L'employeur dirige, contrôle et sanctionne : ces Notes mesurent jusqu'où il le peut face aux droits et libertés du salarié, y compris à travers les outils numériques.
L'employeur dirige, sanctionne et édicte des règles. Il ne peut pourtant pas toucher seul à ce que le contrat a fixé. Toute la question est de savoir d'où vient chaque changement : du pouvoir de direction, qui s'impose, ou du contrat, qui exige l'accord du salarié. De cette frontière dépendent le droit de refus et le sort du licenciement.
Mise à jour octobre 2026
Pouvoir de direction Discipline Règlement intérieur
La subordination ne suspend pas les droits de la personne. Le juge contrôle les restrictions que l'employeur apporte aux libertés du salarié, puis les différences de traitement qu'il opère. Deux logiques sont à distinguer. La non-discrimination est attachée à des critères interdits. L'égalité suppose une comparaison.
Messageries, réseaux sociaux, groupes fermés, « J'aime » : le salarié s'exprime sur des supports qui brouillent la frontière entre public et privé. Sa liberté d'expression reste le principe, au travail comme au dehors. Depuis janvier 2026, le juge ne s'arrête plus à l'abus. Il la met en balance avec les intérêts de l'employeur. Une sanction disproportionnée rend le licenciement nul.
Fichiers, messageries, clés USB, connexions et logiciels de suivi : l'ordinateur professionnel est un outil de travail que l'employeur peut contrôler. C'est aussi un lieu où le salarié garde une part d'intimité. La jurisprudence arbitre par une présomption de caractère professