés, mais aussi au manque à gagner correspondant aux profits non réalisés.

    Conseil d’État Organisation administrative

  188. 1962 CE, Ass., 2 mars 1962, Rubin de Servens

    La décision de recourir à l'article 16 est un acte de gouvernement insusceptible de tout recours juridictionnel. La portée : arrêt de référence sur les rapports entre l'exécutif et les organes constitutionnels.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exceptionJuridiction administrativeOrganisation administrative

  189. 1962 CE, Ass., 19 octobre 1962, Brocas

    La décision de soumettre un projet de loi au référendum (art. 11 C.) est un acte de gouvernement. La portée : acte dans les rapports entre l'exécutif et le Peuple.

    Conseil d’État Organisation administrative

  190. 1962 CE, Sect., 1962, Alphonse Delville

    La trilogie des régimes applicables selon la qualité de la victime (tiers, usager ou participant) est confirmée. La portée : pose le principe de la responsabilité sans faute au profit des tiers.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  191. 1962 CE, Sect., 1962, Caucheteux et Desmonts

    L'exploitant d'un débit de boissons dont l'autorisation avait été obtenue irrégulièrement ne peut pas prétendre à l'indemnisation du préjudice résultant de la fermeture. La portée : consécration de l'irrecevabilité de la demande fondée sur une situation illégitime.

    Conseil d’État Organisation administrative

  192. 1962 CE, Sect., 1962, Volpe

    Le bruit, les vibrations et les nuisances générées de manière permanente par une voie ferrée constituent des dommages permanents de travaux publics. Ils engagent la responsabilité sans faute dès lors qu'ils excèdent les inconvénients normaux du voisinage.

    Conseil d’État Organisation administrative

  193. 1962 TC, 1962, Consorts Cazautets

    Un contrat accordant au cocontractant une exonération de toutes taxes communales est administratif. L'exonération fiscale, qui ne peut résulter que d'une décision d'autorité publique, révèle un régime impossible en droit privé.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  194. 1962 TC, 1962, Sté entreprise Peyrot

    La présence d'une seule clause exorbitante suffit à qualifier un contrat d'administratif, sans qu'il soit nécessaire d'en relever plusieurs.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  195. 1962 CE, Sect., 19 octobre 1962, Perruche

    L'agent exposé par son service à un risque exceptionnel, comme un consul maintenu en poste en temps de guerre, est indemnisé sans faute. La portée : situations dangereuses.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  196. 1962 CE, 13 juillet 1962, Kevers-Pascalis

    Le retard excessif à prendre les mesures d'application d'une loi engage la responsabilité de l'État.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatResponsabilité administrative

  197. 1962 CC, 6 novembre 1962, n° 62-20 DC, Loi référendaire relative à l'élection du Président de la République

    Le Conseil se déclare incompétent pour contrôler une loi adoptée par le peuple, expression directe de la souveraineté nationale.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  198. 1962 CE, 3 janvier 1962, Ministre des armées c/ Hocdé

    L'exigence de neutralité religieuse vaut pour les services publics et seulement pour eux.

    Conseil d’État Service publicFonction publique

  199. 1962 CE, 4 avril 1962, Chevassier

    Le garde d'une fédération départementale de chasseurs, organisme privé chargé d'un service public, n'est pas un agent public. La portée : seule une personne morale de droit public peut employer des agents publics.

    Conseil d’État Fonction publique

  200. 1963 CE, 1963, Commune de Gavarnie

    Une décision légale de classement d'un site imposant des restrictions d'usage engage la responsabilité sans faute de l'État dès lors que ces restrictions font supporter à l'administré un préjudice anormal et spécial. La portée : confirme l'autonomie du fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  201. 1963 CE, 1963, Ministre des Travaux publics c/ Époux Gauthier

    Le préjudice purement éventuel, dont la réalisation dépend d'un événement futur et incertain, n'est pas indemnisable. La portée : pose la distinction entre préjudice certain et préjudice éventuel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  202. 1963 CE, Sect., 28 juin 1963, Narcy

    Les critères classiques permettant d'identifier une personne privée investie d'une mission de service public sont : mission d'intérêt général, contrôle de l'administration, et prérogatives de puissance publique. La portée : arrêt de référence pour l'identification des organismes privés gestionnaires de service public.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  203. 1963 CE, Section, 1963, Syndicat des praticiens de l'art dentaire du Nord

    Un contrat conclu entre deux personnes privées est en principe un contrat de droit privé, quels que soient son objet, ses clauses ou le régime de passation. La portée : principe général en matière de contrat entre personnes privées.

    Conseil d’État Organisation administrative

  204. 1963 TC, 1963, Société entreprise Peyrot

    Un contrat de travaux autoroutiers entre une société concessionnaire et un entrepreneur privé est administratif car les travaux routiers appartiennent par nature à l'État. La portée : création d'une hypothèse dérogatoire sans mandat.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  205. 1964 CE, Ass., 27 novembre 1964, Ministre des finances c/ Dame veuve Renard

    L'obligation de prendre les mesures d'application des lois dans un délai raisonnable s'impose au Premier ministre. La portée : consécration de l'obligation juridique d'exercer le pouvoir réglementaire d'exécution.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  206. 1964 CE, 1964, Société La Maison des Isolants de France

    Un contrat contenant une clause autorisant l'administration à contrôler les prix pratiqués par le cocontractant est administratif : cette clause est étrangère aux usages civils et commerciaux. La portée : illustration de la catégorie des clauses de contrôle exorbitant.

    Conseil d’État Organisation administrative

  207. 1964 CE, 1964, Ville de Toulon

    Un spectateur blessé lors d'une manifestation sportive n'a pas nécessairement accepté tous les risques liés à l'événement. Seuls les risques normaux et prévisibles inhérents au spectacle sont considérés comme acceptés.

    Conseil d’État Organisation administrative

  208. 1964 CE, Ass., 23 octobre 1964, D'Oriano

    Le juge n'admet la légalité que des dérogations lui paraissant effectivement justifiées par les circonstances. La portée : consécration d'un contrôle sélectif et proportionnel des dérogations.

    Conseil d’État Police administrative

  209. 1964 CE, Sect., 1964, Commune de Merville-Franceville

    La création d'un camping municipal est légale dès lors que l'offre privée ne répondait pas suffisamment aux besoins d'une commune dont le développement touristique s'avérait essentiel. La portée : précision de la notion de carence qualitative de l'initiative privée.

    Conseil d’État Service public

  210. 1964 CJCE, 15 juillet 1964, Costa c/ ENEL

    Le principe de primauté du droit communautaire sur les droits internes est consacré. En adhérant à la Communauté, les États ont accepté une limitation définitive de leurs droits souverains.

    CJUE Légalité ordinaire

  211. 1964 CE, Sect., 31 janvier 1964, CAF de l'arrondissement de Lyon

    Les obligations inhérentes au service public, dont la neutralité, s'imposent aux salariés de l'organisme privé qui le gère.

    Conseil d’État Service public

  212. 1965 CE Sect., 22 janvier 1965, Compagnie marchande de Tunisie

    Les ministres ne sont pas hiérarchiquement subordonnés au Premier ministre. La portée : arrêt structurant la question des compétences au sein de l'exécutif, dont le dépassement constitue une incompétence matérielle.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  213. 1965 CE, Section, 1965, Société du Vélodrome du Parc des Princes

    Un contrat est administratif car il contient une clause donnant à la personne publique un droit de regard sur l'exploitation excédant les stipulations habituelles du droit commun. La portée : illustration classique de la clause de contrôle exorbitant.

    Conseil d’État Organisation administrative

  214. 1965 CE, Ass., 13 juillet 1965, Société Navigator

    Les accords de moindre importance peuvent entrer en vigueur par simple approbation gouvernementale, sans ratification présidentielle.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  215. 1966 CE Sect., 10 juin 1966, Pelon

    Les ministres responsables devant contresigner les actes présidentiels sont ceux compétents pour préparer et appliquer les mesures contenues dans le décret.

    Conseil d’État Administration d’État

  216. 1966 CE, 1966, Société Otis

    L'installation d'ascenseurs dans un bâtiment public est un bien immeuble par destination : elle constitue un travail public. La portée : extension du critère matériel aux biens mobiliers incorporés durablement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  217. 1966 CE, Ass., 1966, Compagnie générale d'énergie radio-électrique

    Une convention internationale causant un préjudice anormal et spécial sans comporter de clause excluant l'indemnisation engage la responsabilité sans faute de l'État. La portée : arrêt fondateur de la responsabilité du fait des traités.

    Conseil d’État Organisation administrative

  218. 1966 TC, 1966, Dame Veuve Canasse

    Le juge judiciaire est toujours compétent pour connaître des relations entre un SPIC et ses usagers, y compris lorsque le service est géré par une personne privée.

    Tribunal des conflits Service public

  219. 1966 TC, 27 janvier 1966, Guigon

    Le pouvoir de constater la voie de fait est partagé entre le juge administratif et le juge judiciaire. Le juge judiciaire dispose d'un monopole pour réparer le préjudice.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  220. 1967 CE, Ass., 13 juillet 1967, Geslin

    Des principes généraux du droit s'appliquent, même sans texte, à l'organisation des concours, dont l'interdiction de modifier le classement une fois les épreuves achevées. La portée : acte de naissance du droit jurisprudentiel des concours.

    Conseil d’État Fonction publique

  221. 1968 CE, Sect., 1968, Époux Loiseau

    Le collaborateur occasionnel doit être exposé à un risque excédant les aléas normaux de la vie courante pour bénéficier de la responsabilité sans faute. La portée : précise les conditions d'application du régime.

    Conseil d’État Organisation administrative

  222. 1968 CE, Ass., 1968, Commune de Broves

    L'abrogation des actes non réglementaires non créateurs de droits est libre. La portée : règle générale de départ pour cette catégorie.

    Conseil d’État Organisation administrative

  223. 1968 CE, Sect., 1er mars 1968, Syndicat général des fabricants de semoule de France

    Le Conseil d'État refuse de contrôler la conformité d'une loi postérieure à un traité avec ce dernier. La portée : jurisprudence abandonnée en 1989.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  224. 1968 TC, 15 janvier 1968, Époux Barbier c/ Compagnie Air France

    Un caractère administratif est reconnu aux actes réglementaires d'organisation du personnel d'un SPIC manifestant l'usage de prérogatives de puissance publique, même émanant d'une personne morale de droit privé. La portée : fondement de la distinction entre actes réglementaires et actes individuels au sein du SPIC.

    Tribunal des conflits Service publicOrganisation administrative

  225. 1968 TC, 1968, Société Distilleries Bretonnes

    Le contrat est un moyen utilisé par la personne publique pour remplir elle-même sa mission de service public. La portée : consécration de la distinction entre les deux sous-hypothèses du critère de l'objet.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  226. 1968 TC, 24 juin 1968, Société Distillerie bretonne

    Le juge peut requalifier en SPIC un service que les textes avaient qualifié d'administratif, dès lors que les critères USIA révèlent sa nature industrielle et commerciale. La portée : confirmation de la primauté des critères matériels sur la qualification textuelle.

    Tribunal des conflits Service public

  227. 1968 CE, Ass., 6 novembre 1968, Dame Saulze

    L'institutrice exposée dans son service à une épidémie de rubéole obtient réparation sans faute pour les malformations de son enfant. La portée : extension du risque aux situations dangereuses imposées aux agents.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  228. 1968 CE, Sect., 1er mars 1968, Syndicat général des fabricants de semoules de France

    Le juge administratif refuse d'écarter une loi postérieure contraire à un traité, solution abandonnée par l'arrêt Nicolo en 1989.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  229. 1969 CE, 1969, Société Distillerie Brabant

    Les ministres ne disposent pas du pouvoir réglementaire général. La portée : principe d'incompétence des ministres pour édicter des règlements à portée générale en dehors des habilitations.

    Conseil d’État Administration d’État

  230. 1969 CE, 1969, Vincent

    Les modifications apportées à un service public obligatoire ne doivent pas aller jusqu'à en interdire l'accès aux usagers. La portée : limite fondamentale au pouvoir de mutation.

    Conseil d’État Service public

  231. 1969 CE, Ass., 1969, L'Étang

    Le Conseil supérieur de la magistrature, lorsqu'il statue en tant que conseil de discipline des magistrats du siège, constitue une juridiction administrative. Ses décisions sont susceptibles de pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  232. 1969 CE, Ass., 12 juillet 1969, L'Étang

    Le Conseil supérieur de la magistrature a le caractère d'une juridiction lorsqu'il statue comme conseil de discipline des magistrats du siège, et ses décisions relèvent alors du juge de cassation administratif. La portée : la qualité de juridiction s'apprécie fonction par fonction.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  233. 1970 CE, 1970, Département de la Moselle

    L'emploi d'une méthode de libération progressive de détenus dangereux engage la responsabilité de l'État sans faute pour les dommages causés aux tiers. La portée : extension de la responsabilité pour méthode dangereuse au domaine pénitentiaire.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  234. 1970 CE, 1970, Ministre de l'équipement

    L'administration ne peut pas renoncer à son pouvoir de sanction unilatérale en acceptant la voie judiciaire. Ce pouvoir de sanction unilatérale est imprescriptible.

    Conseil d’État Organisation administrative

  235. 1970 CE, 1970, Établissements Oudot

    Le fait d'un tiers ne constitue une cause d'exonération totale que s'il présente les caractères de la force majeure. À défaut, il peut seulement réduire la responsabilité de l'administration.

    Conseil d’État Organisation administrative

  236. 1970 CE, Ass., 11 décembre 1970, Crédit foncier de France

    L'administration peut se donner des directives pour l'exercice de son pouvoir discrétionnaire. La portée : reconnaissance des lignes directrices comme instrument d'autolimitation légitimé du pouvoir discrétionnaire.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  237. 1970 CE, Ass., 1970, Commune de Bozas

    La décision légale d'un maire d'interdire la circulation sur une voie communale, qui cause un préjudice anormal et spécial à un riverain, engage la responsabilité sans faute de la commune.

    Conseil d’État Organisation administrative

  238. 1970 CE, Sect., 1970, Bartoli

    Une décision légale ne peut être constitutive d'une faute. La faute de service suppose nécessairement un comportement contraire au droit ou aux diligences normales attendues du service.

    Conseil d’État Organisation administrative

  239. 1970 CE, 23 décembre 1970, Commune de Montmagny

    Une commune peut créer un service de renseignements juridiques destiné à satisfaire une demande non couverte. La portée : appréciation large de l'intérêt public local justifiant une intervention économique.

    Conseil d’État Service public

  240. 1970 CE, 29 avril 1970, Société Unipain

    Une personne publique peut exercer une activité économique qui constitue le complément de ses services publics. La portée : admission des activités accessoires et des prestations à soi-même.

    Conseil d’État Service public

  241. 1970 CE, Sect., 25 septembre 1970, Commune de Batz-sur-Mer

    Le particulier qui se porte spontanément au secours de baigneurs en danger est un collaborateur occasionnel justifié par l'urgence. La portée : collaboration spontanée indemnisée sans faute.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  242. 1971 CC, 16 juillet 1971, Liberté d'association (n° 71-44 DC)

    Le Conseil constitutionnel intègre le Préambule de la Constitution de 1946 et la DDHC de 1789 dans le bloc de constitutionnalité. La portée : exercice désormais d'un contrôle sur le fond et le contenu des lois, en plus du contrôle de la répartition des compétences normatives.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  243. 1971 CE, Ass., 28 mai 1971, Ville Nouvelle Est

    Le juge étend le contrôle de légalité interne aux opérations d'utilité publique en introduisant la théorie du bilan coût-avantage. La portée : une opération est légale si ses avantages l'emportent sur ses inconvénients, degré de contrôle le plus intense sur le contenu des décisions administratives.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  244. 1971 CE, Ass., 12 février 1971, Rebatel

    L'usage de la force en représailles, après qu'une opération de maintien de l'ordre est terminée, constitue une faute lourde engageant la responsabilité de l'État. La portée : illustre la frontière entre maintien de l'ordre régulier et comportement fautif.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  245. 1971 CE, Sect., 1971, Ministre de l'Éducation nationale c/ Taudin

    La faute de la victime ayant contribué de manière significative à la réalisation de son propre dommage réduit proportionnellement le montant de l'indemnisation. La portée : illustre le partage de responsabilité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  246. 1971 CE, Sect., 1971, Ville de Paris c/ Dame Barbé

    Les nuisances sonores et vibrations causées de manière permanente par une infrastructure de transport urbain engagent la responsabilité sans faute dès lors qu'elles dépassent les sujétions normales de voisinage.

    Conseil d’État Organisation administrative

  247. 1971 CE, Sect., 19 mars 1971, Mergui

    Le juge ne peut condamner une personne publique à payer une somme qu'elle ne doit pas, même acceptée par l'administration. La portée : principe d'ordre public de l'interdiction de condamner à une somme non due.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  248. 1971 CE, Ass., 28 mai 1971, Ville nouvelle Est

    Théorie du bilan : une opération ne peut être déclarée d'utilité publique que si ses inconvénients ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrative

  249. 1972 CE, Ass., 20 octobre 1972, Ville de Paris c/ Marabout

    La carence persistante de l'administration à faire respecter une interdiction de stationner constitue une faute lourde. La portée : solution dépassée depuis par l'exigence d'une faute simple.

    Conseil d’État Responsabilité administrativePolice administrative

  250. 1973 CC, 27 décembre 1973, Taxation d'office (n° 73-51 DC)

    Le Conseil constitutionnel affirme expressément la valeur constitutionnelle de la DDHC de 1789. Il se fonde sur le principe d'égalité devant la loi pour censurer une disposition fiscale discriminatoire.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  251. 1973 CE, 1973, Dalleau

    Une route présentant des caractéristiques intrinsèquement dangereuses engage la responsabilité sans faute de la collectivité publique gestionnaire à l'égard des usagers victimes.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  252. 1973 CE, 1973, Dlle Ambrigot

    La réunion de conditions rigoureuses (péril grave, situation particulièrement dangereuse pour l'ordre public, caractère indispensable à la cessation du trouble) rend obligatoire l'édiction de mesures initiales tant réglementaires qu'individuelles.

    Conseil d’État Organisation administrative

  253. 1973 CE, 2 novembre 1973, Librairie François Maspero

    Le Conseil d'État consacre explicitement la technique de l'erreur manifeste d'appréciation pour les actes impliquant un pouvoir discrétionnaire. La portée : le contrôle du juge est limité à la sanction des appréciations manifestement déraisonnables.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  254. 1973 CE, Ass., 8 juin 1973, Dame Peynet

    Le PGD interdisant à un employeur de licencier une salariée enceinte est consacré. La portée : application des PGD au domaine social de la fonction publique, en comblant une lacune législative.

    Conseil d’État Fonction publiqueLégalité ordinaire

  255. 1973 CE, Assemblée, 1973, Ministre de l'aménagement du territoire c. Schwetzoff

    Les décisions détachables susceptibles de REP incluent : la décision de passer ou refuser un contrat, les délibérations des assemblées des collectivités, les mesures d'approbation du contrat. Les décisions détachables susceptibles de REP incluent : la décision de passer ou refuser un contrat, les délibérations des assemblées des collectivités et les mesures d'approbation du contrat.

    Conseil d’État Organisation administrative

  256. 1973 CE, Sect., 26 janvier 1973, Ville de Paris c/ Driancourt

    Une décision préfectorale illégale interdisant l'exploitation d'appareils à jeux constitue une faute simple engageant la responsabilité de l'administration. La portée : consécration de la faute simple pour les actes de police juridique.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  257. 1973 CE, Sect., 1973, Pinguet

    Un tiers victime de dommages causés par des travaux ou un ouvrage public bénéficie d'une responsabilité sans faute. Il suffit d'établir le lien causal entre le travail ou l'ouvrage et le dommage.

    Conseil d’État Organisation administrative

  258. 1973 CE, Sect., 30 mars 1973, Sieur Gen

    La décision prise sur RAPO se substitue à la décision initiale. Seule cette décision de substitution peut désormais faire l'objet d'un recours juridictionnel.

    Conseil d’État Recours contentieux

  259. 1973 CE, Section, 1973, Société d'exploitation électrique de la Rivière du Sant

    Des contrats d'achat d'électricité sont administratifs car ils étaient conclus obligatoirement et leur contentieux impliquait une intervention préalable du ministre. La portée : arrêt fondateur du critère du régime exorbitant, même en l'absence de clause exorbitante identifiable.

    Conseil d’État Organisation administrative

  260. 1974 CE, 1974, Ville de Digne

    Lorsque le maire dispose à la fois d'une compétence de police spéciale et d'un pouvoir de police générale, il doit en principe agir au titre de la police spéciale. L'exception : le péril imminent justifie alors l'intervention au titre de la police générale.

    Conseil d’État Police administrative

  261. 1974 CE, Sect., 10 mai 1974, Denoyez et Chorques

    Des différenciations tarifaires entre usagers d'un SPA sont légales dès lors qu'elles reposent sur des différences de situation appréciables ou des nécessités d'intérêt général. La condition : le tarif le plus élevé ne doit pas excéder le prix de revient du service.

    Conseil d’État Service public

  262. 1974 CE, Sect., 1974, Fédération des industries françaises d'articles de sport

    Le caractère administratif des règlements pris par des fédérations sportives dans l'exercice de leurs missions de service public est reconnu. La portée : extension aux actes réglementaires de gestion.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  263. 1974 CJCE, 4 décembre 1974, Van Duyn

    Une directive dont les dispositions sont précises et inconditionnelles peut produire un effet direct dans les relations entre les particuliers et l'État, même en l'absence de transposition.

    CJUE Légalité ordinaire

  264. 1974 TC, 1974, Blanchet

    Les actes réglementaires pris par des personnes privées gestionnaires d'un SPA dans l'exercice de prérogatives de puissance publique ont un caractère administratif.

    Tribunal des conflits Service public

  265. 1975 CC, 15 janvier 1975, IVG (n° 74-54 DC)

    Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent pour contrôler la conformité d'une loi à un traité international. La portée : constitutionnalité et conventionnalité sont distinctes ; ce contrôle revient aux juges ordinaires.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  266. 1975 CE, 4 juin 1975, Bouvet de la Maisonneuve et Milhaud

    Sous la Ve République, c'est le Premier ministre, et non le Président de la République, qui est l'autorité nationale de police administrative générale. La portée : extension de la solution de l'arrêt Labonne au régime institutionnel de 1958.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrativePolice administrative

  267. 1975 CE, Sect., 1975, Commune de Canari

    Une commune ne peut se prévaloir d'un préjudice résultant de l'annulation d'une délibération illégale qu'elle avait elle-même adoptée. La portée : illustre l'extension de l'exception d'illégitimité aux personnes publiques.

    Conseil d’État Organisation administrative

  268. 1975 CE, Sect., 1975, Min. de l'Équipement c/ Debiève

    Une décision d'alignement légale imposant des restrictions au droit de construire engage la responsabilité sans faute de l'État dès lors que le préjudice est anormal et spécial.

    Conseil d’État Organisation administrative

  269. 1975 CE, Section, 1975, Société d'équipement de la région Montpelliéraine

    Un contrat entre personnes privées portant sur des travaux d'équipement est administratif car un faisceau d'indices révèle que la personne privée agissait au nom et pour le compte de la personne publique. La portée : consécration du mandat implicite.

    Conseil d’État Organisation administrative

  270. 1975 Cass., ch. mixte, 24 mai 1975, Société des cafés Jacques Vabre

    La Cour de cassation accepte d'opérer le contrôle de conventionnalité des lois et de faire prévaloir un traité sur une loi postérieure contraire. La portée : anticipation de quatorze ans la jurisprudence Nicolo.

    Cour de cassation Légalité ordinaire

  271. 1975 TC, 1975, Commune d'Agde

    Des contrats de travaux entre personnes privées sont administratifs en raison du mandat implicite résultant de l'ensemble des circonstances. La portée : confirmation et précision de la jurisprudence sur le mandat implicite.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  272. 1976 CE, 1976, Ville d'Amiens

    Le cocontractant de l'administration ne dispose pas de l'exception d'inexécution. Il doit poursuivre l'exécution et saisir le juge.

    Conseil d’État Organisation administrative

  273. 1976 CE, Sect., 1976, Fédération française de cyclisme

    La suspension pour dopage d'un coureur cycliste prononcée par une fédération sportive est un acte administratif individuel. La portée : illustration du champ couvert par la jurisprudence Magnier.

    Conseil d’État Organisation administrative

  274. 1976 CE, Section, 1976, Dame Culard

    Les prêts sous condition accordés par l'administration aux rapatriés sont des contrats administratifs car ils assurent l'exécution même du service public d'aide aux rapatriés. La portée : application de la seconde sous-hypothèse du critère de l'objet.

    Conseil d’État Organisation administrative

  275. 1976 CE, Sect., 29 octobre 1976, Ministre des affaires étrangères c/ Dame Burgat

    Le propriétaire qui ne peut poursuivre son locataire diplomate est indemnisé sur le fondement de la responsabilité du fait des conventions internationales. La portée : application de la jurisprudence de 1966.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  276. 1977 TC, 1977, Bondarenko

    Lorsqu'une personne est blessée au cours d'une opération changeant de nature (de PA en PJ), la responsabilité est scindée selon le moment où survient le dommage. La portée : illustration de la complexité des opérations mixtes.

    Tribunal des conflits Police administrative

  277. 1977 TC, 5 décembre 1977, Demoiselle Motsch

    Le tir d'un policier sur un véhicule dont le conducteur vient de commettre plusieurs infractions relève de la police judiciaire. La portée : la qualification d'une opération suit le changement de sa finalité.

    Tribunal des conflits Police administrative

  278. 1977 CE, Ass., 20 mai 1977, Ministre de l’éducation c/ Quinteau

    Le refus d'enseignants d'accueillir plus de vingt-cinq élèves par classe, sans cessation du travail, ne constitue pas une grève. La portée : la grève suppose une cessation réelle et concertée du travail.

    Conseil d’État Fonction publique

  279. 1978 CE, 1978, Société Compagnie française d'entreprise

    En cas de modification unilatérale, le cocontractant a droit à une indemnité totale couvrant l'intégralité du surcost résultant de la modification.

    Conseil d’État Organisation administrative

  280. 1978 CE, Ass., 1978, Croissant

    La décision d'un président de cour d'appel relative à la composition d'une chambre est un acte non détachable du fonctionnement d'une juridiction judiciaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  281. 1978 CE, Ass., 29 décembre 1978, Darmont

    En matière de fonctionnement de la justice administrative, la responsabilité de l'État ne peut être engagée que pour faute lourde. La portée : maintien de l'exigence de faute lourde dans ce domaine.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  282. 1978 CE, Ass., 1978, Syndicat des agents de direction des organismes de Sécurité sociale

    Les autorités de police ne peuvent agir que dans les limites de leur compétence territoriale et matérielle. La compétence nationale du Premier ministre coexiste avec les polices spéciales sans pouvoir priver d'effet les textes qui leur confèrent des compétences propres.

    Conseil d’État Police administrative

  283. 1978 CE, Ass., 22 décembre 1978, Cohn-Bendit

    Le Conseil d'État refuse l'effet direct des directives à l'égard des particuliers. La portée : jurisprudence abandonnée en 2009.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  284. 1978 CE, Ass., 8 décembre 1978, GISTI

    Le PGD du droit pour tout étranger résidant régulièrement en France de mener une vie familiale normale est consacré. La portée : protection des droits fondamentaux des étrangers en dehors de tout texte spécifique.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  285. 1978 CJCE, 9 mars 1978, Simmenthal

    Toute juridiction nationale doit laisser inappliquée, d'office, toute disposition nationale contraire au droit communautaire, même postérieure. La portée : le juge national est le juge de droit commun du droit de l'Union.

    CJUE Légalité ordinaire

  286. 1978 TC, 1978, Actions des sapeurs-pompiers

    La qualification de l'opération dépend de sa finalité au moment où elle est exercée, non de la nature de l'autorité qui agit. Une même opération peut changer de nature en cours d'exécution.

    Tribunal des conflits Police administrative

  287. 1978 TC, 12 juin 1978, Société Le Profil

    Lorsque les finalités administrative et judiciaire d'une opération ne peuvent être dissociées, la compétence dépend de celle qui est essentiellement à l'origine du dommage. La portée : critère des opérations mixtes.

    Tribunal des conflits Police administrative

  288. 1978 CE, Ass., 3 mars 1978, Dame Muësser

    La concubine peut obtenir réparation du préjudice causé par le décès de son compagnon. La portée : ouverture de l'indemnisation des victimes par ricochet hors mariage.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  289. 1978 CE, Sect., 9 juin 1978, Lebon

    Le juge contrôle la qualification de faute disciplinaire, mais ne censure le choix de la sanction qu'en cas d'erreur manifeste d'appréciation. La portée : référence du contrôle restreint sur le quantum, abandonnée par Dahan en 2013.

    Conseil d’État Fonction publique

  290. 1979 CC, 25 juillet 1979, n° 79-105 DC, Droit de grève à la radio et à la télévision

    Le principe de continuité du service public est élevé au rang de principe de valeur constitutionnelle. Le droit de grève peut être interdit aux agents dont la présence est indispensable pour assurer le fonctionnement des services publics dont l'interruption porterait atteinte aux besoins essentiels du pays.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaireService publicFonction publique

  291. 1979 CC, déc. n° 79-104 DC, 23 mai 1979, Territoire de Nouvelle-Calédonie

    Le législateur ne peut porter au principe de libre administration une atteinte d'une gravité telle qu'elle en viderait le contenu. La portée : arrêt fondateur du contrôle constitutionnel du respect de ce principe.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  292. 1979 CC, n° 79-108 L du 25 juillet 1979

    Une catégorie d'établissements publics regroupe ceux qui sont soumis à la même tutelle et ont une spécialité analogue ; un établissement peut former à lui seul une catégorie.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  293. 1980 CC, 1980, Loi de validation

    Le Conseil constitutionnel admet que la loi peut avoir une portée rétroactive dès lors qu'elle repose sur un motif d'intérêt général suffisant. La portée : le principe de non-rétroactivité ne lie le législateur qu'en matière répressive.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  294. 1980 CC, 1980, Lois de validation

    L'indépendance des juridictions administratives, dont les CAA, est protégée par un principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFRLR). La portée : garantie constitutionnelle de leur existence et de leur fonctionnement.

    Conseil constitutionnel Juridiction administrative

  295. 1980 CE, 13 juin 1980, Bonjean

    L'expression principe fondamental de continuité du service public est consacrée. La portée : renforcement du socle normatif de ce principe au sein de la hiérarchie des sources du droit administratif.

    Conseil d’État Service public

  296. 1980 CE, Sect., 1980, Gaillard

    L'acceptation ou le refus d'aliéner une parcelle du domaine privé est une décision administrative détachable. La portée : limite importante de la compétence judiciaire en matière de domaine privé.

    Conseil d’État Organisation administrative

  297. 1980 CE, Ass., 18 janvier 1980, Syndicat CFDT des postes et télécommunications du Haut-Rhin

    Le recours par une administration à du personnel intérimaire n'était admis que dans des circonstances exceptionnelles. La portée : solution jurisprudentielle antérieure à l'ouverture de l'intérim aux employeurs publics par la loi du 3 août 2009.

    Conseil d’État Fonction publique

  298. 1980 CJCE, 17 décembre 1980, Commission c/ Belgique (149/79)

    La réserve des emplois dans l'administration publique vise les seuls emplois comportant une participation à l'exercice de la puissance publique et à la sauvegarde des intérêts généraux de l'État. La portée : interprétation fonctionnelle et étroite de l'exception à la libre circulation des travailleurs.

    CJUE Fonction publique

  299. 1981 TC, 1981, Société Socamex

    Le contrat de location conclu entre un concessionnaire privé d'autoroute et une entreprise de restauration comporte occupation du domaine public. La portée : extension de la qualification aux contrats passés par les concessionnaires privés.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  300. 1981 CE, 2 décembre 1981, Garde des Sceaux c/ Theys

    Les permissions de sortie des détenus engagent la responsabilité sans faute de l'État envers les tiers. La portée : extension de Thouzellier aux méthodes de réinsertion.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  301. 1981 CE, Ass., 10 juillet 1981, Retail

    Le Médiateur de la République est une autorité administrative, dont les décisions relèvent du juge administratif.

    Conseil d’État Organisation administrative

  302. 1981 CE, Ass., 29 mai 1981, Rekhou

    Le juge administratif renvoie au ministre des affaires étrangères l'appréciation de la condition de réciprocité et se tient pour lié par sa réponse, solution abandonnée en 2010.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  303. 1982 CC, 30 juillet 1982, n° 82-143 DC, Blocage des prix et des revenus

    Le législateur peut intervenir dans le domaine réglementaire. La portée : relativisation de la portée du domaine réglementaire autonome.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  304. 1982 CC, 27 juillet 1982, Communication audiovisuelle (n° 82-141 DC)

    Les objectifs de valeur constitutionnelle (OVC) sont explicitement consacrés. Le Conseil les utilise pour concilier la liberté de communication avec d'autres exigences constitutionnelles.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  305. 1982 CC, 28 décembre 1982

    Les mairies d'arrondissement de Paris, Lyon et Marseille n'ont pas la personnalité morale. La portée : confirmation de l'unité juridique de la commune et du rôle central du maire.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  306. 1982 CE, 1982, Mme Daunes

    L'établissement de tribunes démontables ne constitue pas un travail public, faute de permanence de l'incorporation dans le sol. La portée : délimitation négative du critère matériel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  307. 1982 CE, Ass., 2 juillet 1982, Huglo

    Le caractère non suspensif du recours contre une décision administrative constitue un principe fondamental du droit public français. La portée : confortation de la présomption de légalité des actes administratifs.

    Conseil d’État Organisation administrativeRecours contentieux

  308. 1982 CE, Section, 1982, Société Propetrol

    Un événement imprévisible (comme le choc pétrolier) justifie 'application de la théorie de l'imprévision. Les crises économiques majeures caractérise un événement extraordinaire, au sens de la jurisprudence Compagnie du Gaz de Bordeaux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  309. 1982 Conseil constitutionnel, 28 décembre 1982

    Les mairies d'arrondissement de Paris, Lyon et Marseille ne jouissent pas de la personnalité morale. La portée : la personnalité morale n'est pas une conséquence automatique de l'élection au suffrage universel.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  310. 1982 CC, 28 décembre 1982, n° 82-149 DC, Organisation administrative de Paris, Marseille, Lyon

    Les arrondissements de Paris, Lyon et Marseille, dotés de conseils élus, peuvent être créés sans recevoir la personnalité morale. La portée : la commune demeure l'unique collectivité territoriale, l'arrondissement n'en étant qu'une subdivision.

    Conseil constitutionnel Administration décentraliséeOrganisation administrative

  311. 1982 CC, 16 janvier 1982, n° 81-132 DC, Nationalisations

    La liberté d'entreprendre a valeur constitutionnelle et ne peut subir que des restrictions justifiées. La portée : socle constitutionnel de la liberté économique.

    Conseil constitutionnel Service public

  312. 1982 CE, 23 avril 1982, Ville de Toulouse c/ Mme Aragnou

    Un principe général du droit interdit de rémunérer un agent public en deçà du salaire minimum. La portée : transposition aux agents publics d'une garantie du droit du travail.

    Conseil d’État Fonction publique

  313. 1983 CE, 1983, Rodes

    La théorie des circonstances exceptionnelles est étendue à une situation de risque d'éruption volcanique. La portée : confirmation de l'applicabilité de la théorie aux catastrophes naturelles.

    Conseil d’État Police administrative

  314. 1983 CE, 1983, SA Bureau Veritas

    La responsabilité extracontractuelle d'une personne privée gestionnaire d'un service public est soumise au droit administratif lorsqu'elle est engagée dans l'exercice de prérogatives de puissance publique.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  315. 1983 CE, 1983, Union des transports publics urbains et régionaux

    Le principe de mutabilité, et donc le pouvoir de modification unilatérale, est une règle d’intérêt générale applicable à tous les contrats administratifs. Ce pouvoir de modification unilatérale trouve sa source dans un PGD (et non dans une stipulation contractuelle).

    Conseil d’État Organisation administrative

  316. 1983 CE, Sect., 1983, Mme Améon

    Une ligne électrique à haute tension traversant une zone habitée constitue un ouvrage exceptionnellement dangereux dont les dommages causés aux usagers engagent la responsabilité sans faute d'EDF.

    Conseil d’État Organisation administrative

  317. 1983 TC, 4 juillet 1983, Gambini c/ Ville de Puteaux

    Le juge refuse de reconnaître l'existence d'une troisième catégorie autonome d'établissements publics sociaux. La portée : maintien de la binarité de la classification des établissements publics.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeService public

  318. 1983 TC, 1983, Union des Assurances de Paris (UAP)

    Un contrat entre deux personnes publiques est présumé administratif, sauf s'il ne fait naître entre elles que des rapports de droit privé. La portée : consécration de la présomption d'administrativité.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  319. 1983 CE, Sect., 13 mai 1983, Mme Lefebvre

    La sécurité des baignades relève d'un service de prévention et d'intervention dont la défaillance engage la responsabilité pour faute simple. La portée : recul de la faute lourde en matière de police.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  320. 1984 CC, 1984, Loi portant statut du territoire de la Nouvelle-Calédonie

    La consultation du CESE est obligatoire pour les projets de loi à caractère économique ou social. La portée : précision du champ de la consultation constitutionnelle obligatoire.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  321. 1984 CE, Ass., 1984, Association Les Verts

    Le sens du vote du ministre français au Conseil des Communautés européennes est un acte de gouvernement. La portée : acte non détachable des relations internationales.

    Conseil d’État Organisation administrative

  322. 1984 CE, Ass., 1984, Caillol

    Le placement d'un prévenu dans un quartier de plus grande sécurité est qualifié de MOI, même s'il modifie sa situation juridique et matérielle. La portée : jurisprudence abandonnée par l'arrêt Marie de 1995.

    Conseil d’État Organisation administrative

  323. 1984 CE, Ass., 28 septembre 1984, Confédération nationale des sociétés de protection des animaux de France

    Tout requérant peut contester la régularité d'un acte réglementaire au regard des objectifs fixés par une directive, même en l'absence d'effet direct.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  324. 1984 CE, Sect., 1984, Commissaire de la République de l'Ariège

    Les différences de tarifs dans un SPA facultatif municipal peuvent être fondées sur le critère du domicile. La condition : les tarifs les plus élevés ne doivent pas excéder le prix de revient de la prestation.

    Conseil d’État Service public

  325. 1984 CC, n° 83-168 DC du 20 janvier 1984, Fonction publique territoriale

    La libre administration implique que les collectivités territoriales disposent d'une liberté de recrutement et de gestion de leurs personnels, dans le respect des règles statutaires des titulaires. La portée : fondement constitutionnel de l'autonomie de gestion des employeurs locaux.

    Conseil constitutionnel Fonction publiqueAdministration décentralisée

  326. 1985 CC, 25 janvier 1985, n° 85-187 DC, État d'urgence en Nouvelle-Calédonie

    Le législateur doit opérer la conciliation nécessaire entre le respect des libertés et la sauvegarde de l'ordre public. La portée : ce principe est transposable à l'ensemble des régimes d'exception, posant l'exigence d'une base légale et d'une proportionnalité.

    Conseil constitutionnel Police administrativeRégimes d’exception

  327. 1985 CE, Ass., 6 mai 1985, Association Eurolat

    Le pouvoir de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général ne peut être écarté par une clause du contrat. La portée : confirmation du caractère d'ordre public de cette prérogative.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  328. 1985 CE, 1985, Association Les Amis de la Terre

    L'acte détachable qui a pour objet un contrat illégal est lui-même illégal. Le REP contre l’acte détachable permet d’invoquer les vices propres à cet acte détachable mais aussi des vices tenant à l'illégalité du contrat qu'il prépare.

    Conseil d’État Organisation administrative

  329. 1985 CE, Ass., 1er février 1985, Association chrétienne Les Témoins de Jéhovah

    L'appréciation de la légalité se fait à la date d'édiction de l'acte. Cette règle s'applique même si des changements de droit ou de fait interviennent postérieurement.

    Conseil d’État Recours contentieux

  330. 1985 CE, Sect., 1985, Mme Lévy

    Le préjudice doit être à la fois anormal par sa gravité et spécial par son caractère individualisé pour ouvrir droit à réparation sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques.

    Conseil d’État Organisation administrative

  331. 1985 CE, Sect., 1985, Mme Tricot

    Les dommages causés par des infiltrations d'eau provenant d'un ouvrage public voisin constituent des dommages permanents engageant la responsabilité sans faute dès lors que leur caractère anormal et spécial est établi. La force majeure, pour exonérer l'administration, doit être imprévisible et irrésistible.

    Conseil d’État Organisation administrative

  332. 1985 CE, 20 décembre 1985, SA Établissements Outters

    Le juge administratif fait respecter par l'administration les réserves d'interprétation du Conseil constitutionnel.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  333. 1986 CC, 26 juin 1986, Décision Privatisations

    Le législateur peut créer des services publics constitutionnellement obligatoires : postes, télécommunications, grandes entreprises nationales. Leur suppression ou transfert au secteur privé ne peut remettre en cause ces services sans habilitation constitutionnelle.

    Conseil constitutionnel Service public

  334. 1986 TC, 9 juin 1986, Commune de Kintzheim c/ ONF

    L'ONF exerce deux missions distinctes : un SPA (protection des forêts) et un SPIC (exploitation commerciale des forêts). La portée : consécration de l'établissement public à double visage.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  335. 1986 TC, 1986, Préfet de la Région Bretagne

    En cas d'opération mixte, le juge compétent est déterminé par la finalité principale de l'acte en cause. Cela conduit parfois à une scission du contentieux entre les deux ordres.

    Tribunal des conflits Police administrative

  336. 1986 CJCE, 23 avril 1986, Les Verts c/ Parlement européen

    Les traités constituent la charte constitutionnelle de la Communauté, dont les actes sont soumis au contrôle de leur conformité.

    CJUE Légalité ordinaire

  337. 1987 CC, 23 janvier 1987, Conseil de la concurrence (n° 86-224 DC)

    Le PFRLR garantissant la compétence de la juridiction administrative pour l'annulation des actes de puissance publique est consacré. La portée : illustration de la capacité du Conseil constitutionnel à ériger en norme constitutionnelle des principes d'organisation institutionnelle.

    Conseil constitutionnel Juridiction administrativeLégalité ordinaire

  338. 1987 CE Sect., 23 octobre 1987, Commune de Grand-Bourg de Marie-Galante

    Le déféré préfectoral est qualifié de recours pour excès de pouvoir. Il lui est appliqué l'ensemble du régime contentieux propre à ce recours, notamment les règles relatives à l'intérêt à agir et aux délais.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrative

  339. 1987 CE, Ass., 1987, Société TV6

    Le pouvoir de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général s'exerce à l'égard de tout contrat, y compris les concessions de SP. La portée : confirmation que le pouvoir de résiliation doit reposer sur de réels motifs d'intérêt général.

    Conseil d’État Service public

  340. 1987 CE, Assemblée, 1987, Société TV6

    Le pouvoir de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général s'applique à toutes les catégories de contrats administratifs, y compris aux concessions de SP. Cette jurisprudence étend la portée de la jurisprudence Distillerie de Magnac-Laval.

    Conseil d’État Organisation administrative

  341. 1987 CE, Sect., 1987, Consorts Yener

    L'assassinat de l'ambassadeur de Turquie n'engage pas la responsabilité de l'État pour faute lourde des services de police, faute de démonstration que le risque était élevé, précis et que la protection avait été expressément demandée.

    Conseil d’État Organisation administrative

  342. 1987 TC, 1987, Compagnie La Lutèce

    Le droit administratif s'applique en cas de dommages causés aux tiers par le fait de l'ouvrage public lui-même ou par des travaux publics.

    Tribunal des conflits Service public

  343. 1987 CE, Sect., 29 avril 1987, Garde des Sceaux c/ Banque populaire de la région économique de Strasbourg

    La libération conditionnelle et la semi-liberté créent un risque spécial engageant la responsabilité sans faute de l'État envers les tiers. La portée : extension du régime des méthodes dangereuses.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  344. 1988 CC, 20 juillet 1988, Loi d'amnistie (n° 88-244 DC)

    Aucune dérogation antérieure au principe par une loi républicaine ne peut être acceptée pour qu'il soit reconnu PFRLR. La portée : renforcement de la rigueur des critères de reconnaissance.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  345. 1988 CE, 13 janvier 1988, Mutuelle générale des personnels des collectivités locales

    Le maire, en sa qualité d'autorité administrative, est soumis au principe de légalité. Cette règle s'applique à l'ensemble de ses actes, qu'il agisse au nom de la commune ou de l'État.

    Conseil d’État Administration d’État

  346. 1988 CE, 1988, Société civile Le Tahiti

    Le retrait d'un règlement au-delà du délai contentieux est illégal dès lors qu'il serait de nature à remettre en cause des droits individuels nés de l'application du texte. La portée : complète Ponard en précisant la raison de la limite temporelle.

    Conseil d’État Organisation administrative

  347. 1988 CE, Ass., 1er avril 1988, Bereciartua-Echarri

    Les principes applicables aux réfugiés interdisent qu'un réfugié politique soit remis aux autorités de son pays d'origine. La portée : application de PGD protecteurs dans le domaine du droit des réfugiés.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  348. 1988 CE, avis, 1980, Abribus (confirmé CE, 1988, Société civile des Néopolders)

    Une rémunération indirecte via des recettes publicitaires peut caractériser le critère pécuniaire du marché public. Il n'est pas obligatoire que le prix soit payé directement par la personne publique.

    Conseil d’État Organisation administrative

  349. 1988 TC, 1988, Commune de Sainte-Geneviève-des-Bois

    La voirie et ses accessoires, dont les parkings publics, ne peuvent faire l'objet d'un bail emphytéotique administratif. La portée : délimitation du champ d'application du BEA.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  350. 1988 CE, Ass., 18 novembre 1988, Époux Raszewski

    La faute personnelle d'un agent commise hors service peut ne pas être dépourvue de tout lien avec le service et engager la responsabilité de l'administration.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  351. 1988 CE, Ass., 16 décembre 1988, Association générale des administrateurs civils c/ Dupavillon

    Le juge contrôle, au regard de l'article 6 de la Déclaration de 1789, que la nomination au tour extérieur n'est pas entachée d'erreur manifeste quant aux aptitudes de l'intéressé. La portée : fin de l'immunité contentieuse des nominations discrétionnaires.

    Conseil d’État Fonction publique

  352. 1988 CJCE, 30 juin 1988, Commission c/ France (318/86)

    Le maintien de recrutements distincts selon le sexe dans certains corps, dont la police, méconnaît la directive du 9 février 1976. La portée : réduction des îlots de recrutement réservés à un sexe dans la fonction publique française.

    CJUE Fonction publique

  353. 1989 CC, 17 janvier 1989, n° 88-248 DC, Loi relative à la liberté de communication (CSA)

    Le Conseil constitutionnel admet qu'une AAI puisse se voir confier un pouvoir de sanction. La portée : définition des conditions constitutionnelles du pouvoir de sanction des AAI.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  354. 1989 CE, Ass., 1989, Allain

    Le décret de dissolution de l'Assemblée nationale est un acte de gouvernement. La portée : acte dans les rapports entre l'exécutif et le Parlement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  355. 1989 CE, Ass., 3 février 1989, Compagnie Alitalia

    Le Conseil d'État consacre l'obligation permanente pour l'Administration d'abroger tout règlement illégal, y compris lorsque l'illégalité était initiale. La portée : revirement majeur par rapport à la jurisprudence antérieure, principe érigé au rang de PGD.

    Conseil d’État Organisation administrativeLégalité ordinaire

  356. 1989 CE, Ass., 20 octobre 1989, Nicolo

    Le Conseil d'État accepte de contrôler la compatibilité d'une loi avec un traité international, même postérieure à celui-ci. La portée : révolution copernicienne constituant un contournement pratique majeur de l'écran législatif.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  357. 1989 Conseil constitutionnel, 1989, CSA

    Le pouvoir de sanction des AAI est constitutionnellement acceptable. La portée : validation du modèle des AAI dotées d'un pouvoir de sanction, à condition que ce pouvoir soit encadré et contrôlable.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  358. 1989 CE, 7 juillet 1989, Ordonneau

    Le principe d'indépendance des membres d'une autorité administrative indépendante fait obstacle à ce que la limite d'âge de leur corps d'origine interrompe leur mandat.

    Conseil d’État Organisation administrative

  359. 1990 CE, 1990, Association Les Verts

    La faculté d'abroger une décision individuelle non créatrice de droits se transforme en obligation lorsque l'Administration est saisie d'une demande fondée sur l'illégalité de l'acte. La condition : l'illégalité doit être née d'un changement de circonstances de droit ou de fait postérieur à l'édiction de l'acte, et non si elle était initiale.

    Conseil d’État Organisation administrative

  360. 1990 CE, 1990, Société Rapetto

    Les sujétions imprévues doivent présenter un caractère exceptionnel, être imprévisibles lors de la conclusion et avoir une cause extérieure aux parties. Le cocontractant a droit à l'indemnisation intégrale du préjudice subi.

    Conseil d’État Organisation administrative

  361. 1990 CE, 24 septembre 1990, Boisdet

    Le Conseil d'État fait prévaloir un règlement communautaire sur une loi postérieure contraire. La portée : extension de la jurisprudence Nicolo au droit dérivé de l'Union.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  362. 1990 CE, Ass., 29 juin 1990, GISTI

    Le Conseil d'État se reconnaît compétent pour interpréter lui-même les conventions internationales, sans être lié par l'avis du ministre des Affaires étrangères. Cet avis ne constitue désormais qu'un simple renseignement soumis au débat contradictoire.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  363. 1990 CE, Sect., 27 juillet 1990, Bourgeois

    La faute lourde n'est exigée des services fiscaux que pour les opérations présentant une difficulté particulière. La portée : étape avant la généralisation de la faute simple par Krupa.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  364. 1990 CC, n° 90-274 DC du 29 mai 1990

    Le législateur peut imposer des obligations aux collectivités territoriales si elles sont définies avec précision quant à leur objet et leur portée.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  365. 1990 CE, Ass., 21 décembre 1990, Confédération nationale des associations familiales catholiques

    La Déclaration universelle des droits de l'homme, publiée mais non ratifiée, ne figure pas parmi les engagements auxquels l'article 55 confère une autorité supérieure à celle des lois.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  366. 1991 CE Sect., 25 janvier 1991, Brasseur

    Le recours au déféré préfectoral est une simple faculté pour le préfet, non une obligation. La portée : consécration de la liberté d'appréciation du préfet dans l'exercice du contrôle de légalité.

    Conseil d’État Administration décentraliséeAdministration d’ÉtatOrganisation administrativePolice administrative

  367. 1991 CE, Sect., 26 juillet 1991, Commune de Sainte-Marie

    Le déféré préfectoral est applicable aux contrats des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. La portée : extension du contrôle de légalité au-delà des seuls actes unilatéraux.

    Conseil d’État Administration décentraliséeOrganisation administrative

  368. 1991 CE, Sect., 1991, Syndicat Interco CFDT de la Vendée

    En matière de mesure individuelle défavorable, seul l'intéressé peut agir, à l'exclusion des organisations syndicales. La portée : délimitation de l'intérêt collectif des syndicats.

    Conseil d’État Recours contentieux

  369. 1991 CE, Section, 1991, Région Midi-Pyrénées

    La vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) est illégale lorsque l'objet du contrat est la construction d'un immeuble entièrement destiné à une collectivité et conçu pour ses besoins propres. La portée : la maîtrise d'ouvrage publique doit être maintenue.

    Conseil d’État Organisation administrative

  370. 1991 CJCE, 19 novembre 1991, Francovich et Bonifaci

    Un État membre est tenu de réparer les dommages causés aux particuliers par une violation du droit communautaire qui lui est imputable. La portée : principe de la responsabilité des États pour violation du droit de l'Union.

    CJUE Responsabilité administrative

  371. 1991 CE, Sect., 11 janvier 1991, Société Morgane

    Le moyen tiré de l'incompatibilité d'une loi avec un traité n'est pas d'ordre public et ne peut être relevé d'office par le juge.

    Conseil d’État Recours contentieuxLégalité ordinaire

  372. 1991 CE, Ass., 19 avril 1991, Belgacem

    L'article 8 de la Convention européenne est invocable contre une mesure d'éloignement, sous un contrôle de proportionnalité.

    Conseil d’État Police administrativeLégalité ordinaire

  373. 1992 CE Ass., 10 septembre 1992, Meyet

    Le critère de qualification d'un décret présidentiel est le passage effectif en Conseil des ministres. La portée : illustration du rôle du Conseil des ministres dans la nomination des préfets, y compris les préfets de région (art. 13 C.).

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  374. 1992 CE, 1992, Kerhouaa

    Les règlements intérieurs des établissements scolaires et les sanctions fondées sur eux constituent des décisions administratives susceptibles de recours. La portée : abandon de la jurisprudence Chapou en matière scolaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  375. 1992 CE, 1992, Société Arizona Tobacco

    Une décision prise fidèlement en application d'une loi peut néanmoins constituer une faute de service si la loi est écartée par voie d'exception d'inconventionnalité. La portée : illustre a contrario l'importance de la légitimité de la situation de la victime.

    Conseil d’État Organisation administrative

  376. 1992 CE, 1992, Ville de Chevreuse

    La mise en œuvre du pouvoir de police administrative générale constitue une obligation lorsqu'une menace à l'ordre public est avérée. La portée : encadrement du pouvoir discrétionnaire du Premier ministre en matière de police.

    Conseil d’État Administration d’État

  377. 1992 CE, Ass., 1992, Époux V

    L'exigence de faute lourde en matière d'activité médicale hospitalière est abandonnée. La faute simple suffit désormais pour toute faute commise dans un service hospitalier, qu'il s'agisse d'actes de soins courants ou d'actes médicaux.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  378. 1992 CE, Ass., 28 février 1992, SA Rothmans International France

    Les directives communautaires priment sur les lois, dès l'expiration du délai de transposition. Le juge administratif écarte la loi incompatible avec la directive.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  379. 1992 CC, 9 avril 1992, n° 92-308 DC, Maastricht I

    Les transferts de compétences à une organisation internationale sont admis, sauf atteinte aux conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale, qui impose une révision préalable.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  380. 1992 CE, Sect., 9 octobre 1992, Commune de Saint-Louis

    Une collectivité ne peut subventionner une association cultuelle, même dotée d'activités sociales et culturelles.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  381. 1993 CE, 1993, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord

    La réponse à une demande d'extradition formulée par un État étranger est un acte détachable des relations internationales. La portée : limite de la catégorie des actes de gouvernement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  382. 1993 CE, Ass., 1993, SA Dangeville

    La non-transposition d'une directive communautaire dans le délai prescrit engage la responsabilité de l'État envers les opérateurs économiques qui ont subi un préjudice. La portée : consécration de la responsabilité de l'État du fait de la méconnaissance du droit communautaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  383. 1993 CE, Ass., 9 avril 1993, Bianchi

    L'aléa thérapeutique exceptionnel et d'une extrême gravité engage la responsabilité sans faute de l'hôpital. La portée : solution reprise et encadrée par la loi du 4 mars 2002.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  384. 1993 CJCE, 19 mai 1993, Corbeau

    Des droits exclusifs peuvent être justifiés lorsqu'ils sont nécessaires à l'équilibre d'une mission d'intérêt économique général. La portée : justification des monopoles de service public.

    CJUE Service public

  385. 1994 CC, 27 juillet 1994, Respect du corps humain (n° 94-343/344 DC)

    Le Conseil constitutionnel consacre la sauvegarde de la dignité contre toute forme d'asservissement et de dégradation comme un principe à valeur constitutionnelle. La portée : ancrage constitutionnel de la jurisprudence Morsang-sur-Orge.

    Conseil constitutionnel Police administrativeLégalité ordinaire

  386. 1994 CE, Ass., 11 mars 1994, SA La Cinq

    L'exercice du pouvoir de sanction par une AAI doit être précédé d'une mise en demeure. La portée : garantie du contradictoire préalable à toute sanction administrative.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  387. 1994 CE Ass., 27 avril 1994, Allamigeon

    Un décret délibéré en Conseil des ministres ne peut être modifié ou abrogé que par un décret de même nature. Cette règle renforce l'exclusivité du pouvoir présidentiel sur ces textes.

    Conseil d’État Administration d’État

  388. 1994 CE, 16 décembre 1994, Commune d'Avrill

    La délibération d'un conseil municipal décidant de consulter les électeurs n'est pas une simple mesure préparatoire. La portée : illustration des limites de la catégorie des actes préparatoires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  389. 1994 CE, 1994, M. Binet

    Un sportif participant à une compétition organisée par une personne publique accepte les risques normaux inhérents à la pratique sportive. Seuls les risques anormaux excédant ceux inhérents à la compétition ouvrent droit à réparation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  390. 1994 CE, Assemblée, 1994, Commune de Cabourg

    Les baux emphytéotiques peuvent être conclus sur le domaine public depuis la loi de 1988. La portée : délimitation de la nature juridique du BEA.

    Conseil d’État Organisation administrative

  391. 1994 CE, Sect., 1990, Théron / CE, Sect., 1994, Korber

    Les décisions du juge d'application des peines relatives à la réduction de peine et à la libération conditionnelle se rattachent à la fonction judiciaire. Elles relèvent du juge judiciaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  392. 1994 CE, avis, 7 juillet 1994, Diversification des activités d'EDF-GDF

    Un établissement public peut exercer des activités annexes à sa mission principale. La portée : assouplissement jurisprudentiel du principe de spécialité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  393. 1994 CE, 29 juillet 1994, Société Camif

    Premier examen par le juge administratif de l'incidence sur la concurrence d'un acte d'organisation du service public. La portée : prémices de l'intégration du droit de la concurrence au contrôle de légalité.

    Conseil d’État Service public

  394. 1994 CE, 13 mai 1994, Commune de Dreux

    Une commune peut fixer des tarifs plus élevés pour les usagers non domiciliés d'une école de musique. La portée : la résidence comme différence de situation pour un service municipal facultatif.

    Conseil d’État Service public

  395. 1994 CE, 29 juillet 1994, Département de l'Indre

    Les juridictions administratives spécialisées de l'aide sociale sont soumises aux exigences de l'article 6 § 1 de la Convention européenne.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  396. 1994 CE, 1er juin 1994, Letierce

    Une juridiction qui n'est pas tenue de saisir la Cour de justice apprécie souverainement l'opportunité d'un renvoi préjudiciel.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  397. 1994 CE, Ass., 2 décembre 1994, Mme Agyepong

    Le principe d'unité de famille étend la qualité de réfugié au conjoint et aux enfants mineurs du réfugié.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  398. 1995 CE, 1995, Commune de Veltabran

    Une consultation de la population communale sur le tracé d'une ligne TGV est annulée. La portée : la procédure de consultation locale ne peut porter que sur les affaires relevant de la compétence propre de la collectivité.

    Conseil d’État Administration décentraliséeOrganisation administrative

  399. 1995 CE, 1995, SARL Développement et mise en valeur de la montagne

    Une clause imposant au cocontractant l'obligation de se soumettre à un contrôle technique de l'administration dépasse les stipulations habituelles des contrats privés Cette clause est exorbitante du droit commun.

    Conseil d’État Organisation administrative

  400. 1995 CE, 23 juin 1995, SA Lilly France

    Les autorités nationales ne peuvent se prévaloir d'une directive qu'elles n'ont pas transposée. Elles ne sauraient opposer aux administrés une norme dont elles n'ont pas assuré la mise en œuvre dans les délais.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  401. 1995 CE, Ass., 17 février 1995, Marie

    Le Conseil d'État admet pour la première fois la recevabilité du recours d'un détenu contre une punition de cellule de huit jours. La portée : abandon de la jurisprudence CE, Ass., 1984, Caillol et déclenchement du mouvement de recul général des MOI pénitentiaires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  402. 1995 CE, Ass., 1995, Association Greenpeace France

    La décision du Président de la République de reprendre les essais nucléaires en Polynésie est un acte de gouvernement. Motif : son rattachement à la conduite des relations internationales.

    Conseil d’État Organisation administrative

  403. 1995 CE, Ass., 1995, Hardouin

    La punition de mise aux arrêts d'un militaire est une décision administrative susceptible de recours pour excès de pouvoir. La portée : revirement majeur amorçant la réduction du champ des MOI dans l'armée.

    Conseil d’État Organisation administrative

  404. 1995 CE, Ass., 27 octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge

    Un maire peut, au titre de sa PAG et sans circonstances locales particulières, interdire un spectacle portant atteinte à la dignité de la personne humaine. La portée : l'autorité inférieure peut prendre des mesures plus restrictives que la PAG nationale, dès lors que le motif est la dignité humaine, composante autonome de l'ordre public.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrative

  405. 1995 CE, Section, 3 novembre 1995, CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées

    Le référé précontractuel est irrecevable après la signature du contrat. La portée : principe de l'irrecevabilité du référé précontractuel post-contractuel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  406. 1995 CE, Ass., 14 avril 1995, Consistoire central des israélites de France

    Des autorisations d'absence pour l'exercice du culte peuvent être accordées aux élèves dans la mesure compatible avec leurs études et l'ordre public de l'établissement.

    Conseil d’État Service public

  407. 1995 CE, 29 décembre 1995, Kavvadias

    L'annulation d'une éviction impose à l'administration, quel qu'en soit le motif, de réintégrer l'agent et de régulariser sa situation pour la période d'éviction. La portée : double obligation d'exécution pesant sur l'employeur.

    Conseil d’État Fonction publique

  408. 1996 CE Ass., 16 décembre 1996, Syndicat CGT des hospitaliers de Bédarieux

    Le déféré préfectoral est recevable contre les actes préparatoires des assemblées délibérantes locales. La portée : élargissement du champ du contrôle de légalité du préfet au-delà des seuls actes décisoires.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrativePolice administrative

  409. 1996 CE Ass., 9 septembre 1996, Ministre de la Défense c. Collas

    Cette décision limite les effets d'Allamigeon. Un décret délibéré en Conseil des ministres peut lui-même prévoir qu'il sera ultérieurement modifié par simple décret du Premier ministre.

    Conseil d’État Administration d’État

  410. 1996 CE, 16 décembre 1996, Conseil régional de l'ordre des architectes de la Martinique

    Un ordre professionnel (non susceptible de passer un contrat) n’est pas recevable à saisir le juge du référé précontractuel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  411. 1996 CE, 1996, Caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne

    La loi crée la catégorie d'établissement public, conformément à l'article 34 de la Constitution. La portée : clarification de la répartition des compétences normatives en matière de création des établissements publics.

    Conseil d’État Organisation administrative

  412. 1996 CE, 1996, Fauqueux

    La prohibition des injonctions est confirmée en dehors des cas prévus par la loi du 8 janvier 1995. La portée : arrêt de référence sur les limites du pouvoir d'injonction avant réforme.

    Conseil d’État Recours contentieux

  413. 1996 CE, 1996, Préfet des Bouches-du-Rhône

    La convention de délégation de service public est définie par deux critères : l'objet (gestion autonome d'un SP) et le mode de rémunération (substantiellement lié aux résultats de l'exploitation). La portée : consacre la DSP comme archétype du contrat confiant l'exécution du service public.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  414. 1996 CE, 3 juillet 1996, Moussa Koné

    Le Conseil d'État consacre un PFRLR que le Conseil constitutionnel n'avait pas dégagé : l'interdiction d'extrader un étranger pour des motifs politiques. La portée : illustration de la capacité du juge administratif à être un interprète autonome de la Constitution.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  415. 1996 CE, Ass., 1996, SNCF c/ Sotrarail

    La responsabilité de l'État du fait de la méconnaissance du droit communautaire par une loi requiert une violation suffisamment caractérisée d'une règle de droit de l'Union conférant des droits aux particuliers.

    Conseil d’État Organisation administrative

  416. 1996 CE, Ass., 1996, Société Direct Mail Promotion

    Il n'existe aucun principe général de gratuité applicable aux SPA. La portée : la tarification d'un SPA est parfaitement légale.

    Conseil d’État Service public

  417. 1996 CE, Assemblée, 1996, Cayzeele

    Le REP est recevable contre les clauses réglementaires des contrats administratifs, au motif qu'elles créent des droits et obligations à l'égard des administrés et usagers du service public. La portée : exception au principe d'irrecevabilité, non remise en cause par Tarn-et-Garonne.

    Conseil d’État Organisation administrativeRecours contentieux

  418. 1996 CE, Avis, 1996, Préfet de la Côte-d'Or

    Pose le principe selon lequel, sauf texte spécial prévoyant une autre procédure, la conclusion d'un contrat par une collectivité territoriale doit être autorisée par une délibération préalable de son assemblée délibérante, sous peine d'illégalité du contrat. Cet avis doit être lu à la lumière de l'arrêt CE, 2009, Commune de Béziers, qui en limite la portée en refusant que toute irrégularité procédurale emporte automatiquement la nullité du contrat.

    Conseil d’État Organisation administrative

  419. 1996 TC, 25 mars 1996, Préfet de la région Rhône-Alpes c/ Conseil de prud'hommes de Lyon (Berkani)

    Tous les agents contractuels des SPA sont des agents publics, quelle que soit leur fonction. La portée : modifie indirectement le périmètre d'application du critère de l'objet dans les contrats de travail des personnes publiques.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeFonction publiqueService public

  420. 1996 CE, Sect., 8 novembre 1996, Fédération française des sociétés d'assurances

    Le juge contrôle la compatibilité d'un acte administratif avec les règles de concurrence. La portée : étape vers Million et Marais.

    Conseil d’État Service public

  421. 1996 CE, Ass., 14 février 1996, Maubleu

    Les juridictions ordinales statuant en matière disciplinaire relèvent de l'article 6 § 1, contrairement à la solution retenue en 1984.

    Conseil d’État Juridiction administrativeFonction publique

  422. 1997 CE, 17 novembre 1997, Mme Veuve Doukour

    Les avis contentieux rendus dans le cadre de l'article L. 113-1 CJA sont insusceptibles de recours pour excès de pouvoir. Ils ne constituent pas des décisions juridictionnelles.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  423. 1997 CE, Ass., 6 juin 1997, Aquarone

    Ni l'article 55 ni aucune autre disposition constitutionnelle ne prescrit que le juge administratif fasse prévaloir la coutume internationale sur la loi. La coutume et les principes généraux du droit international sont exclus du champ de l'article 55.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  424. 1997 CE, 1997, Bricq

    Un maire peut user de ses pouvoirs de PAG pour limiter l'utilisation d'engins bruyants en plein air, alors même que le Code de la santé publique lui confère des pouvoirs de PAS pour lutter contre les bruits de voisinage. La portée : la PAG peut compléter une PAS en édictant des mesures plus graves que celles prévues par la PAS.

    Conseil d’État Police administrative

  425. 1997 CE, 1997, Société Sotralentz

    Rappelle que l'incompétence du signataire du contrat est un moyen d'ordre public que le juge peut soulever d'office, indépendamment de toute demande des parties.

    Conseil d’État Organisation administrative

  426. 1997 CE, 23 avril 1997, GISTI

    La condition d'effet direct est explicitement posée. Une stipulation internationale ne peut être invoquée devant le juge que si elle a des effets directs sur les droits et obligations des particuliers.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  427. 1997 CE, Sect., 1997, Commune de Gennevilliers et Commune de Nanterre

    Les politiques tarifaires différenciées selon les revenus dans l'accès aux services publics facultatifs sont légales. La portée : illustration de la marge d'appréciation des collectivités dans l'organisation des services qu'elles créent librement.

    Conseil d’État Service public

  428. 1997 CE, Sect., 1997, Commune du Port

    Le déféré préfectoral s'applique à tous les actes administratifs des collectivités. La portée : universalité du contrôle de légalité préfectoral.

    Conseil d’État Administration décentraliséeOrganisation administrative

  429. 1997 CE, Sect., 1997, Ordre des avocats à la cour de Paris

    La création d'un service de bases de données juridiques est légale car elle se rattache à la fonction normative de l'État. La portée : illustration de l'irrecevabilité de la liberté du commerce et de l'industrie à l'encontre de la création de services publics non marchands relevant des missions régaliennes.

    Conseil d’État Service public

  430. 1997 CE, 17 novembre 1997, Mme veuve Doukouré

    L'avis rendu par le Conseil d'État sur une question de droit posée par une juridiction du fond n'est pas une décision et ne peut faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. La portée : l'avis contentieux n'a qu'une autorité de fait.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  431. 1997 CE, 29 décembre 1997, Commune d'Ostricourt

    Une commune ne peut confier la surveillance de la voie publique à une société privée de gardiennage. La portée : la police administrative ne se délègue pas à des personnes privées.

    Conseil d’État Police administrative

  432. 1997 CE, 8 décembre 1997, Commune d'Arcueil c/ Régie publicitaire des transports parisiens

    Le caractère immoral d'affiches ne suffit pas à en justifier l'interdiction par le maire en l'absence de circonstances locales particulières. La portée : la moralité publique reste une composante conditionnée de l'ordre public.

    Conseil d’État Police administrative

  433. 1997 CE, Ass., 28 mars 1997, Société Baxter

    Le principe d'égalité n'impose pas de traiter différemment des situations différentes. La portée : la différence de traitement demeure une faculté en droit interne.

    Conseil d’État Service public

  434. 1997 CE, Sect., 20 juin 1997, Theux

    La faute simple suffit à engager la responsabilité du service d'aide médicale urgente. La portée : abandon de la faute lourde pour le transport médical d'urgence.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  435. 1997 CE, Sect., 3 novembre 1997, Hôpital Joseph-Imbert d'Arles

    La solution Bianchi s'applique à un acte médical sans finalité thérapeutique. La portée : extension du régime de l'aléa.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  436. 1997 CE, Sect., 3 novembre 1997, Société Million et Marais

    Les actes de dévolution d'un service public sont soumis aux règles de concurrence, dont la méconnaissance les rend illégaux. La portée : entrée du droit de la concurrence dans le bloc de légalité.

    Conseil d’État Service public

  437. 1997 CE, Sect., 10 octobre 1997, Lugan

    L'annulation des opérations d'un concours n'entraîne plus par voie de conséquence l'annulation des nominations prononcées à son issue, et l'administration n'est pas tenue d'organiser un nouveau concours. La portée : revirement protégeant la stabilité des situations des lauréats.

    Conseil d’État Fonction publique

  438. 1998 CE, 11 mai 1998, Aldigé

    Le cours retient l’illégalité d’une technique de quotas discriminatoire.

    Conseil d’État Fonction publique

  439. 1998 CE, 1998, Commune de Hannapes

    La faute simple suffit pour les activités de secours et de lutte contre l'incendie. La portée : abandon de l'ancienne jurisprudence qui exigeait une faute lourde.

    Conseil d’État Organisation administrative

  440. 1998 CE, Ass., 30 octobre 1998, Sarran et Levacher

    La suprématie conférée aux engagements internationaux par l'article 55 de la Constitution ne s'applique pas aux dispositions de nature constitutionnelle. La portée : consécration de la primauté absolue de la Constitution dans l'ordre interne.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  441. 1998 CE, Ass., 18 décembre 1998, SARL du Parc d'activités de Blotzheim

    Le Conseil d'État accepte de contrôler la régularité de la procédure de ratification au regard de l'article 53 de la Constitution. La portée : seuls les traités régulièrement ratifiés peuvent bénéficier de l'autorité de l'article 55.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  442. 1998 CE, Sect., 30 octobre 1998, Ville de Lisieux

    Les contrats de recrutement des agents publics non titulaires sont assimilés à des actes unilatéraux. La portée : exception au principe d'irrecevabilité du REP contre les contrats.

    Conseil d’État Fonction publiqueRecours contentieux

  443. 1998 TC, 19 janvier 1998, Union française de l'express c/ La Poste

    Les activités de production, de distribution et de services d'une personne publique relèvent du juge judiciaire au regard du droit de la concurrence, ses actes administratifs du juge administratif. La portée : répartition des compétences en matière de concurrence.

    Tribunal des conflits Service public

  444. 1998 CE, 29 avril 1998, Commune de Hannappes, n° 164012

    La responsabilité des services de lutte contre l'incendie peut être engagée pour faute simple. La portée : recul de la faute lourde dans les activités de secours.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  445. 1998 CE, 28 janvier 1998, Société Borg Warner

    La liberté contractuelle des personnes publiques est un principe général du droit.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  446. 1998 CE, Sect., 3 juillet 1998, Bitouzet

    L'absence d'indemnisation des servitudes d'urbanisme est compatible avec le droit au respect des biens, sauf charge spéciale et exorbitante hors de proportion avec l'objectif poursuivi.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  447. 1999 CC, 14 janvier 1999, Conseillers régionaux (n° 98-407 DC)

    Un PFRLR doit énoncer une règle suffisamment importante, avoir un degré de généralité suffisant et intéresser des domaines essentiels pour la vie de la nation.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  448. 1999 CE, Ass., 3 décembre 1999, Didier

    Les sanctions prononcées par une AAI sont des décisions administratives susceptibles de recours pour excès de pouvoir. La portée : confirmation de l'appartenance des AAI à l'ordre administratif.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  449. 1999 CE, 10 novembre 1999, Société Coopérative agricole de Brinon

    Le Conseil d'État affirme ses pouvoirs généraux de régulation de l'ordre juridictionnel administratif. La portée : fondement de sa mission unificatrice du droit.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  450. 1999 CE, 1999, Moine

    La faute d'un officier qui organise sciemment un exercice de tir à balles réelles en exposant des soldats à un danger constitue une faute personnelle d'une gravité particulière commise dans le service.

    Conseil d’État Organisation administrative

  451. 1999 CE, 1999, Montoya

    Certaines décisions individuelles défavorables, telles que les sanctions disciplinaires, ne créent pas de droits ni pour leurs destinataires ni pour les tiers. Elles peuvent donc être retirées à tout moment.

    Conseil d’État Organisation administrative

  452. 1999 CE, 1999, Rolin

    Les activités purement oiseuses ne sauraient correspondre à un intérêt général. La portée : pose une limite à l'extensibilité de la notion.

    Conseil d’État Service public

  453. 1999 CE, 1999, SA Méribel

    Admet que le cocontractant peut demander au juge du contrat la résiliation aux torts de l'administration lorsque les modifications unilatérales imposées par celle-ci sont si importantes qu'elles bouleversent irrémédiablement l'économie du contrat. La résiliation pour faute de l'administration est un droit du cocontractant (c’est un droit cependant distinct de la force majeure).

    Conseil d’État Organisation administrative

  454. 1999 CE, 1999, SMITOM

    La rémunération est substantiellement liée aux résultats lorsque l'équilibre financier dépend des recettes directement liées à l'exploitation et non d'un prix forfaitaire. Tout candidat présentant des garanties professionnelles, financières et des capacités suffisantes doit figurer sur la liste des candidats sélectionnés pour une DSP.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  455. 1999 CE, Ass., 1999, Mme Ba

    La nomination d'un membre du Conseil constitutionnel par le Président de la République est un acte de gouvernement. La portée : acte dans les rapports de l'exécutif avec le Conseil constitutionnel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  456. 1999 CE, Assemblée, 1999, Toubol-Fischer

    L'application des règles normales de passation des marchés publics aux marchés de services juridiques serait illégale car elle violerait les règles déontologiques de la profession.

    Conseil d’État Organisation administrative

  457. 1999 CJUE, 18 novembre 1999, Teckal

    Une entité contrôlée par un pouvoir adjudicateur comme ses propres services et qui réalise l'essentiel de son activité pour son compte n'est pas un tiers au sens des règles de passation. La portée : arrêt fondateur du droit de l'Union en matière de quasi-régie (in house).

    CJUE Organisation administrativeService public

  458. 1999 TC, 1999, Commune de Sauve

    Avant la loi MURCEF, le simple respect du CMP ne suffisait pas à qualifier un contrat d'administratif. La portée : décision rendue obsolète par la loi du 11 décembre 2001.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  459. 1999 TC, 1999, UGAP

    Avant la loi MURCEF, un marché passé en application du CMP n'était administratif que s'il contenait des clauses exorbitantes du droit commun ou renvoyait à un cahier des charges en contenant. Confirme que le renvoi à un cahier des charges exorbitant suffit à qualifier le contrat.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  460. 1999 CE, Sect., 27 octobre 1999, Bayeux

    La succession de contrats à durée déterminée ne transforme pas la relation de travail en contrat à durée indéterminée (solution ensuite modifiée par la loi du 26 juillet 2005).

    Conseil d’État Fonction publique

  461. 1999 CC, 16 décembre 1999, n° 99-421 DC, Codification par ordonnances

    Consécration de l'objectif de valeur constitutionnelle d'accessibilité et d'intelligibilité de la loi, qui justifie la codification.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  462. 1999 CE, avis, 23 septembre 1999, Rouxel

    Le retrait de points du permis de conduire, sanction de nature pénale au sens de la Convention, relève des garanties de l'article 6.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  463. 2000 CE, 18 octobre 2000, Terrail

    Un organisme qui se borne à rendre des avis sans décider ne constitue pas une juridiction. La portée : condition préalable à la qualification de tribunal administratif.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  464. 2000 CE, 2000, Assistance publique-Hôpitaux de Marseille

    La perte de chance de survie d'un patient due à une faute médicale est réparable. La réparation est proportionnelle à la probabilité de la chance perdue, et non à l'intégralité du préjudice final.

    Conseil d’État Organisation administrative

  465. 2000 CE, 2000, Association Comité Tous Frères

    Le dépôt d'une gerbe sur la tombe du Maréchal Pétain est susceptible d'être contrôlé par le juge administratif en tant qu'il est constitutif d'une décision modifiant l'ordonnancement juridique. La portée : le juge ne s'arrête pas à la présentation formelle ou à la dénomination des actes.

    Conseil d’État Organisation administrative

  466. 2000 CE, 28 juillet 2000, Association France Nature Environnement

    L'obligation de prendre les mesures réglementaires d'application d'une loi peut exceptionnellement être écartée lorsque le respect des engagements internationaux de la France y ferait obstacle.

    Conseil d’État Organisation administrativeAdministration d’État

  467. 2000 CE, 2000, Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-Loire

    La consultation obligatoire d'un organisme exige que celui-ci ait eu connaissance du texte définitif soumis. La portée : applicable à la consultation du CESE sur les projets de loi.

    Conseil d’État Administration d’État

  468. 2000 CE, 2000, Commune de Morestel

    Des contrats de prêts financiers entre personnes publiques sont des contrats de droit privé car ils ne créent que des rapports de droit privé et ne contiennent aucune clause exorbitante. La portée : illustration du renversement possible de la présomption d'administrativité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  469. 2000 CE, 6 octobre 2000, Ministre de l'Intérieur c/ Commune de Saint-Florent

    L'abstention du préfet d'exercer le déféré, lorsque l'illégalité est manifeste et qu'un dommage en résulte, engage la responsabilité de l'État pour faute lourde. La portée : illustration des limites du contrôle de légalité sur les actes des collectivités, dont les actes sociaux des départements.

    Conseil d’État Administration décentraliséePolice administrativeAdministration d’ÉtatResponsabilité administrative

  470. 2000 CE, 2000, Commune de Staffelfelden

    Admet la théorie de l'imprévision pour pollution exceptionnelle ayant bouleversé l'économie du contrat. Confirme la compétence du juge administratif pour prononcer la résiliation du contrat lorsque les parties sont en désaccord sur les conséquences à tirer de la force majeure.

    Conseil d’État Organisation administrative

  471. 2000 CE, 2000, Mme Torrent

    L'objet seul du service, la transfusion sanguine, suffit à le qualifier d'administratif, indépendamment de ses modalités de fonctionnement. La portée : illustration de la primauté possible du critère objectif.

    Conseil d’État Service public

  472. 2000 CE, 2000, Syndicat national autonome du personnel de la Banque de France

    La Banque de France est une personne morale de droit public sui generis. La portée : reconnaissance d'une catégorie résiduelle de personnes publiques à statut propre.

    Conseil d’État Organisation administrative

  473. 2000 CE, 7 juillet 2000, Clinique chirurgicale du Coudon

    Les avis contentieux du Conseil d'État sont dépourvus d'autorité de la chose jugée. Ils bénéficient en pratique d'une autorité morale forte et sont suivis par les juridictions inférieures.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  474. 2000 CE, 8 décembre 2000, Hoffer

    Une ordonnance non ratifiée peut également être contestée par la voie de l'exception d'illégalité. Cette solution renforce le contrôle juridictionnel sur ces actes.

    Conseil d’État Administration d’État

  475. 2000 CE, avis, Sect., 3 mai 2000, Mlle Marteaux

    Le principe de laïcité fait obstacle à ce qu'une surveillante d'établissement scolaire porte le foulard islamique pendant son service. La portée : l'obligation de neutralité s'impose aux agents quel que soit leur grade ou leur mission au sein du service public.

    Conseil d’État Service publicFonction publique

  476. 2000 CE, Sect., 2000, Consorts Telle

    La méconnaissance par un médecin de son obligation d'informer le patient engage la responsabilité de l'hôpital pour perte de chance de se soustraire au risque. La portée : illustre la méthode d'évaluation pécuniaire des préjudices probabilistes.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  477. 2000 CE, Sect., 2000, Mme Rochard

    Après annulation d'un arrêt de CAA, le Conseil d'État peut statuer lui-même au fond. La portée : illustration de l'articulation entre cassation et appel dans l'ordre administratif.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  478. 2000 CJCE, 7 décembre 2000, Telaustria et Telefonadress

    Les pouvoirs adjudicateurs sont tenus, même pour les contrats exclus des directives marchés publics, de respecter les principes fondamentaux du Traité CE, notamment la non-discrimination et la transparence. La portée : étend les obligations de transparence au-delà du champ des directives.

    CJUE Organisation administrative

  479. 2000 Cass., Ass. plén., 2 juin 2000, Mlle Fraisse

    La Cour de cassation adopte la même solution que l'arrêt Sarran. La Constitution prime sur les conventions internationales dans l'ordre juridique interne.

    Cour de cassation Légalité ordinaire

  480. 2000 TC, 2000, GIP Habitat et intervention sociale c. Verdier

    Les GIP sont des personnes morales de droit public soumises à un régime spécifique. La portée : consécration de la nature publique des GIP et de leur autonomie catégorielle.

    Tribunal des conflits Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  481. 2000 CE, Sect., 22 décembre 2000, Société Crédit agricole Indosuez Cheuvreux

    Le principe de personnalité des peines s'applique aux sanctions administratives. La portée : les principes du droit répressif encadrent l'ensemble du pouvoir de sanction de l'administration.

    Conseil d’État Recours contentieux

  482. 2000 CE, avis, 8 novembre 2000, Société Jean-Louis Bernard Consultants

    Une personne publique peut se porter candidate à un marché, à condition de ne pas bénéficier, pour déterminer son prix, d'un avantage tiré de sa mission de service public. La portée : principe d'égalité des armes, repris par Armor SNC.

    Conseil d’État Service public

  483. 2000 CE, Sect., 29 mars 2000, AP-HP c/ Consorts Jacquié

    Le droit à réparation du préjudice moral de la victime se transmet à ses héritiers. La portée : fin de l'intransmissibilité des préjudices moraux.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  484. 2000 CEDH, 26 octobre 2000, Kudla c. Pologne

    L'article 13 impose un recours effectif contre la durée excessive des procédures. La portée : source de la jurisprudence Magiera.

    CEDH Responsabilité administrativeRecours contentieux

  485. 2000 CE, 23 février 2000, M. Bamba Dieng

    Le défaut d'autorisation législative, lorsqu'elle est exigée par l'article 53, peut être invoqué à l'appui d'un recours contre le décret de publication du traité.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  486. 2000 CE, 28 juillet 2000, M. Paulin

    Les principes généraux du droit international n'ont pas, en vertu de l'article 55, une autorité supérieure à celle des lois.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  487. 2000 CE, Ass., 23 février 2000, Société Labor Métal

    Une formation de la Cour des comptes ayant pris publiquement position sur une affaire dans un rapport ne peut ensuite la juger.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  488. 2000 CE, 27 mars 2000, Mme Brodbeck

    Un principe général du droit interdit de mettre fin aux fonctions d'un agent en raison de son sexe ou de sa situation de famille. La portée : nouvel exemple de principe inspiré du code du travail.

    Conseil d’État Fonction publique

  489. 2000 CJCE, 28 mars 2000, Badeck (C-158/97)

    Une priorité accordée aux candidates à qualifications égales, dans les secteurs où les femmes sont sous-représentées, est admise si les candidatures font l'objet d'une appréciation objective. La portée : encadrement des actions positives dans l'emploi public.

    CJUE Fonction publique

  490. 2000 CJCE, 26 septembre 2000, Mayeur (C-175/99)

    La directive sur le maintien des droits des travailleurs s'applique à la reprise par une personne publique de l'activité d'une personne privée. La portée : continuité des contrats de travail en cas de reprise en régie.

    CJUE Fonction publique

  491. 2001 CE, 19 janvier 2001, Confédération nationale des radios libres

    Les critères d'appréciation de l'urgence dans le référé-suspension sont fixés. L'urgence est satisfaite lorsque la décision préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il défend.

    Conseil d’État Recours contentieux

  492. 2001 CE, 19 janvier 2001, Préfet des Alpes-Maritimes et Société Sud-Est Assainissement

    L'urgence s'apprécie au regard des justifications fournies par le requérant et de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.

    Conseil d’État Recours contentieux

  493. 2001 CE, 2001, Meyet (second)

    La nomination des membres d'une AAI peut relever du Président de la République dès lors que la loi le prévoit. La nomination doit alors être délibérée en Conseil des ministres.

    Conseil d’État Administration d’État

  494. 2001 CE, 2001, Ministre de l'Emploi et de la Solidarité c/ Vedel

    En cas de suspension d'un refus, le juge peut prononcer des obligations provisoires à la charge de l'administration. La portée : extension des pouvoirs du juge des référés.

    Conseil d’État Recours contentieux

  495. 2001 CE, 2001, Mme Bourdignon

    Le préjudice doit être la conséquence directe des violences commises lors de l'attroupement pour que la loi de 1983 s'applique. La portée : précise les conditions d'application en matière de lien de causalité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  496. 2001 CE, 2001, Mégret et Mekhantar

    La décision d'engager les forces armées françaises dans des opérations internationales en Serbie est un acte de gouvernement. Elle est non détachable des relations internationales.

    Conseil d’État Organisation administrative

  497. 2001 CE, 2001, Syndicat général de l'éducation nationale

    Le délai de trois ans est fixé comme celui au-delà duquel le retard à prendre un règlement d'application est nécessairement déraisonnable, quelles que soient les circonstances. La portée : plafond jurisprudentiel à valeur générale.

    Conseil d’État Organisation administrative

  498. 2001 CE, Ass., 26 octobre 2001, Ternon

    Le délai d'abrogation des décisions créatrices de droits intangibles est aligné sur celui du retrait : quatre mois à compter de la signature de la décision. Ce délai s'applique que la décision ait ou non fait l'objet d'une publicité mentionnant les voies et délais de recours.

    Conseil d’État Recours contentieuxOrganisation administrative

  499. 2001 CE, 3 décembre 2001, Syndicat national de l'industrie pharmaceutique

    Le principe de primauté du droit communautaire ne saurait conduire, dans l'ordre juridique interne, à remettre en cause la suprématie de la Constitution.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  500. 2001 CE, Avis, 22 janvier 1998 : elles entrent dans le champ d'application du code des marchés publics. L'exclusion de ces contrats du CMP prévue par le CMP 2001 est annulée

    Conseil d’État Organisation administrative

  501. 2001 CE, Sect., 18 janvier 2001, Commune de Venelles

    La libre administration des collectivités territoriales est une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du CJA. La portée : protection des communes contre toute ingérence illégale dans leurs compétences, y compris dans le cadre intercommunal.

    Conseil d’État Administration décentraliséeAdministration d’ÉtatOrganisation administrativeService public

  502. 2001 CE, ord., 9 juillet 2001, Préfet du Loiret

    Le préfet peut demander la suspension en urgence d'un acte d'une collectivité portant atteinte à une liberté publique. La portée : illustration du contrôle sur les actes relatifs à la participation citoyenne.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  503. 2001 CE, Réf., 9 janvier 2001, Deperthes ; CE, Réf., 21 mars 2001, Rahal ; CE, Réf., 27 mars 2001, Min. de l'Intérieur c/ Djalout

    Ces arrêts constituent les premières applications du référé-liberté à la liberté d'aller et venir. La portée : construction prétorienne initiale du champ des libertés fondamentales protégées.

    Conseil d’État Recours contentieux

  504. 2001 CE, Sect., 12 octobre 2001, Société Produits Roche

    En cas de RAPO, le référé-suspension peut être exercé sans attendre la réponse de l'administration. La portée : assouplissement des conditions d'accès à la procédure d'urgence.

    Conseil d’État Recours contentieux

  505. 2001 CEDH, 7 juin 2001, Kress c/ France

    La participation du commissaire du gouvernement au délibéré de la CAA est jugée contraire à l'article 6 § 1 CEDH. La portée : à l'origine de la réforme procédurale de 2006 excluant sa présence au délibéré devant les TA et les CAA.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  506. 2001 TC, 2001, Rue impériale de Lyon

    Les marchés passés volontairement en application du CMP sans y être soumis ne sont pas des contrats administratifs par détermination législative. Seuls les marchés entrant dans le champ d'application obligatoire du CMP bénéficient de la qualification automatique.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  507. 2001 CE, réf., 12 novembre 2001, Commune de Montreuil-Bellay

    La liberté du commerce et de l'industrie est une liberté fondamentale au sens du référé-liberté. La portée : protection en urgence de la liberté économique.

    Conseil d’État Service publicRecours contentieux

  508. 2001 CE, Ass., 26 octobre 2001, Mme Senanayake

    Le médecin qui accomplit, malgré le refus du patient, un acte indispensable à sa survie et proportionné à son état ne commet pas de faute. La portée : conciliation du consentement et de l'obligation de soins.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  509. 2001 CE, Ass., 30 novembre 2001, Kechichian

    La responsabilité de l'État pour les carences de la Commission bancaire dans le contrôle des établissements de crédit suppose une faute lourde.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  510. 2001 CE, Ass., 11 juillet 2001, FNSEA

    Dans le champ du droit de l'Union, le principe de confiance légitime n'est pas méconnu lorsque la réforme, annoncée et précédée d'une consultation, était prévisible pour des opérateurs avisés.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  511. 2001 CE, 6 juin 2001, Mme Mosquera

    Plusieurs articles de la Convention relative aux droits de l'enfant sont jugés dépourvus d'effet direct : l'effet direct s'apprécie stipulation par stipulation.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  512. 2001 CE, 7 novembre 2001, Tabaka

    La décision de ne pas déférer une loi au Conseil constitutionnel est un acte de gouvernement, insusceptible de recours.

    Conseil d’État Recours contentieux

  513. 2001 CE, Ass., 30 novembre 2001, Diop

    La cristallisation des pensions des ressortissants des anciens territoires devenus indépendants méconnaît l'article 14 de la Convention combiné avec l'article 1er du premier protocole.

    Conseil d’État Fonction publiqueLégalité ordinaire

  514. 2001 CE, Sect., 28 février 2001, Casanovas

    La liberté d'opinion et la liberté syndicale des agents publics sont des libertés fondamentales au sens du référé-liberté. La portée : premières applications de l'article L. 521-2 au contentieux de la fonction publique, à propos d'un stagiaire évincé.

    Conseil d’État Fonction publiqueRecours contentieux

  515. 2001 CEDH, déc., 15 février 2001, Dahlab c/ Suisse

    L'interdiction faite à une institutrice de porter le foulard islamique en classe, compte tenu du jeune âge de ses élèves, est nécessaire dans une société démocratique. La portée : compatibilité de la neutralité religieuse des enseignants avec l'article 9.

    CEDH Fonction publique

  516. 2002 CC, décision n° 2002-460 DC du 22 août 2002 (Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure)

    Le Conseil constitutionnel valide les premiers contrats de partenariat sectoriels (bâtiments de police et de gendarmerie). La portée : amorce de la reconnaissance du mécanisme avant sa généralisation.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  517. 2002 CE, Sect., 18 décembre 2002, Mme Duvignères

    Est susceptible de recours pour excès de pouvoir toute circulaire qui présente un caractère impératif, quelle que soit sa forme. La portée : remplacement du critère de la circulaire réglementaire par le critère de l'impérativité, plus fonctionnel.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatLégalité ordinaireOrganisation administrative

  518. 2002 CE, Ass., 2002, Brouant

    Le règlement du Conseil constitutionnel définissant un régime particulier d'accès à ses archives est un acte de gouvernement. Il est non détachable de l'exercice de la fonction juridictionnelle du Conseil constitutionnel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  519. 2002 CE, Sect., 1955, Silberstein ; CE, Sect., 2002, Assistance publique-Hôpitaux de Marseille

    Une décision obtenue par fraude ne crée jamais de droits. Elle peut être abrogée ou retirée à tout moment, sans condition de délai.

    Conseil d’État Organisation administrative

  520. 2002 CE, Sect., 2002, Assistance publique-Hôpitaux de Marseille

    Tout acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits. La portée : arrêt de référence sur le retrait pour fraude.

    Conseil d’État Organisation administrative

  521. 2002 CE, Sect., 2002, Mme Soulier

    Une décision pécuniaire individuelle est créatrice de droits quelle que soit la marge d'appréciation dont disposait l'Administration pour l'accorder. La portée : revirement important qui réduit le champ des décisions individuelles non créatrices de droits.

    Conseil d’État Organisation administrative

  522. 2002 CE, Sect., 30 septembre 2002, Pause I

    Le stagiaire conserve cette qualité jusqu’à une décision de titularisation.

    Conseil d’État Fonction publique

  523. 2002 CE, avis, 2002, Société MAJ Blanchisserie de Pantin

    Les principes de liberté d'accès, d'égalité de traitement et de transparence s'appliquent à tout marché, dès le premier euro.

    Conseil d’État Organisation administrative

  524. 2002 CEDH, 11 juillet 2002, Yves Guigue c. France

    La CEDH admet la compatibilité des sanctions des AAI avec les exigences du procès équitable (art. 6 § 1 ConvEDH). La portée : encadrement du régime des sanctions des AAI au plan européen.

    Conseil d’État Administration d’État

  525. 2002 CE, ord. réf., 16 août 2002, Mme Feuillatey

    Une transfusion pratiquée malgré le refus du patient, indispensable à sa survie, ne porte pas une atteinte manifestement illégale à sa liberté. La portée : application de Senanayake en référé-liberté.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeRecours contentieux

  526. 2002 CE, Ass., 28 juin 2002, Garde des Sceaux c/ Magiera

    La durée excessive d'une procédure devant la juridiction administrative engage la responsabilité de l'État pour faute simple. La portée : droit au délai raisonnable de jugement.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeJuridiction administrative

  527. 2002 CE, 30 décembre 2002, Carminati

    Le juge du référé-suspension n'apprécie pas, eu égard à son office, la compatibilité d'une loi avec les engagements internationaux.

    Conseil d’État Recours contentieux

  528. 2002 CE, 2 octobre 2002, CCI de Meurthe-et-Moselle

    Un principe général du droit impose à l'employeur public de chercher à reclasser l'agent définitivement inapte avant de le licencier. La portée : obligation de reclassement étendue à l'ensemble des agents publics.

    Conseil d’État Fonction publique

  529. 2002 CE, Sect., 6 novembre 2002, Guisset

    Laisser durablement un fonctionnaire sans affectation constitue une faute engageant la responsabilité de l'administration. La portée : l'abstention de l'employeur est fautive comme une décision illégale.

    Conseil d’État Fonction publiqueResponsabilité administrative

  530. 2002 CE, Sect., 6 décembre 2002, Stilinovic

    La relaxe prononcée par le juge pénal n'empêche pas l'engagement de poursuites disciplinaires pour les mêmes faits. La portée : autonomie de la faute disciplinaire à l'égard de la faute pénale.

    Conseil d’État Fonction publique

  531. 2002 CE, Sect., 18 décembre 2002, Mme Duvignières

    Les dispositions impératives à caractère général d'une circulaire ou d'une instruction font grief et peuvent être déférées au juge de l'excès de pouvoir. La portée : critère de l'impérativité substitué à la distinction des circulaires interprétatives et réglementaires.

    Conseil d’État Légalité ordinaireRecours contentieux

  532. 2003 CC, déc. n° 2003-482 DC, 30 juillet 2003, Loi organique relative au référendum local

    Le législateur organique peut prévoir un mécanisme décisionnel local. La décision soumise au référendum doit relever de la compétence de la collectivité.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  533. 2003 CC, déc. n° 2003-487 DC, 18 décembre 2003, Loi portant décentralisation en matière de RMI

    Le transfert aux collectivités de la gestion de prestations sociales est validé. La portée : ce principe est applicable aux compétences économiques des régions issues de la loi NOTRe.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  534. 2003 CC, décision n° 2003-473 DC du 26 juin 2003 (Loi habilitant le Gouvernement à simplifier le droit)

    Consacre la valeur constitutionnelle des principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. Ces principes s'imposent à toutes les procédures de passation, quelle que soit la nature du contrat ou le montant en jeu, même en l'absence de texte spécifique.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  535. 2003 CE, 10 décembre 2003, Bouley

    L’article 8 CEDH peut être invoqué contre une mesure de carrière affectant excessivement la vie privée et familiale.

    Conseil d’État Fonction publique

  536. 2003 CE, 12 décembre 2003, Commune de Mostuéjouls

    Le principe de libre administration s'exerce dans les conditions prévues par la loi. Le législateur dispose d'une marge substantielle d'encadrement de ce principe.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  537. 2003 CE, Ass., 5 mars 2003, Aggoun

    Le contrôle de la régularité de la ratification peut être opéré par voie d'exception d'illégalité à l'occasion d'un recours contre un acte administratif pris sur le fondement d'un traité.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  538. 2003 CE, 2003, Chabba

    La responsabilité de l'État est engagée pour faute simple à raison du suicide d'un détenu mineur résultant d'une succession de fautes simples de l'administration pénitentiaire. La portée : marque l'extension de la faute simple en matière pénitentiaire.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  539. 2003 CE, Ass., 2003, Houillères du bassin de Lorraine

    En cas de carence de l'autorité de police spéciale et de péril imminent, le maire peut se substituer à l'autorité de police spéciale défaillante. La portée : consécration de la subsidiarité de la police générale par rapport à la police spéciale, dans des conditions strictement appréciées.

    Conseil d’État Police administrative

  540. 2003 CE, 2003, M. Plancke

    L'acceptation du risque ne peut être opposée à la victime que si elle était libre et éclairée. Une acceptation obtenue sous contrainte ou sans information suffisante sur la nature du risque est inopposable.

    Conseil d’État Organisation administrative

  541. 2003 CE, 2003, Mme Lavabre

    Le tiers victime d'un accident de travaux publics n'a pas à prouver une faute. Le seul établissement du lien de causalité entre le dommage et le travail ou l'ouvrage public suffit.

    Conseil d’État Organisation administrative

  542. 2003 CE, 2003, Observatoire international des prisons

    Les grâces présidentielles se rattachent à la fonction judiciaire. Elles relèvent de la compétence du juge judiciaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  543. 2003 CE, 30 juillet 2003, Remli

    Le placement à l'isolement d'un détenu contre son gré, même à titre de protection, est sorti de la catégorie des MOI. La portée : abandon de CE, 1996, Fauqueux et réponse indirecte à la condamnation de la France par CEDH, 2005, Ramirez Sanchez.

    Conseil d’État Organisation administrative

  544. 2003 CE, 2003, Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale

    Il existe un principe général du droit selon lequel l'autorité administrative est tenue de publier dans un délai raisonnable les règlements qu'elle édicte. La portée : sanctionne juridiquement une inertie administrative injustifiée dans la mise en œuvre de la publicité réglementaire.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  545. 2003 CE, 2003, Époux Maurel

    La réparation du préjudice d'agrément, privation des plaisirs de la vie normale, est admise en droit administratif au titre des préjudices extrapatrimoniaux indemnisables.

    Conseil d’État Organisation administrative

  546. 2003 CE, 23 mai 2003, El Bahi

    Le juge peut substituer une base légale régulière à un fondement erroné, sans prononcer l'annulation. La condition : cela ne doit pas priver le requérant des garanties attachées à la procédure applicable en vertu du fondement substitué.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  547. 2003 CE, 28 février 2003, Commune de Pertuis

    L'urgence dans le référé-liberté s'apprécie au regard du critère finaliste : l'urgence qu'il y a à prendre la mesure dans les 48 heures. La portée : consécration d'une urgence plus exigeante que dans le référé-suspension.

    Conseil d’État Recours contentieux

  548. 2003 CE, Assemblée, 2003, Ordre des avocats à la Cour d'appel de Paris

    Les règles allégées prévues par le CMP pour les marchés de services juridiques sont validées. La portée : confirme la légalité du régime dérogatoire pour ces marchés non prioritaires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  549. 2003 CE, Assemblée, 2003, UNSPIC

    Les contrats de mandat par lesquels une collectivité confie à une personne publique l'accomplissement de missions pour son compte sont des contrats administratifs. Le régime de contrôle et d'imputation des actes accomplis révèle un cadre publique qui déborde le droit commun du mandat civil.

    Conseil d’État Organisation administrative

  550. 2003 CE, Réf., 2003, Mme Aguillon

    Des réquisitions de sages-femmes décidées pour assurer les conditions existantes avant la grève portent une atteinte grave et manifestement illégale au droit de grève. La portée : consécration de la limite des réquisitions au seul service minimum nécessaire à la préservation de l'ordre public.

    Conseil d’État Service public

  551. 2003 CE, décret du 24 juin 2003

    La suppression de l'appel dans certaines matières ne viole aucun principe général du droit. La règle du double degré de juridiction n'est pas un principe général du droit.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  552. 2003 CEDH, 13 février 2003, Chevrol c. France

    La CEDH condamne la France pour avoir lié le juge administratif à l'avis du ministre des Affaires étrangères sur la réciprocité. La portée : cette pratique est incompatible avec le droit à un procès équitable (art. 6 § 1 CEDH).

    CEDH Légalité ordinaire

  553. 2003 CE, 28 novembre 2003, Commune de Moissy-Cramayel

    L'abstention du maire à réglementer l'accès à un terrain source de nuisances sonores engage la responsabilité de la commune pour faute simple. La portée : fin de la faute lourde pour la carence à faire respecter une réglementation.

    Conseil d’État Responsabilité administrativePolice administrative

  554. 2003 CJCE, 30 septembre 2003, Köbler

    Cette responsabilité s'étend aux violations commises par une juridiction statuant en dernier ressort. La portée : fondement de la jurisprudence Gestas.

    CJUE Responsabilité administrative

  555. 2003 CE, 9 juillet 2003, AP-HP c/ Marzouk, n° 220437

    Le service public hospitalier répond, même sans faute, de la défaillance des produits et appareils de santé qu'il utilise. La portée : responsabilité sans faute maintenue après 2002.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  556. 2003 CJCE, 24 juillet 2003, Altmark Trans

    Une compensation de service public n'est pas une aide d'État si quatre conditions cumulatives sont réunies. La portée : cadre du financement des services d'intérêt économique général.

    CJUE Service public

  557. 2003 CE, 30 juillet 2003, Mme Chatin-Tsai

    Le moyen tiré de l'irrégularité de la composition d'une juridiction au regard de l'impartialité est d'ordre public.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  558. 2003 CE, 17 octobre 2003, Bouhsane

    Le juge exerce un contrôle normal sur la menace à l'ordre public opposée à un étranger demandant un titre de séjour.

    Conseil d’État Police administrative

  559. 2003 CE, 20 juin 2003, Stilinovic

    L'autorité disciplinaire n'est pas liée par l'avis du conseil de discipline et commet une erreur de droit en s'engageant à le suivre. La portée : l'avis demeure consultatif et seule la décision est attaquable.

    Conseil d’État Fonction publique

  560. 2003 CC, n° 2003-471 DC du 24 avril 2003, Assistants d’éducation

    L'article 6 de la Déclaration de 1789 s'applique au recrutement des agents non titulaires. La portée : l'égal accès selon les capacités ne protège pas seulement l'accès aux corps de fonctionnaires.

    Conseil constitutionnel Fonction publique

  561. 2004 CC, 10 juin 2004, n° 2004-496 DC, Loi pour la confiance dans l'économie numérique

    La transposition des directives communautaires constitue une exigence constitutionnelle découlant de l'article 88-1 de la Constitution. La transposition ne peut aller à l'encontre d'une règle ou d'un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  562. 2004 CE, Ass., 2004, Consorts Botella

    Le lien causal entre la carence fautive de l'État dans la prévention du risque amiante et les maladies professionnelles développées est établi. La portée : illustre la causalité adéquate dans les chaînes causales complexes.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  563. 2004 CE, 2004, Mme Hauchemaille

    La responsabilité de l'État est engagée de plein droit dès lors que le dommage est directement causé par des violences commises au cours d'un attroupement ou rassemblement. Il n'est pas nécessaire d'établir une faute des forces de l'ordre.

    Conseil d’État Organisation administrative

  564. 2004 CE, 2004, Sueur

    Le Conseil d'État juge légale l'ordonnance du 17 juin 2004 relative aux contrats de partenariat. Il valide l'ajout de la complexité du montage comme troisième justification du recours au partenariat.

    Conseil d’État Organisation administrative

  565. 2004 CE, 6 février 2004, Hallal

    Le juge peut corriger les motifs erronés d'une décision sans annuler l'acte (technique de la substitution de motifs). La condition : les motifs substitués sont légaux et n'ont pas privé l'administré d'une garantie procédurale.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  566. 2004 CE, Ass., 11 mai 2004, Association AC !

    Le juge peut moduler dans le temps les effets d'une annulation pour préserver la sécurité juridique. La portée : atténuation du principe de rétroactivité de l'annulation.

    Conseil d’État Recours contentieux

  567. 2004 CE, Ass., 11 mai 2004, Association AC ! et autres (GAJA n° 99)

    Le Conseil d'État reconnaît au juge administratif le pouvoir de moduler dans le temps les effets de ses annulations contentieuses. Motif : en application du principe de sécurité juridique, pour éviter que l'effet rétroactif automatique de l'annulation cause des perturbations excessives à l'ordonnancement juridique.

    Conseil d’État Organisation administrative

  568. 2004 CE, Sect., 27 février 2004, Mme Popin

    La justice est rendue de façon indivisible au nom de l'État par toutes les juridictions nationales, y compris les CAA. La portée : arrêt fondant le caractère unitaire de l'ordre administratif.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  569. 2004 CE, Sect., 3 mai 2004, Union française pour la cohésion nationale

    La loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l'école est compatible avec l'article 9 de la CEDH. La restriction repose sur une base légale, poursuit un but légitime et est non disproportionnée.

    Conseil d’État Service public

  570. 2004 CEDH, Gr. Ch., 30 novembre 2004, Öneryıldız c. Turquie, n° 48939/99

    La Turquie est condamnée pour violation de l'article 2 CESDH en raison de la carence des autorités à prendre des mesures préventives adéquates pour protéger la vie. La portée : consécration de la portée des obligations positives de protection de la vie en cas de catastrophe prévisible.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  571. 2004 CE, Sect., 15 juillet 2004, Époux Damon

    Le délai de recours du tiers contre le rejet implicite de son recours gracieux dirigé contre un permis de construire court dès la naissance de ce rejet, même sans accusé de réception régulier.

    Conseil d’État Recours contentieux

  572. 2004 TC, 29 décembre 2004, Époux Blanckeman c/ Voies navigables de France

    Les litiges nés des activités de réglementation, de police ou de contrôle d'un établissement public industriel et commercial relèvent du juge administratif.

    Tribunal des conflits Service public

  573. 2004 CE, Sect., 7 juillet 2004, Ministre de l'intérieur c/ Benkerrou

    Le pouvoir réglementaire compétent pour régir une activité peut prévoir des sanctions administratives sans que le principe de légalité des délits et des peines impose l'intervention de la loi.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatLégalité ordinaire

  574. 2004 CC, 19 novembre 2004, n° 2004-505 DC, Traité établissant une Constitution pour l'Europe

    La clause de primauté du traité ne modifie pas la portée antérieure du principe : la Constitution reste au sommet de l'ordre interne.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  575. 2004 CE, 12 mai 2004, Commune de Rogerville

    Le juge ayant statué en référé-suspension peut siéger dans la formation qui juge l'affaire au fond.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  576. 2004 CE, Sect., 22 octobre 2004, Lamblin

    La personne publique qui reprend l'activité d'une entité privée doit proposer aux salariés un contrat de droit public reprenant les clauses substantielles de leur contrat, et les licencier en cas de refus. La portée : régime de la reprise en régie d'une activité privée.

    Conseil d’État Fonction publique

  577. 2004 TC, 19 janvier 2004, Mohamed-Sta

    La personne recrutée sous contrat de droit privé dans un service public ne devient pas agent public lorsque la loi qualifie ce contrat de contrat de droit privé. La portée : limite législative à la jurisprudence Berkani.

    Tribunal des conflits Fonction publique

  578. 2004 CJCE, 30 septembre 2004, Briheche (C-319/03)

    Réserver aux veuves non remariées l'inopposabilité des limites d'âge pour l'accès aux emplois publics est contraire au principe d'égalité de traitement. La portée : l'égalité entre les sexes profite aussi aux hommes.

    CJUE Fonction publique

  579. 2005 CC, 28 avril 2005, Registre international français (n° 2005-514 DC)

    La valeur constitutionnelle de l'ensemble des droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004 est expressément reconnue. Cette reconnaissance fait suite à son intégration au Préambule par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  580. 2005 CE, 16 mars 2005, Mme Burbaud

    Le cours l’utilise pour illustrer l’influence du droit de l’Union sur l’accès à la fonction publique.

    Conseil d’État Fonction publique

  581. 2005 CE, 1913, Tiry et CE, 2005, Karsenty

    L'impartialité est un principe général du droit applicable à l'ensemble des juridictions administratives, dont les CAA. La portée : condition d'un procès équitable au sens de l'article 6 § 1 CEDH.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  582. 2005 CE, 2005, Commune de Badinières

    En présence d'une urgence créant un péril particulièrement grave et imminent affectant un immeuble, le maire peut au titre de sa PAG prescrire toute mesure de sécurité nécessaire, sans passer par la procédure de PAS.

    Conseil d’État Police administrative

  583. 2005 CE, 2005, Commune de Montferrand

    Un tir de gendarme effectué lors d'une opération de maintien de l'ordre relève de la PJ dès lors qu'il intervient dans le cadre de la recherche et de l'appréhension des auteurs d'une infraction. La portée : la responsabilité de l'État est engagée devant le juge judiciaire.

    Conseil d’État Police administrative

  584. 2005 CE, 2005, Karsenty

    L'impartialité est un principe général du droit applicable à l'ensemble des juridictions administratives. La portée : consécration explicite de sa valeur en tant que PGD.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  585. 2005 CE, 2005, Mlle Deprez et Baillard

    Le contrôle de constitutionnalité des lois appartient exclusivement au Conseil constitutionnel. La portée : la jurisprudence Arrighi est confirmée et renforcée dans son fondement institutionnel.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  586. 2005 CE, 2005, Région Nord-Pas-de-Calais

    Définit le contenu minimal de la publicité dans un support adapté pour les MAPA (marchés à procédure adaptée) : marchés inférieurs à 90 000 euros. Le pouvoir adjudicateur (entité publique ayant droit de lancer procédures de passation de marchés publics) assure aux candidats potentiels : l’objet du marché, les critères de sélection, les modalités de concurrence envisagées.

    Conseil d’État Organisation administrative

  587. 2005 CE, 21 novembre 2005, Boisvert

    Il n'existe pas d'incompatibilité de principe entre le régime de l'état d'urgence issu de la loi du 3 avril 1955 et la Constitution du 4 octobre 1958. La portée : la loi de 1955 demeure en vigueur sous la Ve République et constitue une base législative valable pour la restriction des libertés.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  588. 2005 CE, Sect., 18 novembre 2005, Houlbrèque

    Le RAPO doit offrir les mêmes garanties procédurales que celles prévalant lors de l'élaboration de la décision initiale. Toute garantie supprimée par le RAPO vicie la décision de substitution.

    Conseil d’État Recours contentieux

  589. 2005 CE, Sect., 2005, Ilouane

    L'autorité compétente pour retirer ou abroger une décision est celle qui, à la date du retrait, est compétente pour prendre la décision ou, s'il s'agit d'une décision individuelle, son supérieur hiérarchique.

    Conseil d’État Organisation administrative

  590. 2005 CE, Sect., 2005, Louis (contentieux des ordres professionnels)

    Dans ce contentieux spécifique, toute personne ayant intérêt peut former un RAPO. Cette règle constitue une dérogation à la règle de l'énumération limitée des requérants.

    Conseil d’État Recours contentieux

  591. 2005 CE, Ass., 18 novembre 2005, Société fermière de Campoloro

    Le préfet peut procéder à la tutelle de substitution financière à l'égard d'une collectivité territoriale qui refuse d'exécuter une condamnation pécuniaire. La condition : les biens saisis ne doivent pas être indispensables à un service public.

    Conseil d’État Police administrative

  592. 2005 CEDH, 2005, Ramirez Sanchez c. France

    La France est condamnée pour absence de recours effectif contre les décisions de placement à l'isolement d'un détenu. La portée : cette décision a accéléré l'évolution de la jurisprudence administrative française vers la justiciabilité des mesures pénitentiaires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  593. 2005 CJCE, 11 janvier 2005, Stadt Halle

    La présence de capitaux privés dans le capital d'une entité exclut le recours à la quasi-régie. La portée : délimitation des limites de la quasi-régie en présence d'acteurs privés, fondant la distinction entre SPL et SEM.

    CJUE Service public

  594. 2005 TC, 2005, Centre national d'études spatiales (CNES)

    Un contrat passé spontanément en application du CMP par un EPIC non soumis à ce code est administratif s'il contient des clauses exorbitantes du droit commun. Confirme la permanence du critère jurisprudentiel hors champ législatif.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  595. 2005 TC, 2005, Mme Alberti-Scott

    La distribution d'eau potable constitue un SPIC, son objet suffisant à le qualifier comme tel. La portée : confirmation de la valeur autonome du critère objectif dans les deux sens.

    Tribunal des conflits Service public

  596. 2005 CC, 21 avril 2005, n° 2005-512 DC, Avenir de l'école

    Le Conseil constitutionnel peut constater, lors de son contrôle a priori, le caractère réglementaire de dispositions figurant dans une loi. La portée : ouverture d'un déclassement préventif qui facilite leur modification ultérieure par décret, sans revenir sur la solution de 1982 selon laquelle l'empiètement n'est pas en soi inconstitutionnel.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  597. 2005 CE, 2 novembre 2005, Société coopérative agricole Ax'ion

    L'exclusion de toute indemnisation par la loi ne se présume pas du silence du texte. La portée : assouplissement apparent de La Fleurette.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  598. 2005 CC, 29 décembre 2005, n° 2005-530 DC, Loi de finances pour 2006

    La complexité excessive d'une disposition, non justifiée par un motif d'intérêt général suffisant, entraîne sa censure.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  599. 2005 CE, 23 mars 2005, Société financière Hottinguer

    Une irrégularité de la procédure de sanction au regard de l'article 6 peut être couverte par le recours de pleine juridiction qui permet d'y remédier.

    Conseil d’État Recours contentieux

  600. 2005 CE, 20 avril 2005, Union des familles en Europe

    Le principe d'égalité n'impose pas de traiter différemment des personnes placées dans des situations différentes.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  601. 2005 CE, réf., 25 août 2005, Commune de Massat

    La liberté de culte est une liberté fondamentale au sens du référé-liberté.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  602. 2006 CC, 27 juillet 2006, n° 2006-540 DC, Loi relative au droit d'auteur

    La transposition d'une directive ne saurait aller à l'encontre d'une règle ou d'un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France, sauf si le constituant y a expressément consenti. La portée : consécration de la réserve d'identité constitutionnelle.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  603. 2006 CC, décision n° 2006-543 DC du 30 novembre 2006 (Loi relative au secteur de l'énergie)

    Le Conseil constitutionnel consacre la valeur constitutionnelle de la liberté contractuelle, fondée sur l'article 4 de la DDHC.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  604. 2006 CE Ass., 11 décembre 2006, Conseil national de l'ordre des médecins

    La loi peut modifier ou abroger les dispositions législatives d'une ordonnance ratifiée. La portée : illustration de la distinction entre rôle consultatif du Conseil d'État pour les ordonnances et le régime des textes d'application.

    Conseil d’État Administration d’État

  605. 2006 CE Ass., 2006, Syndicat CFDT du ministère des Affaires étrangères

    La liberté de choix dans la nomination aux emplois supérieurs est absolue. La portée : confirmation du caractère discrétionnaire de la nomination du préfet de région.

    Conseil d’État Administration d’État

  606. 2006 CE, 13 juillet 2006, France Nature Environnement

    Parmi les moyens invocables contre une ordonnance figure la violation de la loi d'habilitation. La loi d'habilitation constitue le cadre et la limite de l'ordonnance.

    Conseil d’État Administration d’État

  607. 2006 CE, 20 octobre 2006, Commune d'Andeville

    Le juge du référé précontractuel peut prononcer l'annulation de la procédure alors même que seule la suspension lui était demandée. La portée : le juge dispose des pouvoirs les plus larges pour mettre fin aux manquements constatés.

    Conseil d’État Organisation administrative

  608. 2006 CE, 19 juin 2006, Association Eau et rivières de Bretagne

    Certaines dispositions constitutionnelles ne produisent pas d'effet direct suffisant pour servir de base à un recours contre un acte administratif. L'imprécision de certaines normes constitutionnelles s'ajoute à l'écran législatif pour rendre le contrôle encore plus difficile.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  609. 2006 CE, 2006, Office national de la chasse et de la faune sauvage

    Même une décision accordant un avantage financier qui n'a pas été formellement notifiée mais révélée par les circonstances est créatrice de droits. Elle ne peut être retirée, sauf dispositions législatives contraires, que dans le délai de quatre mois.

    Conseil d’État Organisation administrative

  610. 2006 CE, 2006, Société Neuf Télécom

    L'obligation d'abrogation d'une décision individuelle non créatrice de droits devenue illégale ne joue que si la décision n'est pas devenue définitive. La condition : elle doit être encore susceptible de recours contentieux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  611. 2006 CE, Ass., 24 mars 2006, Rolin et Boisvert

    Le Conseil d'État se reconnaît compétent pour contrôler la légalité du décret déclarant l'état d'urgence avant sa prorogation législative. Le décret de déclaration n'est pas un acte de gouvernement mais un acte administratif susceptible d'un recours en annulation.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exception

  612. 2006 CE, 25 janvier 2006, Commune de Roquebrune-Cap-Martin

    L'autonomie financière constitue une composante de la libre administration. Les dotations de l'État ne peuvent être réduites au point de priver les collectivités de toute capacité d'action réelle.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  613. 2006 CE, Ass., 31 mai 2006, Ordre des avocats au barreau de Paris

    La création d'une activité de service public à caractère économique est soumise à la condition d'intérêt public et de carence de l'initiative privée. La portée : actualisation de la jurisprudence Nevers.

    Conseil d’État Service publicAdministration décentralisée

  614. 2006 CE, Ass., 24 mars 2006, Société KPMG et autres

    Le pouvoir réglementaire peut être tenu d'assortir une nouvelle réglementation de mesures transitoires lorsque son application immédiate porterait une atteinte excessive à des situations contractuelles légalement constituées. La portée : précision des limites du principe d'application immédiate.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrative

  615. 2006 CE, Sect., 13 décembre 2006, Mme Lacroix

    L'obligation d'adopter des mesures transitoires s'étend à toute réglementation nouvelle dont l'application immédiate causerait, au regard de son objet et de ses effets, une atteinte excessive aux intérêts publics ou privés en cause. L'obligation d'édicter des mesures transitoires est étendue au-delà des seules situations contractuelles.

    Conseil d’État Organisation administrative

  616. 2006 CE, Sect., 10 mars 2006, Société Leroy-Merlin

    Une procédure de RAPO ne s'applique qu'aux personnes expressément énumérées par les dispositions qui l'organisent. La portée : principe de l'interprétation stricte du champ d'application du RAPO.

    Conseil d’État Recours contentieux

  617. 2006 CEDH, 2006, Martinie c/ France

    La présence muette du commissaire du gouvernement au délibéré du Conseil d'État est compatible avec l'article 6 § 1 CEDH. La portée : confirmation du régime issu du décret du 1er août 2006.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  618. 2006 CEDH, 9 novembre 2006, Sacilor-Lormines c. France

    Le dualisme fonctionnel du Conseil d'État est compatible avec les exigences du procès équitable (art. 6 § 1 ConvEDH). La portée : validation de la coexistence des fonctions consultative et juridictionnelle au sein de la même institution.

    Conseil d’État Administration d’État

  619. 2006 CC, 14 décembre 2006, n° 2006-544 DC, LFSS pour 2007

    Le législateur ne peut subordonner l'exercice du pouvoir réglementaire du Premier ministre à l'avis conforme d'une autorité administrative indépendante, en l'occurrence la CNIL. La portée : protection de la compétence que le Premier ministre tient de l'article 21 de la Constitution.

    Conseil constitutionnel Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  620. 2006 CE, Sect., 1er février 2006, Garde des Sceaux c/ MAIF

    La victime d'un mineur délinquant placé peut rechercher la responsabilité sans faute de l'État ou celle du gardien. La portée : cumul des responsabilités sans faute.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  621. 2006 CE, 25 janvier 2006, SARL Potchou

    Première condamnation de l'État par le Conseil d'État statuant en premier ressort pour la durée excessive d'une procédure devant la juridiction administrative.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  622. 2006 CE, 24 février 2006, Levenez

    Le Conseil d'État s'aligne sur l'arrêt Draon de la Cour européenne en écartant l'application rétroactive de la loi anti-Perruche aux instances en cours.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeLégalité ordinaire

  623. 2006 CE, 11 décembre 2006, Société De Groot en Slot Allium

    La réponse de la Cour de justice à une question préjudicielle s'impose au juge national, y compris pour les éléments dépassant la question posée.

    Conseil d’État Juridiction administrativeLégalité ordinaire

  624. 2006 CE, Ass., 6 avril 2006, Ligue pour la protection des oiseaux

    Le principe de précaution consacré par la Charte de l'environnement est directement invocable devant le juge administratif.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  625. 2006 CE, 15 décembre 2006, Association United Sikhs

    Aucune conviction religieuse ne dispense de figurer tête nue sur la photographie d'un titre d'identité.

    Conseil d’État Service publicPolice administrative

  626. 2006 CJCE, gr. ch., 4 juillet 2006, Adeneler (C-212/04)

    Le renouvellement de contrats à durée déterminée successifs ne peut être justifié par la seule existence d'une disposition générale qui l'autorise ; il faut des raisons objectives tenant aux tâches. La portée : lutte contre l'abus de contrats précaires, y compris chez les employeurs publics.

    CJUE Fonction publique

  627. 2007 CC, 2006, Loi de financement de la sécurité sociale pour 2007

    Subordonner un décret du Premier ministre à un avis conforme d'une AAI (en l'espèce la CNIL) violerait l'article 21 de la Constitution. La portée : préservation de la primauté du pouvoir réglementaire sur les autorités indépendantes.

    Conseil constitutionnel Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  628. 2007 CE, Sect., 22 février 2007, APREI

    Même en l'absence de prérogatives de puissance publique, le juge peut déduire l'existence d'une mission de service public à partir de l'intérêt général de l'activité, de ses conditions de création, d'organisation, des obligations imposées et des mesures de vérification des objectifs. La portée : consécration de l'intérêt général comme critère pivot de la qualification.

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  629. 2007 CE, 2007, Sachot

    L'avis des commissions régionales de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux constitue une mesure préparatoire. La portée : illustration de référence de la catégorie des actes préparatoires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  630. 2007 CE, 2007, Union syndicale des magistrats administratifs

    Le Conseil d'État reprend la règle du déport issue de la jurisprudence Sacilor-Lormines et en confirme le caractère obligatoire. La portée : fondement de la règle interne de déport codifiée en 2008.

    Conseil d’État Administration d’État

  631. 2007 CE, 2007, Ville de Lyon

    Le juge du référé-liberté peut prononcer des mesures non provisoires ou irréversibles si elles constituent le seul moyen de sauvegarder la liberté fondamentale menacée. La portée : exception à la règle des mesures provisoires.

    Conseil d’État Recours contentieux

  632. 2007 CE, 21 mars 2007, Commune de Boulogne-Billancourt

    La personne publique est réputée assurer elle-même la gestion du service lorsqu'elle crée une personne morale dont l'objet exclusif est la gestion du service et qu'elle la contrôle comme ses propres services. La portée : consécration en droit interne des critères de la transparence (quasi-régie), permettant l'attribution directe sans mise en concurrence.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  633. 2007 CE, Ass., 14 décembre 2007, Boussouar

    Le changement d'affectation d'un établissement pour peine vers une maison d'arrêt est une décision susceptible de REP. La portée : instauration d'un raisonnement par types de décisions et non plus décision par décision.

    Conseil d’État Organisation administrative

  634. 2007 CE, Ass., 14 décembre 2007, Payet

    La mesure de rotation de sécurité consistant à transférer fréquemment un détenu dangereux entre établissements est susceptible de REP. La portée : précision de la méthode de raisonnement par types de décisions.

    Conseil d’État Organisation administrative

  635. 2007 CE, Ass., 14 décembre 2007, Planchenault

    La décision de déclassement d'emploi d'un détenu dans son établissement pour peine est susceptible de REP. Le contrôle du juge se limite à l'erreur manifeste d'appréciation en raison de la marge d'appréciation reconnue à l'Administration pénitentiaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  636. 2007 CE, Ass., 16 juillet 2007, Société Tropic Travaux Signalisation

    Un nouveau recours de plein contentieux est créé pour les concurrents évincés, leur permettant de demander l'annulation ou la résiliation du contrat, dans un délai de deux mois à compter de la publication de l'avis d'attribution. La portée : première brèche majeure dans l'irrecevabilité de principe.

    Conseil d’État Organisation administrativeRecours contentieux

  637. 2007 CE, Ass., 14 décembre 2007, Boussouard

    Le juge raisonne désormais par types de décisions et non plus décision par décision. La portée : arrêts de synthèse définissant la méthode contemporaine de qualification des MOI pénitentiaires.

    Conseil d’État Organisation administrative

  638. 2007 CE, Ass., 2007, Gardedieu

    La responsabilité de l'État peut être engagée du fait d'une loi incompatible avec les engagements internationaux de la France. La portée : ouverture du droit à réparation au bénéfice des justiciables lésés.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrativeResponsabilité administrative

  639. 2007 CE, Ass., 2007, Lagier et Consorts Loth

    Les modalités d'évaluation du préjudice corporel sont unifiées par l'adoption de méthodes harmonisées entre les deux ordres de juridiction. La portée : contribution à la convergence des pratiques d'indemnisation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  640. 2007 CE, Sect., 6 avril 2007, Commune d'Aix-en-Provence

    Les collectivités publiques peuvent gérer un service public en régie simple, en régie autonome ou en régie personnalisée. La portée : arrêt de synthèse fixant les modalités de la gestion directe et distinguant clairement les trois formes de régie.

    Conseil d’État Service publicOrganisation administrative

  641. 2007 CE, Ass., 8 février 2007, Société Arcelor Atlantique et Lorraine

    Pour contrôler la constitutionnalité d'un décret transposant une directive, le juge recherche d'abord si un principe équivalent existe en droit de l'Union. Si l'équivalent existe, le contrôle s'effectue sur ce terrain et la CJUE peut être saisie.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  642. 2007 CE, Section, 2007, Syndicat EGF-BTP et autres

    Valide les dispositions du CMP 2006 relatives aux procédures de passation. Confirme la légalité du nouveau code et des procédures qu'il instaure.

    Conseil d’État Organisation administrative

  643. 2007 TC, 19 mars 2007, Préfet du Val-de-Marne

    La violation du principe de libre administration peut être constitutive d'une voie de fait. La portée : renforcement de la protection constitutionnelle de l'autonomie du département dans l'exercice de ses compétences.

    Tribunal des conflits Administration décentraliséeOrganisation administrative

  644. 2007 TC, 2007, Société Codiam

    Un contrat de gestion d'équipements télévisuels dans un hôpital public ne satisfait pas au critère de l'objet de service public (porte sur les besoins du service et non son exécution) L’arrêt confirme la frontière entre participation à l'exécution du service et satisfaction des besoins du service.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  645. 2007 CE, 12 décembre 2007, Sire

    La modulation dans le temps des effets d'une annulation peut s'appliquer à une décision individuelle, ici la nomination d'un magistrat.

    Conseil d’État Recours contentieux

  646. 2007 CE, 21 décembre 2007, Lipietz

    Le juge administratif n'est compétent pour la responsabilité d'une personne privée que si le dommage se rattache à l'exercice de prérogatives de puissance publique ; l'action contre la SNCF pour la déportation relève du juge judiciaire.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  647. 2007 CE, 25 mai 2007, Courty

    Le régime issu du décret du 1er août 2006, qui maintient la présence du rapporteur public au délibéré du Conseil d'État sauf opposition d'une partie, est conforme à l'article 6.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  648. 2007 CE, Sect., 21 mars 2007, Garnier

    Le requérant peut invoquer devant le juge des moyens non soulevés dans son recours administratif préalable obligatoire.

    Conseil d’État Recours contentieux

  649. 2007 CEDH, gr. ch., 19 avril 2007, Vilho Eskelinen c/ Finlande

    L'article 6 s'applique en principe aux litiges des agents publics, sauf si le droit interne exclut expressément l'accès au juge pour un motif objectif d'intérêt de l'État. La portée : abandon du critère fonctionnel de Pellegrin.

    CEDH Fonction publique

  650. 2008 CC, décision n° 2008-567 DC du 24 juillet 2008

    La confusion des missions de conception, construction, entretien et exploitation dans un même contrat est une dérogation au droit commun de la commande publique. Elle doit rester exceptionnelle et n'est justifiée que par l'urgence ou la complexité.

    Conseil constitutionnel Organisation administrative

  651. 2008 CE Sect., 14 mars 2008, Fagart

    En matière de police spéciale des antennes-relais, la compétence du maire est progressivement encadrée. La portée : précision des limites des pouvoirs de police municipale face aux régimes nationaux spéciaux.

    Conseil d’État Administration d’État

  652. 2008 CE, 2008, Département de la Vendée

    Le juge administratif exerce un contrôle de l'erreur manifeste d'appréciation sur le choix du délégataire d'un service public. Ce contrôle suppose que les critères du choix aient été rendus publics.

    Conseil d’État Organisation administrative

  653. 2008 CE, 2008, Rogier

    Le transfert d'une maison d'arrêt vers un établissement pour peine est en principe une MOI dès lors qu'il est globalement favorable au détenu. La réserve : sauf atteinte à ses droits et libertés fondamentaux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  654. 2008 CE, 2008, Section française de l'OIP

    La mise à l'isolement à titre préventif dans une cellule disciplinaire, dans l'attente de la décision disciplinaire, constitue une décision administrative susceptible de contrôle. La portée : abandon de CE, 2003, Frrot qui les qualifiait encore de MOI.

    Conseil d’État Organisation administrative

  655. 2008 CE, 2008, Société Smirgeomes

    Le juge doit vérifier si les manquements invoqués par le candidat sont susceptibles de l'avoir lésé. La portée : arrêt fondateur du filtre de recevabilité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  656. 2008 CE, 2008, Époux Zaouiya

    La mort d'un détenu par asphyxie engage la responsabilité de l'État pour faute simple du service pénitentiaire. La portée : achève le passage à la faute simple en matière de surveillance des détenus.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  657. 2008 CE, Sect., 10 avril 2008, Conseil national des barreaux

    Le juge administratif peut contrôler la compatibilité d'une directive avec les droits fondamentaux garantis par la CEDH. En l'absence de difficulté sérieuse, il statue directement ; dans le cas contraire, il saisit la CJUE.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  658. 2008 CE, Sect., 2008, Portalis

    L'Administration peut abroger pour l'avenir sa décision d'accorder la protection fonctionnelle si elle constate postérieurement l'existence d'une faute personnelle non identifiée à l'origine. Elle ne peut pas la retirer rétroactivement pour le passé.

    Conseil d’État Organisation administrative

  659. 2008 CE, Section, 2008, Société Décaux c. Département des Alpes-Maritimes

    Les prestations effectuées en exécution d'un contrat nul sont indemnisées sur le terrain quasi délictuel ou quasi contractuel, et non sur le terrain contractuel. AUTRES APPORTS DE LA JURISPRUDENCE :.

    Conseil d’État Organisation administrative

  660. 2008 CEDH, 20 mars 2008, Boudaïeva c. Russie, n° 15339/02

    L'article 2 de la CESDH impose aux États de mettre en place une réglementation préventive, d'informer la population des risques et d'assurer des mesures d'évacuation adaptées. La portée : consécration des obligations positives de protection de la vie face à des risques prévisibles de grande échelle, directement transposable à la gestion d'une pandémie.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  661. 2008 CE, 18 juin 2008, Gestas

    La responsabilité de l'État peut être engagée du fait du contenu d'une décision juridictionnelle définitive entachée d'une violation manifeste du droit de l'Union. La portée : exception à l'immunité posée par Darmont.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeJuridiction administrative

  662. 2008 CE, Sect., 31 décembre 2008, Cavallo

    Le contrat irrégulier d'un agent contractuel crée des droits : l'administration doit chercher à le régulariser avant de pouvoir y mettre fin.

    Conseil d’État Fonction publique

  663. 2008 CE, 14 novembre 2008, El Shennawy

    Le régime des fouilles appliqué à un détenu est susceptible de recours pour excès de pouvoir.

    Conseil d’État Organisation administrativePolice administrative

  664. 2009 CC, 10 juin 2009, HADOPI 1

    La loi HADOPI est censurée en ce qu'elle permettait à une AAI de suspendre l'accès à Internet sans intervention d'un juge. La portée : interdiction pour une AAI/API de porter atteinte à une liberté fondamentale sans l'intervention d'un juge.

    Conseil constitutionnel Administration d’ÉtatOrganisation administrative

  665. 2009 CE Sect., 2 octobre 2009, Commune de Royan

    La procédure de rescrit préfectoral informel existait en pratique avant d'être formalisée par la loi. La portée : illustration de la fonction de conseil du préfet auprès des collectivités.

    Conseil d’État Administration d’État

  666. 2009 CE, 2006, Société 9 Telecom, confirmé par CE, Sect., 2009, Coulibaly

    Les décisions créatrices de droits intangibles ne peuvent être abrogées que si elles sont illégales et dans le délai de quatre mois suivant leur édiction. La portée : alignement explicite sur la jurisprudence Ternon en matière d'abrogation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  667. 2009 CE, 2009, Société Avenance Enseignement et Santé

    En l'absence de réel risque d'exploitation pour le cocontractant, le contrat est un marché public et non une délégation de service public. La portée : précise la frontière entre DSP et marché public.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  668. 2009 CE, 2009, Époux Laruelle

    La carence de l'État à rendre effective l'obligation légale de scolarisation des enfants handicapés constitue une faute de service engageant sa responsabilité.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  669. 2009 CE, Ass., 16 février 2009, Société Atom

    Les sanctions administratives infligées à un administré relèvent du recours de plein contentieux. Le juge exerce un contrôle entier sur la sanction.

    Conseil d’État Recours contentieux

  670. 2009 CE, Ass., 28 décembre 2009, Commune de Béziers (Béziers I)

    Le juge du contrat doit, en cas de litige entre les parties, rechercher si la poursuite du contrat est possible plutôt que de prononcer systématiquement sa nullité. La portée : consécration d'une logique de loyauté contractuelle et de proportionnalité dans le RPJ contractuel.

    Conseil d’État Recours contentieuxOrganisation administrative

  671. 2009 CE, Ass., 30 octobre 2009, Mme Perreux

    Le cours l’utilise notamment en matière de discrimination syndicale et d’aménagement de la charge de la preuve.

    Conseil d’État Légalité ordinaireFonction publique

  672. 2009 CE, Sect., 6 mars 2009, Coulibaly

    Les conseils des ordres professionnels ont un caractère juridictionnel lorsqu'ils statuent en matière disciplinaire. La portée : illustration des critères de qualification d'une juridiction.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  673. 2009 CE, 8 avril 2009, Alcaly

    Une loi qui aurait pour effet de soustraire au contrôle du juge des actes administratifs contraires au droit de l'Union serait elle-même incompatible avec ce droit.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  674. 2009 CE, 10 avril 2009, El Haddioui

    Un jury de concours ne peut interroger un candidat sur ses origines ou ses pratiques religieuses ; de telles questions entachent d'illégalité les résultats. La portée : application de l'égal accès et de la neutralité du recrutement.

    Conseil d’État Fonction publique

  675. 2010 CC, 12 mai 2010, Loi relative à l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne

    La priorité de la QPC sur l'exception d'inconventionnalité n'empêche pas les juridictions de faire prévaloir les engagements internationaux sur une loi incompatible. La portée : constitutionnalité et conventionnalité restent distinctes et non concurrentes.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  676. 2010 CC, déc. n° 2010-12 QPC, 2 septembre 2010

    Les dispositions relatives à l'initiative citoyenne locale doivent respecter l'égalité des citoyens devant le suffrage. La portée : borne la portée des mécanismes participatifs à l'aune du principe d'égalité.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  677. 2010 CC, déc. n° 2010-618 DC, 9 décembre 2010, Loi de réforme des collectivités territoriales

    La suppression de la clause générale de compétence des régions et départements est validée. Cette suppression ne méconnaît pas le principe de libre administration.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  678. 2010 CE, 10 mars 2010, Société Decaux

    La condition d'ineffectivité du référé précontractuel doit être appréciée in concreto. La seule signature précoce du contrat ne suffit pas : il faut établir que le candidat a été concrètement privé de la possibilité d'exercer son recours.

    Conseil d’État Organisation administrative

  679. 2010 CE, 10 novembre 2010, France Agrimer

    Une passerelle entre le référé précontractuel et le référé contractuel est admise au profit du candidat qui ignorait la signature du marché qu'il avait attaqué.

    Conseil d’État Organisation administrative

  680. 2010 CE, 16 juin 2010, Diakité

    Le juge des référés-suspension peut exercer un contrôle de conventionnalité pour apprécier le doute sérieux quant à la légalité. Le moyen d'incompatibilité avec la CEDH est admissible en référé.

    Conseil d’État Recours contentieux

  681. 2010 CE, 2 mars 2010, Dalongeville

    Le juge exerce un contrôle entier de proportionnalité sur les sanctions disciplinaires applicables au maire. La portée : renforcement du contrôle juridictionnel des mesures prises à l'encontre des élus locaux.

    Conseil d’État Administration décentraliséeAdministration d’État

  682. 2010 CE, 2010, Commune de Sceaux

    Une police administrative générale locale ne peut priver d'effet une police administrative spéciale nationale. La portée : illustration du rôle structurant de la police nationale du Premier ministre dans l'architecture des polices administratives.

    Conseil d’État Police administrative

  683. 2010 CE, 2010, Société établissements Darras et Jouanin

    L'irrésistibilité de l'événement s'apprécie in concreto, en tenant compte des moyens dont disposait l'administration pour faire face à l'événement.

    Conseil d’État Organisation administrative

  684. 2010 CE, 2010, Ville de Paris et Association Paris Jean-Bouin

    En l'absence d'intérêt général et de rattachement à une personne publique, l'activité ne peut être qualifiée de service public. La portée : confirmation du caractère indispensable du critère matériel.

    Conseil d’État Service public

  685. 2010 CE, 23 décembre 2010, Conseil national de l'ordre des médecins

    Les personnes publiques sont libres de choisir de gérer elles-mêmes les missions de service public ou d'en confier la gestion à un tiers, sauf exceptions liées à la nature des fonctions. La portée : affirmation du principe de liberté du choix du mode de gestion.

    Conseil d’État Service public

  686. 2010 CE, Ass., 9 juillet 2010, Cheriet-Benseghir

    Le juge administratif se reconnaît désormais compétent pour vérifier lui-même si la condition de réciprocité de l'article 55 est remplie. Si elle ne l'est pas, le traité cesse d'être applicable dans l'ordre interne à l'égard de tous.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  687. 2010 CE, Ass., 9 juillet 2010, Fédération nationale de la libre pensée

    Le Conseil d'État refuse de contrôler la conformité d'un traité avec un autre traité, en l'absence de hiérarchie entre normes internationales. Il accepte toutefois de concilier les stipulations de deux traités concurrents.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  688. 2010 CE, avis contentieux, 29 avril 2010, EDF

    L'ouvrage public peut être détenu par une personne privée. La portée : extension de la notion d'ouvrage public au-delà du seul patrimoine des personnes publiques.

    Conseil d’État Organisation administrative

  689. 2010 CJUE, 22 juin 2010, Melki et Abdeli

    Le caractère prioritaire de la QPC ne remet pas en cause le principe de primauté du droit de l'Union. Le juge peut toujours écarter une loi contraire au droit de l'Union sans attendre la réponse du Conseil constitutionnel.

    CJUE Légalité ordinaire

  690. 2010 TC, 22 novembre 2010, SARL Brasserie du théâtre

    Le refus de renouvellement d'un titre d'occupation d'un bien du domaine privé communal est un acte de droit privé. Il relève du juge judiciaire dès lors qu'il n'affecte ni le périmètre ni la consistance du domaine.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  691. 2010 CE, 26 mai 2010, Mafille

    L'État ne répond du retard dans l'exécution d'une décision de justice que pour la part imputable au fonctionnement du service public de la justice.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  692. 2010 CE, 23 juillet 2010, Société Touax

    Les opérations militaires ne peuvent, par nature, engager la responsabilité de l'État, même sur le terrain de la rupture d'égalité devant les charges publiques.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  693. 2010 CE, 3 décembre 2010, Gandia

    La victime d'un dommage corporel n'est pas tenue de limiter son préjudice en se soumettant à des soins ou interventions.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  694. 2010 CE, 17 mars 2010, Alsace Nature

    Certaines prescriptions de la directive de 1985 relative à l'évaluation environnementale sont trop imprécises pour être invoquées contre un acte individuel.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  695. 2010 CC, 14 octobre 2010, n° 2010-52 QPC, Compagnie agricole de la Crau

    Une loi antérieure à 1958 peut faire l'objet d'une QPC.

    Conseil constitutionnel Recours contentieux

  696. 2010 CJUE, 8 septembre 2010, Winner Wetten

    La primauté du droit de l'Union interdit d'appliquer, même temporairement, une règle nationale qui lui est contraire.

    CJUE Légalité ordinaire

  697. 2010 CE, 22 octobre 2010, Mme Bleitrach

    L'absence d'aménagement des palais de justice pour un avocat handicapé engage la responsabilité de l'État sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  698. 2010 CE, 19 juillet 2010, Association du quartier Les Hauts de Choiseul

    Le principe de précaution peut être invoqué contre une autorisation d'urbanisme, ici l'implantation d'une antenne-relais.

    Conseil d’État Légalité ordinairePolice administrative

  699. 2010 CE, réf., 26 février 2010, Commune d'Orvault

    L'interdiction d'un spectacle sans risque avéré pour l'ordre public porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'expression.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  700. 2011 CE Ass., 26 octobre 2011, Commune de Saint-Denis

    La police spéciale des communications électroniques confiée à l'État exclut toute intervention du maire au titre de la police générale, en l'absence de péril imminent. La portée : confirmation du caractère exclusif de la police spéciale dans son champ propre.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatPolice administrative

  701. 2011 CE, 19 janvier 2011, Communauté d'agglomération du Grand Toulouse

    Les délais d'exercice du référé contractuel sont : un mois à compter de la publication de l'avis d'attribution ; six mois à compter de la signature si aucune publicité n'a été réalisée. Ces délais sont d'ordre public et leur méconnaissance entraîne l'irrecevabilité du recours.

    Conseil d’État Organisation administrative

  702. 2011 CE, 2011, Mme Cieutat

    La nomenclature Dintilhac est adoptée, distinguant préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux temporaires et permanents. La portée : harmonisation de l'évaluation pécuniaire en droit administratif.

    Conseil d’État Organisation administrative

  703. 2011 CE, 2011, Mme Sastre

    La responsabilité sans faute pour dommages permanents peut être engagée même lorsque l'ouvrage a été réalisé conformément aux normes techniques en vigueur. La condition : le préjudice subi excède les inconvénients normaux du voisinage.

    Conseil d’État Organisation administrative

  704. 2011 CE, Sect., 21 février 2011, Société Ophrys et Communauté d'agglomération Clermont-Communauté

    Le juge de l'exécution dispose de trois options graduées : poursuivre l'exécution, enjoindre la résiliation, ou prononcer la nullité en cas d'illégalité d'une particulière gravité. La portée : abandonne définitivement la logique d'automaticité de la nullité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  705. 2011 CE, Sect., 21 mars 2011, Commune de Béziers (Béziers II)

    Les cocontractants peuvent former un recours tendant à la reprise des relations contractuelles après une résiliation unilatérale. La portée : encadrement du pouvoir de résiliation unilatérale tout en maintenant la prééminence de l'intérêt général.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  706. 2011 CE, Sect., 21 mars 2011, Krupa

    L'exigence de faute lourde pour les activités fiscales d'établissement et de recouvrement de l'impôt est abandonnée. La faute simple suffit désormais pour engager la responsabilité de l'État du fait des services fiscaux.

    Conseil d’État Organisation administrativeResponsabilité administrative

  707. 2011 CE, Ass., 23 décembre 2011, Danthony

    Un vice de forme ou de procédure n'entraîne l'annulation d'une décision que s'il a exercé une influence sur le sens de la décision ou privé les intéressés d'une garantie. La portée : transformation radicale du régime de sanction des vices de légalité externe.

    Conseil d’État Recours contentieuxAdministration d’ÉtatPolice administrative

  708. 2011 CE, 23 décembre 2011, Département de la Guadeloupe

    L'entreprise attributaire n'est pas recevable à former un référé précontractuel contre la procédure qui lui a bénéficié. Seuls les candidats évincés disposent d'un intérêt à agir.

    Conseil d’État Organisation administrative

  709. 2011 CE, 23 mars 2011, Conseil général du Var

    Le juge du référé contractuel doit vérifier si l'annulation obligatoire du contrat ne porterait pas une atteinte excessive à l'intérêt général ou aux droits du titulaire. Si tel est le cas, il peut y substituer la réduction de la durée du contrat ou une pénalité financière.

    Conseil d’État Organisation administrative

  710. 2011 CE, 30 septembre 2011, Commune de Maizières-les-Metz

    Le référé contractuel est irrecevable faute pour le requérant d'avoir notifié son recours en référé précontractuel au pouvoir adjudicateur. AUTRES APPORTS DE LA JURISPRUDENCE :.

    Conseil d’État Organisation administrative

  711. 2011 CE, 4 mai 2011, CCI de Nîmes et autres

    Précise les limites de l'indemnisation en cas de résiliation pour intérêt général.

    Conseil d’État Organisation administrative

  712. 2011 CE, Ass., 23 décembre 2011, Kandyrine de Brito Paiva

    En cas d'incompatibilité entre deux traités applicables, le juge n'est pas amené à se prononcer sur leur hiérarchie. Il détermine uniquement la norme applicable et concilie leurs modalités d'application respectives.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  713. 2011 TC, 2011, SCEA du Chéneau

    Le juge judiciaire peut apprécier lui-même la légalité d'un acte administratif lorsqu'une jurisprudence administrative bien établie lui permet de le faire sans difficulté sérieuse. La portée : extension du champ de compétence du juge judiciaire pour les actes dont l'illégalité est certaine.

    Tribunal des conflits Juridiction administrativeRecours contentieux

  714. 2011 CE, Ass., 26 octobre 2011, Association pour la promotion de l'image

    Une ingérence dans la vie privée doit être adaptée, nécessaire et proportionnée à l'objectif poursuivi. La portée : formulation du triple test de proportionnalité par le juge administratif.

    Conseil d’État Police administrativeLégalité ordinaire

  715. 2011 CJUE, 24 novembre 2011, Commission c. Italie, aff. C-379/10

    Un État ne peut limiter aux cas de dol ou de faute grave sa responsabilité pour une violation du droit de l'Union commise par une juridiction suprême. La portée : renforcement de l'exigence posée par Köbler.

    CJUE Responsabilité administrative

  716. 2011 CE, 11 février 2011, Mlle Susilawati

    La responsabilité du fait d'une convention internationale suppose que celle-ci ait été régulièrement incorporée à l'ordre juridique interne. La portée : condition supplémentaire du régime.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  717. 2011 CE, 10 octobre 2011, CHU d'Angers, n° 328500

    L'établissement répond de l'infection nosocomiale même endogène, sauf cause étrangère. La portée : rigueur de la présomption issue de la loi de 2002.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  718. 2011 CE, Ass., 14 octobre 2011, Mme Saleh et autres

    La responsabilité de l'État peut être engagée du fait de l'application d'une règle coutumière internationale qu'aucune loi n'écarte, lorsqu'elle cause un préjudice grave et spécial.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeLégalité ordinaire

  719. 2011 CE, 11 mars 2011, Benzoni

    Les dispositions d'une ordonnance ratifiée ont valeur législative et peuvent faire l'objet d'une QPC.

    Conseil d’État Recours contentieux

  720. 2011 CE, 13 mai 2011, Mme M'Rida

    La déclaration d'inconstitutionnalité prononcée sur QPC s'applique, au besoin d'office, aux instances en cours.

    Conseil d’État Recours contentieux

  721. 2011 CC, 5 août 2011, n° 2011-157 QPC, Société Somodia

    La législation républicaine antérieure à 1946 consacre un principe fondamental reconnu par les lois de la République relatif au maintien du droit local d'Alsace-Moselle.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  722. 2011 CE, Ass., 19 juillet 2011, Commune de Trélazé (n° 308544)

    Une commune peut acquérir un orgue installé dans une église pour un usage mixte si un intérêt public local le justifie et si une convention exclut toute libéralité.

    Conseil d’État Administration décentraliséeService public

  723. 2011 CE, Ass., 19 juillet 2011, Commune de Montpellier

    Une commune peut ponctuellement mettre une salle à disposition d'un culte si les conditions financières excluent toute libéralité ; solution réinterprétée en 2019.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  724. 2011 CE, réf., 14 mars 2011, Commune de Galluis

    Priver un riverain de tout accès à la voie publique porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de propriété, liberté fondamentale.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  725. 2011 CJUE, 6 décembre 2011, Achughbabian

    La directive Retour s'oppose à l'emprisonnement pour seul séjour irrégulier tant que la procédure d'éloignement n'a pas été menée à son terme.

    CJUE Police administrative

  726. 2011 CE, Ass., 19 juillet 2011, Communauté urbaine du Mans, Le Mans Métropole (n° 309161)

    Une collectivité peut financer l'aménagement d'un abattoir temporaire pour l'Aïd lorsque l'opération répond à un intérêt public local, notamment de salubrité et de santé publiques, et exclut toute libéralité.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  727. 2011 CE, 10 janvier 2011, Lévèque

    Le dossier d'un fonctionnaire ne peut faire état de ses opinions ou activités politiques, syndicales, religieuses ou philosophiques. La portée : protection de la liberté d'opinion dans la gestion de la carrière.

    Conseil d’État Fonction publique

  728. 2011 CC, n° 2011-199 QPC du 25 novembre 2011

    L'absence de délai de prescription de l'action disciplinaire n'est pas contraire à la Constitution. La portée : le délai de trois ans a ensuite été instauré par la loi du 20 avril 2016.

    Conseil constitutionnel Fonction publique

  729. 2012 CE, 10 octobre 2012, SNC Alain Foulon Transports

    Une abrogation peut être implicite, résultant de l'incompatibilité entre le règlement ancien et une norme nouvelle. Une décision expresse d'abrogation n'est pas nécessaire.

    Conseil d’État Organisation administrative

  730. 2012 CE, 11 avril 2012, GISTI et FAPIL

    Une stipulation est d'effet direct si elle n'a pas pour objet exclusif de régir les relations entre États et n'exige l'intervention d'aucun acte complémentaire. La portée : présomption d'effet direct sauf si la stipulation ne régit que des rapports interétatiques.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  731. 2012 CE, 14 octobre 2012, Société Orange France

    La jurisprudence Béziers II est étendue aux conventions d'occupation du domaine public. Elle s'applique à l'ensemble des contrats administratifs, y compris les conventions domaniales.

    Conseil d’État Organisation administrative

  732. 2012 CE, 17 février 2012, Société Chiesi SA

    Le juge peut soulever d'office le moyen tiré du vice de procédure, même s'il ne constitue pas un moyen d'ordre public. La portée : élargissement du contrôle du juge sur les vices de procédure.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  733. 2012 CE, 19 décembre 2012, Société Grenke Location

    La compétence territoriale du juge du référé contractuel est celle du tribunal administratif dans le ressort duquel se situe le siège du pouvoir adjudicateur. Cette règle est distincte de celle applicable en matière de référé précontractuel.

    Conseil d’État Organisation administrative

  734. 2012 CE, 19 mars 2012, SA Groupe Partouche

    La convention obligatoire liant l'exploitant d'un casino à la commune a le caractère d'une DSP en raison des charges d'intérêt général imposées au cocontractant. Étend le critère de l'objet à des activités qui ne sont pas en elles-mêmes des services publics mais auxquelles des obligations de service public sont attachées.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  735. 2012 CE, 2012, Commune de Valence

    Le maire ne peut pas interdire la dissémination d'organismes génétiquement modifiés sur son territoire au titre de la police générale. La portée : confirmation des limites du pouvoir de police municipale face aux polices spéciales étatiques.

    Conseil d’État Police administrative

  736. 2012 CE, 21 décembre 2012, Société Groupe Canal +

    Les lignes directrices des autorités de régulation indépendantes sont contestables devant le juge administratif lorsqu'elles présentent un caractère impératif de fait. La portée : extension du contrôle du juge aux normes infra-réglementaires des AAI.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  737. 2012 CE, 23 mars 2012, Fédération Sud Santé Sociaux

    Le juge administratif peut apprécier la légalité d'actes de droit privé en cas de jurisprudence établie. La portée : symétrie avec la compétence reconnue au juge judiciaire.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  738. 2012 CE, 30 mai 2012, SARL Promotion de la restauration touristique

    Le recours gracieux contre la décision de résiliation n'interrompt pas le délai de recours contentieux de 2 mois ouvert par la jurisprudence Commune de Béziers II. Le délai court à compter de la date à laquelle le cocontractant a été informé de la mesure de résiliation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  739. 2012 CEDH, 5 juillet 2012, Association Témoins de Jéhovah c. France, n° 8916/05

    La France est condamnée pour avoir refusé aux Témoins de Jéhovah le bénéfice des facilités fiscales reconnues aux associations cultuelles. La portée : l'article 9 de la CESDH interdit toute discrimination entre cultes dans l'application de la réglementation nationale.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  740. 2012 CJUE, 29 novembre 2012, Econord SpA

    Précise la notion de contrôle analogue dans les hypothèses de contrôle conjoint de plusieurs collectivités sur une entité commune. Le contrôle doit être effectif et permettre d'influencer tant les objectifs stratégiques que les décisions importantes.

    CJUE Organisation administrative

  741. 2012 CE, réf., 10 février 2012, Fofana

    Une carence caractérisée de l'État dans la mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence, entraînant des conséquences graves pour la personne, peut faire apparaître une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La portée : ouverture limitée du référé-liberté à un droit-créance.

    Conseil d’État Recours contentieux

  742. 2012 CC, 12 octobre 2012, n° 2012-280 QPC, Société Groupe Canal Plus

    Une autorité administrative peut cumuler les fonctions de poursuite, d'instruction et de sanction si ces fonctions sont confiées à des personnes distinctes, la poursuite et l'instruction étant séparées du pouvoir de sanction. La portée : exigence d'impartialité appliquée aux autorités de régulation.

    Conseil constitutionnel Recours contentieuxOrganisation administrative

  743. 2012 CC, 8 juin 2012, n° 2012-253 QPC, M. Mickaël D.

    Le placement en cellule de dégrisement d'une personne en état d'ivresse sur la voie publique est une mesure de police administrative. La portée : illustration de la sécurité publique comme composante de l'ordre public.

    Conseil constitutionnel Police administrative

  744. 2012 CE, Sect., 8 mars 2012, Association Nice Volley-Ball

    Faute de prérogatives de puissance publique ou d'obligations révélant l'intention de l'administration, une association sportive n'assure pas une mission de service public. La portée : application rigoureuse du faisceau APREI.

    Conseil d’État Service public

  745. 2012 CE, 1er février 2012, EARL de l'étang de Galetas, n° 347205

    Le préjudice causé par une loi n'est indemnisable que s'il excède l'aléa inhérent à l'activité de la victime. La portée : appréciation concrète de l'anormalité.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  746. 2012 CE, 3 octobre 2012, Commune de Port-Vendres

    Les biens entrés dans le domaine public selon les critères jurisprudentiels antérieurs n'en sont pas sortis par l'effet de l'entrée en vigueur du code général de la propriété des personnes publiques.

    Conseil d’État Organisation administrative

  747. 2012 CC, n° 2012-281 QPC du 12 octobre 2012, Syndicat de défense des fonctionnaires

    Aucun principe constitutionnel n'impose que les corps de fonctionnaires soient affectés à des missions de service public.

    Conseil constitutionnel Fonction publiqueService public

  748. 2012 CE, 16 mai 2012, M. Claiman-Versini

    L'échange d'un permis de conduire étranger suppose que l'État de délivrance accorde la réciprocité, que le juge vérifie.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  749. 2012 CE, 6 décembre 2012, Société Air Algérie

    Lorsqu'un décret se borne à réitérer une loi de transposition, la loi fait écran : la contestation de sa constitutionnalité passe par la QPC.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  750. 2012 CE, 2 février 2012, Mme Le Pen

    Les changements intervenus dans la vie politique constituent un changement de circonstances justifiant le renvoi d'une QPC sur la publicité des parrainages présidentiels.

    Conseil d’État Recours contentieux

  751. 2012 CE, 22 février 2012, Gollnisch

    L'absence volontaire de l'agent à la séance du conseil de discipline n'entache pas d'irrégularité la procédure. La portée : l'agent ne peut se prévaloir d'une garantie à laquelle il a lui-même renoncé.

    Conseil d’État Fonction publique

  752. 2013 CE, 10 octobre 2013, Fédération française de gymnastique

    Si, au jour où l'Administration se prononce sur une demande d'abrogation, l'illégalité du règlement a disparu en raison d'un changement de circonstances, l'Administration n'est plus tenue d'y faire droit. La portée : limite temporelle à l'obligation d'abrogation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  753. 2013 CE, Ass., 13 novembre 2013, Dahan

    Le contrôle restreint en matière de sanctions disciplinaires des agents publics est abandonné. Le juge exerce désormais un contrôle normal sur la proportionnalité de la sanction aux faits reprochés.

    Conseil d’État Police administrativeFonction publiqueRecours contentieux

  754. 2013 CE, 13 novembre 2013, Monsieur A., n° 338720

    Les décisions refusant à un détenu de changer d'établissement ne constituent pas des actes susceptibles de REP. La portée : l'objectif de réinsertion sociale n'est pas au nombre de ces droits et libertés fondamentaux.

    Conseil d’État Organisation administrative

  755. 2013 CE, 15 mai 2013, Office public de l'habitat de Nice

    En l'absence de recours gracieux ou de demande de complétion de la transmission, le délai de déféré court à compter de la réception initiale de l'acte. La portée : précision sur le point de départ du délai de déféré.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  756. 2013 CE, 1er octobre 2013, Société Espace Habitat Construction

    Lorsque le contrat est entaché d'une illégalité d'une particulière gravité, le juge doit rejeter la demande de reprise des relations contractuelles. La portée : la nullité du contrat prime sur la régularité de la résiliation.

    Conseil d’État Organisation administrative

  757. 2013 CE, 2013, Fédération Force ouvrière énergie et Mines

    Les organes dirigeants d'un organisme privé responsable d'un service public peuvent réglementer le droit de grève de leurs agents. La portée : confirmation de l'applicabilité du principe de continuité aux personnes privées gestionnaires de service public.

    Conseil d’État Service public

  758. 2013 CE, 28 janvier 2013, Société Fehr Amid

    Le juge du référé contractuel ne peut pas accorder d'indemnisations au requérant. Son rôle est exclusivement de prononcer les sanctions prévues par les articles L. 551-18 à L. 551-20 CJA : annulation, réduction de durée, pénalité financière.

    Conseil d’État Organisation administrative

  759. 2013 CE, 30 janvier 2013, M. A

    La responsabilité de l'administration ne peut être engagée pour les dommages qui découlent directement et exclusivement de la situation irrégulière dans laquelle la victime s'est elle-même placée. La portée : illustre l'exigence de causalité adéquate.

    Conseil d’État Organisation administrativeService public

  760. 2013 CE, 5 juillet 2013, n° 361441, Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs

    Le gouvernement peut, sans violer le principe de laïcité, accorder des adaptations réglementaires pour permettre l'exercice des pratiques religieuses dans le respect des normes d'ordre public. La portée : illustration de la conciliation entre laïcité et liberté de culte applicable aux adaptations sanitaires.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  761. 2013 CE, 7 mai 2013, Société auxiliaire de parcs de la région parisienne

    La nécessité de mettre fin à une convention dépassant la durée légale d'une DSP constitue un motif d'intérêt général justifiant la résiliation unilatérale. La nécessité de mettre fin à une convention dépassant la durée légale d'une DSP constitue un motif d'intérêt général justifiant la résiliation unilatérale, sans saisine préalable du juge.

    Conseil d’État Organisation administrative

  762. 2013 CE, Ass., 25 septembre 2013, Mme Sadlon

    Un PGD imposant à l'administration de chercher à reclasser un agent titulaire d'un CDI est consacré lorsqu'elle souhaite le remplacer par un fonctionnaire. La portée : renouvellement des PGD dans le domaine du droit de la fonction publique.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  763. 2013 CE, Ord., 23 janvier 2013, Commune de Chirongui

    Le juge administratif est compétent pour faire cesser une voie de fait constitutive d'une atteinte à une liberté fondamentale, au titre des référés. La portée : réduction du monopole du juge judiciaire pour faire cesser la voie de fait.

    Conseil d’État Juridiction administrative

  764. 2013 CE, Sect., 19 avril 2013, CCI d'Angoulême

    Lorsqu'un juge du fond applique une nouvelle règle dégagée alors qu'une instance est en cours, il doit informer les parties de son existence afin qu'elles poursuivent leurs échanges en toute connaissance de cause. L'instruction peut être rouverte à cette fin.

    Conseil d’État Recours contentieux

  765. 2013 Cass. Soc., 19 mars 2013, CPAM de Seine-Saint-Denis (n° 12-11.690)

    L'obligation de neutralité s'applique aux personnels des personnes privées gérant un service public. La portée : les caisses de sécurité sociale doivent imposer à leurs agents le respect du principe de laïcité.

    Cour de cassation Service publicFonction publique

  766. 2013 TC, 17 juin 2013, Bergoend c/ Société ERDF Annecy Léman

    La voie de fait est limitée à l'extinction d'un droit de propriété ou à une atteinte à la liberté individuelle. La portée : redéfinition restrictive et recul majeur du champ de la catégorie.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeJuridiction administrative

  767. 2013 TC, 8 juillet 2013, ERDF, n° C3906

    Un contrat accessoire d'un contrat de droit public est administratif à condition que le lien entre les deux contrats soit suffisamment étroit. La portée : admet une nouvelle hypothèse de contrat administratif entre personnes privées.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  768. 2013 TC, 9 décembre 2013, EURL Aquagol, n° C3925

    Un concessionnaire privé de service public est regardé comme un « concessionnaire » au sens du décret-loi de 1938. Les litiges nés de conventions comportant occupation domaniale qu'il passe avec des tiers relèvent de la compétence administrative.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  769. 2013 TC, 9 décembre 2013, Époux Panizzon

    Le juge administratif est compétent pour constater, faire cesser et indemniser l'emprise non extinctive. La portée : redéfinition du régime de l'emprise irrégulière.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  770. 2013 CC, 5 juillet 2013, n° 2013-331 QPC, Société Numéricâble

    Les dispositions confiant à l'ARCEP, sans séparation des fonctions de poursuite et de jugement, le pouvoir de sanctionner méconnaissent le principe d'impartialité découlant de l'article 16 de la Déclaration de 1789. La portée : constitutionnalisation de l'exigence d'impartialité dans les procédures de sanction administrative.

    Conseil constitutionnel Recours contentieuxOrganisation administrative

  771. 2013 CE, 15 mai 2013, Commune de Gurmençon

    Les réserves d'interprétation du Conseil constitutionnel sont revêtues de l'autorité absolue de la chose jugée.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  772. 2013 CE, 22 mai 2013, M. Kriss

    La promotion de l'emploi par une meilleure répartition entre les générations justifie une limite d'âge pour les fonctionnaires.

    Conseil d’État Fonction publique

  773. 2013 CE, 15 février 2013, Association Grande confrérie de Saint-Martial

    Une subvention à une cérémonie cultuelle reste interdite, malgré sa dimension culturelle et touristique.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  774. 2013 CE, 16 octobre 2013, Garde des sceaux c/ M. F. et autres

    L'État engage sa responsabilité s'il n'agrée pas assez d'aumôniers pour permettre aux détenus de pratiquer leur culte.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeService public

  775. 2014 CE, ord., 9 janvier 2014, Ministre de l'Intérieur c/ Société Les Productions de la Plume et M. Dieudonné M'Bala M'Bala

    Des paroles antisémites, incitant à la haine raciale et faisant l'apologie des persécutions nazies peuvent justifier l'interdiction d'un spectacle, même sans troubles matériels. La portée : extension de l'ordre public immatériel aux atteintes verbales et symboliques.

    Conseil d’État Police administrative

  776. 2014 CE, 23 juillet 2014, Société Octapharma France

    Le juge peut prononcer une annulation partielle avec des effets différents selon les requérants. La portée : consécration de la modulation différenciée selon les parties.

    Conseil d’État Recours contentieux

  777. 2014 CE, Ass., 30 décembre 2014, Armor SNC / Département de la Vendée, n° 355563

    Une personne publique peut se porter candidate à l'attribution d'un contrat de commande publique pour répondre aux besoins d'une autre personne publique. La condition : cette candidature doit s'inscrire dans le prolongement d'une mission de service public et ne pas fausser les conditions de la concurrence.

    Conseil d’État Service public

  778. 2014 CE, Ass., 4 avril 2014, Département de Tarn-et-Garonne

    Tout tiers lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine peut former, dans un délai de deux mois, un recours de plein contentieux contestant la validité du contrat. La portée : fin de l'essentiel de la théorie des actes détachables pré-contractuels pour les tiers ordinaires.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieuxOrganisation administrative

  779. 2014 CEDH, 2 octobre 2014, Matelly c/ France

    La restriction absolue de la liberté d’association professionnelle des militaires est condamnée.

    CEDH Fonction publique

  780. 2014 Cass. Soc., 19 mars 2013, Crèche Baby-Loup (n° 11-28.845), confirmé par Ass. pln., 25 juin 2014

    Une crèche privée associative ne gérant pas de mission de service public ne peut pas imposer l'obligation de neutralité religieuse à ses salariées. La portée : seuls l'État et les activités de service public sont astreints à cette obligation.

    Cour de cassation Service public

  781. 2014 TC, 2014, SA Axa France IARD

    Un contrat entre personnes privées soumis à un régime exorbitant du droit commun peut être administratif, même sans clause exorbitante formellement identifiée. La portée : confirme la coexistence des trois critères matériels alternatifs.

    Tribunal des conflits Organisation administrativeResponsabilité administrative

  782. 2014 CE, 23 juillet 2014, Société d'éditions et de protection route (SEPR), n° 354365

    La responsabilité du fait d'une loi inconventionnelle ne peut reposer sur la portée donnée ensuite à la loi par la jurisprudence judiciaire. La portée : précision de Gardedieu.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  783. 2014 CE, 26 mars 2014, Société Neptune Distribution

    Le juge administratif vérifie la compatibilité d'une directive avec la Charte des droits fondamentaux et la Convention européenne, et saisit la Cour de justice en cas de difficulté sérieuse.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  784. 2014 CE, Ass., 30 juillet 2014, Vernes

    L'exécution d'un arrêt de la Cour européenne impose réparation et suppression de la source de la violation ; saisie d'une demande, l'autorité doit apprécier si une sanction qui produit encore des effets reste compatible avec la Convention.

    Conseil d’État Juridiction administrativeRecours contentieux

  785. 2014 CE, 25 juin 2014, M. Ngombé Ewola

    L'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant s'applique aux décisions qui affectent l'enfant de manière suffisamment directe et certaine, comme l'éloignement de ses parents.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  786. 2015 CC, 22 décembre 2015, n° 2015-527 QPC, M. Cédric D., Assignations à résidence

    Les assignations à résidence ne constituent pas une mesure de privation de la liberté individuelle au sens de l'article 66. La portée : compétence du seul juge administratif pour en contrôler la légalité, préparant le terrain juridictionnel à un éventuel transfert de ces mesures dans le droit commun.

    Conseil constitutionnel Police administrativeRégimes d’exception

  787. 2015 CC, 15 janvier 2015, n° 2014-709 DC, Loi relative à la délimitation des régions

    La carte des intercommunalités ne peut être modifiée que dans le respect du principe de libre administration des collectivités membres. La portée : définition des limites constitutionnelles des rationalisations territoriales imposées.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  788. 2015 CE, 15 avril 2015, Pôle emploi Castrot

    Une mesure ne portant atteinte ni aux perspectives de carrière ni à la rémunération est néanmoins susceptible de recours dès lors qu'elle est entachée d'un motif discriminatoire. La portée : extension du contrôle en matière de fonction publique civile.

    Conseil d’État Organisation administrativeFonction publique

  789. 2015 CE, 18 décembre 2015, Société routière Chambard

    La distinction entre actes réglementaires et décisions individuelles est opérée dans l'appréciation du doute sérieux. La portée : précision sur l'office du juge des référés selon la nature de l'acte contesté.

    Conseil d’État Recours contentieux

  790. 2015 CE, 23 novembre 2015, Ministre de l'Intérieur et commune de Calais

    La carence d'une autorité de police qui expose des personnes à des traitements inhumains ou dégradants constitue une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Le juge des référés peut prescrire à l'administration les mesures nécessaires pour y mettre fin.

    Conseil d’État Police administrative

  791. 2015 CE, 25 novembre 2015, Société Gibmedia

    La publication sur le site d'une autorité de régulation fait courir le délai de recours à l'égard des professionnels du secteur régulé.

    Conseil d’État Recours contentieux

  792. 2015 CE, Sect., 25 septembre 2015, Mme Bourjolly

    Dès lors qu'une décision modifiant les tâches ou l'affectation d'un agent affecte l'exercice de ses droits et libertés fondamentaux, elle est susceptible de recours pour excès de pouvoir. La portée : consécration de la liberté fondamentale comme critère d'exclusion de la qualification de MOI.

    Conseil d’État Organisation administrativeFonction publique

  793. 2015 CE, 27 février 2015

    L'irrégularité d'une enquête publique est un vice danthonysable. La portée : confirmation de l'application du principe Danthony à la procédure d'enquête publique.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  794. 2015 CE, 5 octobre 2015, Association des amis des intermittents et précaires

    L'annulation partielle assortie d'une modulation différenciée est admise. La portée : approfondissement de la technique inaugurée par l'arrêt Association AC !

    Conseil d’État Recours contentieux

  795. 2015 CE, 9 novembre 2015, AGRIF (affaire Dieudonné)

    Le triple test de proportionnalité est appliqué pour la première fois : adéquation, nécessité, proportionnalité stricto sensu. La portée : ce standard de contrôle sera systématiquement utilisé pour évaluer les mesures sanitaires restrictives des libertés fondamentales.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  796. 2015 CE, Sect., 11 décembre 2015, M. Domenjoud, n° 394989

    Une présomption que la condition d'urgence requise pour le référé-liberté est remplie est posée en matière d'assignations à résidence prises dans le cadre de l'état d'urgence. La portée : le juge des référés exerce un contrôle systématique de nécessité, d'adaptation et de proportionnalité.

    Conseil d’État Régimes d’exceptionRecours contentieux

  797. 2015 CE, Ass., 9 novembre 2015, AGRIF (affaire Dieudonné, fond)

    Le Conseil d'État applique pour la première fois explicitement le triple test de proportionnalité (adapté, nécessaire, proportionné) issu de la jurisprudence CJUE pour contrôler la légalité des mesures de police administrative. La portée : cette méthode de contrôle est applicable tant en PAG qu'en PAS.

    Conseil d’État Police administrative

  798. 2015 CEDH, 26 novembre 2015, Ebrahimian c. France

    Le refus de renouveler le contrat d'une assistante sociale portant le voile islamique n'est pas contraire à l'article 9 de la CEDH. La portée : les restrictions à la liberté religieuse des agents publics sont justifiées par la nécessité de préserver la neutralité du service public.

    Conseil d’État Service public

  799. 2015 TC, 2015, Société Autoroutes du Sud de la France

    L'arrêt Peyrot est abandonné : les contrats passés par une société concessionnaire d'autoroute de droit privé avec des entreprises de travaux ne sont plus automatiquement administratifs. La qualification dépend désormais des critères de droit commun.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  800. 2015 TC, art. 13 du décret du 27 février 2015

    Le représentant de l'État peut demander à la juridiction judiciaire de décliner sa compétence, même si l'administration n'est pas en cause. La portée : extension du champ de l'élévation du conflit.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  801. 2015 TC, décret du 27 février 2015

    La procédure devant le TC est écrite. La représentation par avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire, sauf pour l'État.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  802. 2015 TC, décret du 27 février 2015, art. 33

    Si le TC estime que la juridiction qui a prononcé le renvoi n'est pas compétente, il déclare nuls et non avenus les jugements et actes de procédure accomplis devant elle. S'il estime que l'autre ordre a décliné à tort sa compétence, il déclare ce jugement nul et renvoie le litige à cette juridiction.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  803. 2015 TC, loi du 16 février 2015

    La présidence du Garde des Sceaux est supprimée. La portée : réforme structurelle du TC.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  804. 2015 TC, loi du 16 février 2015 et décret du 27 février 2015

    La procédure du conflit positif est modernisée. Les délais et les formes sont réformés.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  805. 2015 TC, loi du 16 février 2015, art. 15

    En cas de contrariété de décisions définitives conduisant à un déni de justice, le TC juge au fond à l'égard de toutes les parties. Ses décisions ne sont susceptibles d'aucun recours.

    Tribunal des conflits Juridiction administrative

  806. 2015 CE, réf., 16 avril 2015, SARL Grasse Boulange

    Le respect de la dignité de la personne humaine est une composante de l'ordre public, mais le refus d'un maire d'interdire l'exposition de pâtisseries caricaturales ne révèle pas une illégalité manifeste. La portée : rappel de la dignité, contrôle limité en référé.

    Conseil d’État Police administrative

  807. 2015 CE, 11 février 2015, Craighero

    Est personnelle la faute d'un agent qui, eu égard à sa nature, aux conditions de sa commission, aux objectifs poursuivis et aux fonctions exercées, revêt une particulière gravité.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  808. 2015 CC, n° 2014-455 QPC du 6 mars 2015, M. Jean de M.

    Le droit à un recours juridictionnel effectif garanti par l'article 16 de la Déclaration de 1789 comprend celui d'obtenir l'exécution des décisions de justice.

    Conseil constitutionnel Juridiction administrative

  809. 2015 CE, Sect., 27 juillet 2015, Baey

    Le juge de la responsabilité peut enjoindre à la personne publique de mettre fin au comportement fautif qui perdure à la date où il statue ou d'en pallier les effets.

    Conseil d’État Responsabilité administrativeRecours contentieux

  810. 2015 CE, 27 octobre 2015, Allenbach et autres

    Le moyen tiré de ce qu'une loi aurait été adoptée selon une procédure contraire à un traité, ici la consultation des collectivités exigée par la Charte européenne de l'autonomie locale, est inopérant.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  811. 2015 CE, 8 juillet 2015, M. de Praingy

    Une QPC dirigée contre une loi transposant des dispositions inconditionnelles et précises d'une directive n'est pas transmise, sauf atteinte à une règle ou un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France.

    Conseil d’État Recours contentieuxLégalité ordinaire

  812. 2015 CE, 1er juin 2015, Boromée

    Le juge exerce un contrôle normal sur la proportionnalité des sanctions disciplinaires infligées aux détenus.

    Conseil d’État Recours contentieux

  813. 2015 CE, réf., 23 septembre 2015, Association des musulmans de Mantes Sud

    Le refus de mettre une salle municipale à disposition pour une manifestation religieuse peut justifier le référé-liberté.

    Conseil d’État Recours contentieuxAdministration décentralisée

  814. 2015 TC, 9 mars 2015, Société Véolia propreté Nord Normandie

    Le licenciement du salarié qui refuse le contrat de droit public proposé lors d'une reprise d'activité par une personne publique relève du juge judiciaire. La portée : le salarié reste soumis au droit privé tant que la conversion n'a pas eu lieu.

    Tribunal des conflits Fonction publique

  815. 2016 CC, 19 février 2016, n° 2016-536 QPC, Ligue des droits de l'homme, Perquisitions et saisies administratives

    Le régime des perquisitions et des saisies administratives est déclaré globalement conforme à la Constitution. Toutefois, la saisie de données informatiques et leur conservation sans limitation de durée lorsqu'elles ne conduisent pas à la constatation d'une infraction sont censurées comme contraires à la Constitution.

    Conseil constitutionnel Police administrativeRégimes d’exception

  816. 2016 CC, 2 décembre 2016, n° 2016-600 QPC, Perquisitions et saisies de données informatiques

    La conservation sans limitation de durée des données saisies lors d'une perquisition administrative est censurée. La portée : encadrement constitutionnel du traitement des données numériques en dehors du cadre judiciaire.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  817. 2016 CE, Ass., 21 mars 2016, Société Fairvesta International GmbH et Société NC Numericable

    Un acte de droit souple d'une AAI est susceptible de recours pour excès de pouvoir s'il produit des effets notables sur les personnes concernées. La portée : ouverture du contrôle contentieux sur les recommandations et lignes directrices des AAI.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatOrganisation administrativeRecours contentieux

  818. 2016 CE, 2016, Jacob ; CE, 2016, AFEP et APSIS

    Lorsque le caractère sérieux d'une QPC dépend de l'interprétation du droit de l'Union, le Conseil d'État doit saisir la CJUE. Il doit rejeter la QPC en attendant la réponse préjudicielle.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  819. 2016 CE, 6 avril 2016, Monsieur Blanc et autres

    Les lois organiques peuvent faire l'objet d'un contrôle de conventionnalité. La portée : faire prévaloir le traité reviendrait alors à faire prévaloir la norme internationale sur la Constitution.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  820. 2016 CE, 7 décembre 2016, CARSAT d'Aquitaine

    La motivation insuffisante d'un acte n'est pas danthonysable. La portée : confirmation que les exigences de motivation constituent une garantie substantielle non neutralisable.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  821. 2016 CE, Ass., 13 juillet 2016, Czabaj

    En l'absence de mention des voies et délais, le recours reste soumis à un délai raisonnable d'un an à compter de la connaissance de l'acte. La portée : limitation de la théorie de l'inopposabilité des délais.

    Conseil d’État Recours contentieux

  822. 2016 CE, Ass., 31 mai 2016, APHP et Agence de la biomédecine

    Dans le cadre du référé-liberté, le juge peut écarter l'application de dispositions législatives pourtant conformes à la CEDH. La portée : extension de l'office du juge des référés.

    Conseil d’État Recours contentieux

  823. 2016 CE, Ass., 31 mai 2016, Mme Gonzalez Gomez

    Le Conseil d'État admet un contrôle in concreto de la conventionnalité. Il peut écarter l'application d'une loi non incompatible en elle-même avec un traité, mais dont l'application dans les circonstances particulières d'une espèce entraînerait des conséquences manifestement contraires aux exigences de ce traité.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  824. 2016 CE, Ass., 9 novembre 2016, Commune de Melun (n° 395122)

    Une crèche de Noël ne peut en principe pas être installée dans les bâtiments publics sièges d'une collectivité ou d'un service public. L'exception : des circonstances particulières lui reconnaissent un caractère culturel, artistique ou festif.

    Conseil d’État Service public

  825. 2016 CE, Avis contentieux, 6 juillet 2016, n° 398234

    Les perquisitions administratives ne sont justifiées que si des raisons sérieuses permettent de penser qu'un lieu est fréquenté par une personne menaçant la sécurité publique. Les ordres de perquisition doivent être motivés et les personnes visées peuvent être indemnisées en cas d'illégalité.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  826. 2016 CE, ord., 26 août 2016, Ligue des droits de l'homme c/ Commune de Villeneuve-Loubet (affaire du burkini)

    La prorogation de l'état d'urgence par le législateur ratifie le décret initial et rend sa légalité inattaquable par la voie contentieuse. Le juge refuse de prononcer une injonction au Président de la République pour mettre fin à l'état d'urgence, le péril imminent n'ayant pas disparu.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exceptionRecours contentieux

  827. 2016 CE, Réf., 31 mai 2016, Mme C. A

    L'atteinte manifestement illégale peut résulter d'une inconventionnalité de la situation. Le juge peut constater la violation de la CEDH en référé-liberté.

    Conseil d’État Recours contentieux

  828. 2016 CJUE, 2016, Association France Nature Environnement

    La CJUE admet qu'une disposition nationale contraire à une directive puisse être maintenue provisoirement en vigueur au nom de la sécurité juridique. Cette dérogation est encadrée et exceptionnelle au principe de primauté.

    CJUE Légalité ordinaire

  829. 2016 CE, 1er juillet 2016, Société Groupama Grand Est, n° 375076

    Le placement d'un mineur auprès de l'aide sociale à l'enfance n'engage la responsabilité sans faute du département que s'il organise une prise en charge durable et globale. La portée : précision du régime de la garde.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  830. 2016 TC, 11 avril 2016, Centre hospitalier de Chambéry, n° 4044

    L'action d'un hôpital public contre le fournisseur d'un produit de santé défectueux relève du juge administratif. La portée : compétence administrative pour les recours en garantie.

    Tribunal des conflits Responsabilité administrative

  831. 2016 CE, réf., 26 août 2016, Ligue des droits de l'homme et autres

    Un maire ne peut interdire une tenue de bain qu'en présence de risques avérés d'atteinte à l'ordre public. La portée : contrôle des arrêtés dits anti-burkini.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieux

  832. 2016 CE, 13 avril 2016, Commune de Baillargues

    Sous l'empire du code, un bien affecté à un service public appartient au domaine public dès que l'aménagement indispensable peut être regardé comme entrepris de façon certaine.

    Conseil d’État Organisation administrative

  833. 2016 CE, 3 octobre 2016, Confédération paysanne et autres

    Lorsqu'un décret transpose lui-même certaines dispositions d'une directive, le juge applique la méthode de l'arrêt Arcelor.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  834. 2016 CE, 10 novembre 2016, Mme Marcilhacy

    Les actes de droit souple du Conseil supérieur de l'audiovisuel peuvent être déférés au juge de l'excès de pouvoir lorsqu'ils produisent des effets notables.

    Conseil d’État Recours contentieux

  835. 2017 CC, 11 janvier 2018, n° 2017-684 QPC, Zones de protection ou de sécurité

    Les zones de protection ou de sécurité de l'article 5-2 sont déclarées inconstitutionnelles faute de précisions quant à leur institution et aux mesures susceptibles d'y être prises. La portée : la disposition est abrogée immédiatement, l'état d'urgence ayant cessé le 1er novembre 2017.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  836. 2017 CC, 16 février 2018, n° 2017-691 QPC, M. Farouk B., Mesures individuelles de contrôle

    Les dispositions de la loi SILT permettant la prolongation des MICAS au-delà de trois mois sans décision préalable d'un juge sont censurées. La portée : le droit à un recours juridictionnel effectif impose que le juge administratif statue dans de brefs délais sur les demandes d'annulation.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  837. 2017 CC, 16 mars 2017, n° 2017-624 QPC, Assignations à résidence au-delà de douze mois

    La prolongation d'une assignation à résidence au-delà de douze mois n'est constitutionnelle que si l'administration produit des éléments nouveaux et complémentaires établissant une menace d'une particulière gravité. La portée : limitation temporelle des atteintes prolongées à la liberté d'aller et venir.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  838. 2017 CC, 1er décembre 2017, n° 2017-677 QPC, Ligue des droits de l'Homme, Contrôles d'identité, fouilles de bagages et visites de véhicules

    Les dispositions de l'article 8-1 de la loi de 1955 autorisant ces contrôles sans justification par des circonstances particulières sont déclarées contraires à la Constitution. La portée : le législateur n'avait pas assuré une conciliation équilibrée entre la sauvegarde de l'ordre public et la liberté d'aller et venir.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exceptionPolice administrative

  839. 2017 CC, 29 mars 2018, n° 2017-695 QPC, M. Rouchdi B., Mesures administratives de lutte contre le terrorisme

    Les dispositions de la loi SILT du 30 octobre 2017 intégrant dans le droit commun des mesures issues de l'état d'urgence sont jugées conformes à la Constitution sous plusieurs réserves d'interprétation. La portée : la pérennisation de l'état d'urgence dans le droit commun est constitutionnellement admise sous condition de garanties juridictionnelles effectives.

    Conseil constitutionnel Police administrativeRégimes d’exception

  840. 2017 CC, 9 juillet 2017, n° 2017-635 QPC, Interdiction de séjour

    L'interdiction de séjour prévue à l'article 5 de la loi de 1955 est déclarée contraire à la Constitution. La portée : le législateur doit circonscrire la mesure aux seules personnes dont le comportement constitue une menace avérée.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  841. 2017 CE, 15 mars 2017, n° 391654

    L'absence de texte législatif prévoyant l'expérimentation empêche toute tentative d'une collectivité sur ce fondement. La portée : l'expérimentation locale est strictement subordonnée à une habilitation législative préalable.

    Conseil d’État Administration décentraliséeOrganisation administrative

  842. 2017 CE, 17 novembre 2017, SYNERPA

    Lorsque la consultation est facultative, l'administration n'est pas tenue de redemander un avis en cas de modification du projet. La portée : distinction du régime des consultations obligatoires et des consultations facultatives.

    Conseil d’État Administration d’État

  843. 2017 CE, 2017, GISTI

    Les autorités de police générale ont l'obligation positive d'agir pour faire cesser des conditions de vie portant atteinte à la dignité humaine. La portée : la dignité n'est plus seulement un fondement d'interdiction, elle génère un devoir d'intervention.

    Conseil d’État Police administrative

  844. 2017 CE, ord., 28 juillet 2017, Section française de l'Observatoire international des prisons

    Le caractère manifestement illégal s'apprécie au regard des moyens dont dispose l'administration pour protéger la liberté fondamentale en cause. La portée : critère jurisprudentiel structurant du référé-liberté.

    Conseil d’État Recours contentieux

  845. 2017 CE, Avis, 6 juillet 2017, n° 398234, Napol et autres, Perquisitions administratives

    Les perquisitions administratives ne sont justifiées que s'il existe des sérieuses raisons de penser qu'un lieu est fréquenté par une personne menaçant la sécurité publique. Les ordres de perquisition doivent être motivés et contrôlés par le juge administratif.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  846. 2017 CE, 15 novembre 2017, Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, n° 403275

    L'interdiction, pour des motifs d'hygiène, de fouiller les poubelles n'est ni disproportionnée ni discriminatoire. La portée : application du contrôle de proportionnalité aux mesures de salubrité.

    Conseil d’État Police administrative

  847. 2017 CE, 3 mars 2017, Commune de Clichy-sous-Bois

    Dans une concession, les principes de continuité et d'égalité ne s'imposent au concessionnaire que dans les limites de l'objet du contrat et selon ses stipulations. La portée : articulation des lois du service public avec le contrat.

    Conseil d’État Service public

  848. 2017 CE, 19 juillet 2017, Commune de Saint-Philippe

    Le juge administratif ne prononce pas de condamnation in solidum : l'administration ne répond que de sa part dans la survenance du dommage.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  849. 2017 CE, 12 juillet 2017, M. Durbano

    Un traité engage les finances de l'État, au sens de l'article 53, lorsqu'il crée une charge certaine et directe excédant les dépenses de fonctionnement courantes de l'administration.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  850. 2017 CE, 28 décembre 2017, M. Molénat

    L'application des règles législatives sur l'anonymat du don de gamètes ne peut, quelles que soient les circonstances propres au demandeur, être regardée comme contraire à la Convention européenne : le contrôle in concreto est exclu.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  851. 2017 CE, 9 mai 2017, M. Herzi

    Une disposition analogue mais distincte d'une disposition déjà déclarée conforme sous réserve ne peut être regardée comme ayant elle-même été déclarée conforme.

    Conseil d’État Recours contentieux

  852. 2017 CC, 31 juillet 2017, n° 2017-749 DC, CETA

    Un accord relevant de la compétence exclusive de l'Union n'est contrôlé qu'au regard des règles et principes inhérents à l'identité constitutionnelle de la France ; aucune révision n'est requise.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  853. 2017 CE, 28 juillet 2017, Mme Boutaleb

    Une interdiction générale des signes religieux dans un institut de soins infirmiers est illégale faute de distinguer les situations : liberté en formation théorique, neutralité en stage hospitalier.

    Conseil d’État Service public

  854. 2017 CE, 25 octobre 2017, Fédération morbihannaise de la libre pensée

    La croix surplombant la statue de Ploërmel est un signe religieux prohibé par l'article 28 de la loi de 1905, contrairement à la statue et à l'arche.

    Conseil d’État Administration décentraliséeService public

  855. 2018 CC, 6 juillet 2018, Cédric H. (n° 2018-717/718 QPC)

    La fraternité est consacrée comme principe à valeur constitutionnelle à partir de l'article 2 de la Constitution. La portée : illustration de la capacité créatrice contemporaine du Conseil constitutionnel.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  856. 2018 CE, 18 mai 2018, Monsieur O

    Lorsque le Gouvernement soumet un projet d'ordonnance au Conseil d'État, il ne peut retenir un texte différent à la fois du projet soumis et du texte adopté par le Conseil d'État. La portée : encadrement du rapport entre la fonction consultative du Conseil d'État et le texte final.

    Conseil d’État Administration d’État

  857. 2018 CE, 19 janvier 2018

    L'absence de visite de la commission de sécurité d'un ERP est un vice non danthonysable. La portée : illustration des limites du principe Danthony pour les garanties substantielles de protection.

    Conseil d’État Administration d’ÉtatRecours contentieux

  858. 2018 CE, Sect., 21 décembre 2018, Société Eden

    Le juge de l'excès de pouvoir choisit en principe le moyen le mieux à même de régler le litige ; saisi de conclusions à fin d'injonction, il examine prioritairement les moyens de nature à la justifier, et il respecte la hiérarchisation des prétentions opérée par le requérant, avant l'expiration du délai de recours, en fonction de la cause juridique de ses conclusions d'annulation.

    Conseil d’État Recours contentieux

  859. 2018 CE, 22 octobre 2018 (jurisprudence Danthony appliquée au RAPO)

    La procédure de RAPO se voit appliquer les règles issues de la jurisprudence Danthony. Un vice de procédure dans le RAPO n'entraîne l'annulation que s'il a privé l'intéressé d'une garantie ou influencé le sens de la décision.

    Conseil d’État Recours contentieux

  860. 2018 CE, 7 mars 2018, Mme B

    Le recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit être regardé comme dirigé contre la décision administrative initiale. La portée : le requérant n'est pas pénalisé par l'exercice de sa démarche amiable préalable.

    Conseil d’État Recours contentieux

  861. 2018 CE, Ass., 18 mai 2018, Fédération des finances et affaires économiques de la CFDT (CFDT-Finances)

    Un règlement entaché d'un simple vice de procédure ou de forme, sans effet sur sa légalité substantielle, n'est pas soumis à l'obligation permanente d'abrogation. La portée : nuance importante au principe posé par Compagnie Alitalia, préservant la sécurité juridique des actes formellement irréguliers.

    Conseil d’État Police administrativeRecours contentieuxOrganisation administrative

  862. 2018 CJUE, 4 octobre 2018, Arrêt de manquement contre la France

    La CJUE condamne la France en manquement en raison de la violation par le Conseil d'État de son obligation de renvoi préjudiciel. Le Conseil d'État aurait dû avoir un doute raisonnable sur l'interprétation du droit de l'Union et saisir la CJUE au titre de la théorie de l'interprétation partagée.

    CJUE Légalité ordinaire

  863. 2018 Cass. civ., 2018, Commune du Lavandou

    Pour être extinctive, la dépossession doit être définitive. La portée : précision essentielle valable tant pour l'emprise irrégulière que pour la voie de fait.

    Cour de cassation Juridiction administrative

  864. 2018 CC, n° 2017-760 DC du 18 janvier 2018

    Validation des contrats encadrant l'évolution des dépenses de fonctionnement des grandes collectivités territoriales prévus par la loi de programmation des finances publiques pour 2018 à 2022.

    Conseil constitutionnel Administration décentralisée

  865. 2018 CE, 21 février 2018, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

    L'absence de compensation financière prévue par un texte modifiant les règles d'exercice d'une compétence transférée est sans incidence sur sa légalité.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  866. 2018 CE, Ass., 13 avril 2018, Établissement public du domaine national de Chambord

    L'image d'un bien du domaine public n'en constitue ni une dépendance ni un accessoire, et son exploitation commerciale n'est pas une utilisation privative du domaine.

    Conseil d’État Organisation administrative

  867. 2018 CE, 12 octobre 2018, SARL Super Coiffeur

    Contre un décret de publication, les moyens tirés de la Constitution ou d'un autre traité sont inopérants, et le juge ne contrôle pas la validité des réserves formulées par la France.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  868. 2018 CJUE, 4 octobre 2018, Commission c/ France (C-416/17)

    Premier constat de manquement imputable à une cour suprême qui s'est abstenue de saisir la Cour de justice alors qu'un doute raisonnable subsistait.

    CJUE Juridiction administrative

  869. 2019 CE, 30 avril 2019, M. A. c/ Commune de Calais

    La condition d'urgence s'apprécie au regard de la situation particulière du requérant et non de manière abstraite.

    Conseil d’État Recours contentieux

  870. 2019 CE, Ass., 19 juillet 2019, Association des Américains accidentels

    En cas d'incompatibilité entre un traité et le droit de l'Union européenne, le juge doit faire prévaloir le droit de l'Union (primaire et dérivé) sur le traité conclu avec un État tiers.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  871. 2019 CE, Ass., 1er avril 2019, M. C

    Le juge de l'exécution peut augmenter le taux de l'astreinte lors de la liquidation provisoire sans avoir à respecter le contradictoire. La portée : extension des pouvoirs du juge d'exécution.

    Conseil d’État Recours contentieux

  872. 2019 CE, 17 juin 2019, Centre hospitalier de Vichy, n° 413097

    Le délai raisonnable d'un an issu de Czabaj ne s'applique pas aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique, la sécurité juridique étant assurée par les règles de prescription. La portée : limite expresse à l'extension de Czabaj.

    Conseil d’État Recours contentieux

  873. 2019 CE, 7 juin 2019, SA HLM Antin Résidences

    Les sociétés anonymes d'HLM exercent une mission de service public ; les documents en lien suffisamment direct avec cette mission sont des documents administratifs communicables.

    Conseil d’État Service public

  874. 2019 CJUE, 20 juin 2019, Ustariz Aróstegui

    La différence de statut ne justifie pas, à elle seule, d'exclure un agent contractuel d'un complément de rémunération versé aux titulaires exerçant les mêmes fonctions.

    CJUE Fonction publique

  875. 2019 CE, Sect., 6 décembre 2019, Syndicat des copropriétaires du Monte-Carlo Hill

    Le juge qui condamne une personne publique pour un dommage de travaux publics persistant peut lui enjoindre de prendre les mesures propres à y mettre fin.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  876. 2019 CE, Ass., 24 décembre 2019, Société hôtelière Paris Eiffel Suffren

    La responsabilité de l'État peut être engagée pour les dommages causés par une loi déclarée contraire à la Constitution, si la décision du Conseil constitutionnel ne s'y oppose pas.

    Conseil d’État Responsabilité administrative

  877. 2019 CE, 18 février 2019, CGT-FO

    L'article 3 de la convention n° 87 de l'OIT, relatif à la liberté d'organisation des syndicats, crée des droits directement invocables par les particuliers.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  878. 2019 CE, 17 juin 2019, Association des accidentés de la vie

    L'article 25 de la convention relative aux droits des personnes handicapées, qui consacre leur droit à la santé, appelle des actes complémentaires et n'a donc pas d'effet direct.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  879. 2019 CE, 19 juillet 2019, Mme Le Pen

    L'appréciation portée par la HATVP sur une déclaration de patrimoine est un acte de droit souple contestable : toute autorité administrative peut en produire, et une simple influence sur les comportements suffit.

    Conseil d’État Recours contentieux

  880. 2019 CE, 7 mars 2019, Commune de Valbonne

    L'article L. 2144-3 du CGCT permet l'utilisation d'un local communal pour l'exercice d'un culte ; un bail sur le domaine privé est possible si les conditions excluent toute libéralité.

    Conseil d’État Administration décentralisée

  881. 2020 CC, 11 mai 2020, n° 2020-800 DC, Loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire

    Le Conseil constitutionnel valide les dispositions relatives à la mise en quarantaine sous réserve que le juge judiciaire intervienne avant tout prolongement d'une mesure privative de liberté au-delà de quatorze jours. Il censure les dispositions relatives aux organismes d'accompagnement social dans le dispositif de traçage des contaminations pour atteinte disproportionnée au respect de la vie privée.

    Conseil constitutionnel Police administrativeRégimes d’exception

  882. 2020 CC, 29 janvier 2021, n° 2020-878/879 QPC

    Les dispositions permettant la prolongation automatique des détentions provisoires sans intervention systématique d'un juge sont déclarées inconstitutionnelles. L'exigence constitutionnelle d'un contrôle effectif des détentions fondée sur l'article 66 de la Constitution s'impose même en période de crise sanitaire.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  883. 2020 CE, 12 juin 2020, GISTI

    Les documents de portée générale émanant d'autorités publiques susceptibles d'avoir des effets notables sur les droits des personnes peuvent être déférés au juge de l'excès de pouvoir. La portée : consécration de la recevabilité du REP contre les circulaires et lignes directrices impératives.

    Conseil d’État Organisation administrativeRecours contentieux

  884. 2020 CE, 19 novembre 2020, Commune de Grande-Synthe

    L'État peut voir sa responsabilité engagée pour carence fautive dans la mise en œuvre de ses engagements climatiques découlant de la loi et des traités internationaux. La portée : ouvre la responsabilité du fait des lois dans le domaine environnemental.

    Conseil d’État Légalité ordinaireOrganisation administrative

  885. 2020 CE, Réf., 13 juin 2020, n° 440856, Ligue des droits de l'homme

    L'interdiction générale et absolue de toute manifestation de plus de dix personnes n'est pas strictement proportionnée aux risques sanitaires en période de baisse des indicateurs épidémiques. La portée : même en période d'exception légale, la dérogation aux règles de fond reste soumise à un contrôle de proportionnalité strict.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exception

  886. 2020 CE, Réf., 22 mars 2020, n° 439674, Syndicat des jeunes médecins

    Le Conseil d'État refuse d'ordonner un confinement total. La portée : le juge des référés ne substitue pas son appréciation à celle de l'autorité compétente lorsque celle-ci a pris des mesures appropriées.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  887. 2020 CE, Réf., 22 mars 2020, n° 439816, Syndicat Jeunes Médecins

    Le droit à la vie constitue une liberté fondamentale au sens du référé-liberté. Le Conseil d'État rejette la demande de confinement total immédiat au motif que les mesures en vigueur ne présentaient pas un caractère disproportionné.

    Conseil d’État Recours contentieuxRégimes d’exception

  888. 2020 CE, Réf., 29 novembre 2020, n° 446930

    La limitation à trente personnes des cérémonies religieuses, fixée indépendamment de la superficie des lieux de culte et sans équivalent pour d'autres activités comparables, constitue une atteinte disproportionnée à la liberté de culte. La portée : la dérogation aux libertés fondamentales admissible en période d'exception ne peut revêtir un caractère général et absolu qu'à la condition d'être la seule mesure permettant d'atteindre l'objectif poursuivi.

    Conseil d’État Police administrativeRégimes d’exception

  889. 2020 CE, Réf., 30 avril 2020, n° 440179, Fédération française des usagers de la bicyclette

    Le Conseil d'État enjoint au gouvernement de rendre publique la position selon laquelle les moyens de déplacement demeurent libres dans le cadre des déplacements autorisés. L'absence de diffusion de cette position porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir des cyclistes soumis à des verbalisations injustifiées.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  890. 2020 CE, Réf., 4 avril 2020, n° 439904, Centre hospitalier universitaire de La Guadeloupe

    Le droit à la vie et le droit de recevoir des soins appropriés sont des libertés fondamentales au sens de l'article L. 521-2 CJA. Une carence de l'autorité sanitaire ne peut être caractérisée dès lors que les incertitudes scientifiques subsistent quant à l'efficacité du traitement par hydroxychloroquine.

    Conseil d’État Régimes d’exception

  891. 2020 CE, 23 janvier 2020, Commune de Bussy-Saint-Georges

    Les immeubles à usage de bureaux relèvent du domaine privé, même affectés à un service public, sauf s'ils forment un ensemble indivisible avec le domaine public.

    Conseil d’État Organisation administrative

  892. 2020 CE, 5 février 2020, Unicef France

    L'article 20 de la Convention relative aux droits de l'enfant, sur la protection des enfants privés de leur milieu familial, est reconnu d'effet direct.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  893. 2020 CC, 2 octobre 2020, n° 2020-858/859 QPC, M. Geoffrey F. et autre

    Le juge du filtre ne peut écarter le caractère sérieux d'une QPC en se fondant sur l'interprétation qu'impose la conformité de la loi aux engagements internationaux ; la loi doit être confrontée à la Constitution.

    Conseil constitutionnel Recours contentieuxLégalité ordinaire

  894. 2021 CC, 15 octobre 2021, Société Air France (n° 2021-940 QPC)

    Le Conseil constitutionnel fournit pour la première fois une illustration positive d'un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France. Ce principe est l'interdiction de déléguer à des personnes privées des compétences de police administrative générale inhérentes à l'exercice de la force publique.

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  895. 2021 CC, 2021, Loi organique relative au CESE

    Le Conseil constitutionnel valide la réforme de 2021 réduisant la composition du CESE et instituant la pétition citoyenne. La portée : confirmation de la constitutionnalité du nouveau modèle participatif.

    Conseil constitutionnel Administration d’État

  896. 2021 CC, 5 août 2021, n° 2021-824 DC, Loi relative à la gestion de la crise sanitaire (passe sanitaire)

    Le Conseil constitutionnel valide les dispositions instituant le passe sanitaire. Il juge qu'elles opèrent une conciliation équilibrée entre la protection de la santé et la liberté d'aller et venir.

    Conseil constitutionnel Régimes d’exception

  897. 2021 CE, Ass., 21 avril 2021, French Data Network

    La jurisprudence Arcelor est étendue aux règlements européens. Un acte administratif peut être maintenu s'il assure la garantie effective d'exigences constitutionnelles sans équivalent en droit de l'UE.

    Conseil d’État Légalité ordinaire

  898. 2021 CE, réf., 6 mai 2021, n° 451455, couvre-feu et personnes vaccinées ou rétablies

    Le Conseil d'État refuse de suspendre les mesures de couvre-feu à l'égard des personnes vaccinées. La portée : illustration de la prudence du juge face aux arbitrages sanitaires en situation d'incertitude scientifique.

    Conseil d’État Régimes d’exceptionRecours contentieux

  899. 2021 CE, Sect., 2021, Association des avocats ELENA France

    Le juge peut désormais prononcer la simple abrogation d'un règlement devenu illégal par suite d'un changement de circonstances. La portée : consécration d'une modulation des effets dans le temps de la sanction de l'illégalité.

    Conseil d’État Organisation administrative

  900. 2021 CE, 22 mars 2021, Union syndicale des magistrats administratifs

    Les lignes directrices de gestion en matière d'avancement produisent des effets notables et peuvent être déférées au juge de l'excès de pouvoir.

    Conseil d’État Fonction publique

  901. 2021 CE, 1er juillet 2021, Commune de Grande-Synthe

    Injonction au Premier ministre de prendre, avant le 31 mars 2022, toutes mesures utiles pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

    Conseil d’État Recours contentieux

  902. 2021 CE, 15 avril 2021, Forestiers privés de France

    Première demande d'avis consultatif adressée par le Conseil d'État à la Cour européenne des droits de l'homme sur le fondement du protocole n° 16, à propos du droit de la chasse.

    Conseil d’État Recours contentieux

  903. 2021 CE, 10 juin 2021, Syndicat national des journalistes

    Certaines mesures du schéma national du maintien de l'ordre, qui affectent manifestants, journalistes et observateurs, sont contestables et annulées.

    Conseil d’État Recours contentieuxPolice administrative

  904. 2022 TC, 2022, Destailleurs c/ Métropole européenne de Lille

    Les relations entre usagers et SPIC relèvent du droit privé. La portée : confirmation de la jurisprudence établie en matière de SPIC.

    Tribunal des conflits Organisation administrative

  905. 2022 CE, réf., 21 juin 2022, Commune de Grenoble

    Première application du déféré-laïcité : une dérogation ciblée au règlement des piscines, sans justification réelle, compromet le bon fonctionnement du service et l'égalité des usagers.

    Conseil d’État Service publicAdministration décentralisée

  906. 2023 CEDH, 9 novembre 2023, Legros et autres c. France

    L'application immédiate du délai raisonnable issu de Czabaj aux recours introduits avant cette jurisprudence, rejetés comme tardifs, méconnaît le droit d'accès à un tribunal garanti par l'article 6 § 1. La portée : le principe du délai raisonnable n'est pas condamné, son application rétroactive l'est.

    CEDH Recours contentieux

  907. 2023 CE, 29 juin 2023, Association Alliance citoyenne

    Une fédération sportive délégataire peut imposer à ses joueurs une neutralité vestimentaire pendant les compétitions.

    Conseil d’État Service public

  908. 2023 CJUE, Gde ch., 28 novembre 2023, Commune d'Ans (C-148/22)

    Une administration peut interdire de manière générale et indifférenciée à tous ses agents le port visible de signes religieux pour créer un environnement totalement neutre, si la règle est cohérente, systématique et strictement nécessaire.

    CJUE Fonction publique

  909. 2024 CC, 25 janvier 2024, n° 2023-863 DC, Loi pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration

    Trente-deux articles sont censurés comme cavaliers législatifs, faute de lien, même indirect, avec le projet initial (article 45).

    Conseil constitutionnel Légalité ordinaire

  910. 2024 CE, 27 septembre 2024, interdiction des tenues de type abaya

    Le ministre a légalement interdit les tenues de type abaya, portées dans une logique d'affirmation religieuse, au titre de la loi du 15 mars 2004.

    Conseil d’État Service public

  911. 2024 CEDH, Gde ch., 9 avril 2024, Verein KlimaSeniorinnen Schweiz c. Suisse

    L'article 8 comprend un droit à une protection effective contre les effets graves du changement climatique ; une association peut agir.

    CEDH Légalité ordinaireResponsabilité administrative

  912. 2024 CE, 5 mars 2024, Mme B. (n° 461548)

    La refonte de l'échelle des sanctions par la loi du 6 août 2019, indivisible, ne constitue pas une loi plus douce applicable aux sanctions prononcées antérieurement. La portée : refus d'une rétroactivité in mitius en matière disciplinaire dans la fonction publique.

    Conseil d’État Fonction publique

  913. 2024 CC, n° 2024-1098 QPC du 4 juillet 2024, M. Sébastien L.

    L'exclusion de la protection fonctionnelle de l'agent entendu en audition libre méconnaît le principe d'égalité ; abrogation différée au 1ᵉʳ juillet 2025 avec réserve transitoire imposant d'accorder la protection. La portée : extension de la protection fonctionnelle au stade de l'enquête.

    Conseil constitutionnel Fonction publique

  914. 2025 CE, Ass., 1er avril 2025, Ligue des droits de l'Homme (affaire TikTok)

    La déclaration de l'état d'urgence n'épuise pas le champ des mesures possibles. L'autorité de police peut se fonder sur la théorie des circonstances exceptionnelles pour adopter des mesures non prévues par le droit commun, à trois conditions cumulatives : mesure indispensable, aucun moyen technique moins attentatoire disponible, et durée limitée fixée dès le départ.

    Conseil d’État Police administrative

  915. 2025 CC, 7 août 2025, n° 2025-895 DC, Maintien en rétention

    L'extension de la rétention à 180, voire 210 jours, d'étrangers ayant purgé leur peine ou non condamnés pour des faits graves est disproportionnée au regard de l'article 66.

    Conseil constitutionnel Police administrative

  916. 2025 CE, Ass., 10 décembre 2025, FEETS-FO (n° 494928)

    Les accords collectifs conclus dans les domaines prévus par l'article L. 221-2 du code général de la fonction publique sont susceptibles de recours pour excès de pouvoir ; le retrait de sa signature par une organisation minoritaire est sans incidence sur la validité d'un accord majoritaire publié. La portée : premier encadrement contentieux des accords devenus normatifs en 2021.

    Conseil d’État Fonction publiqueRecours contentieux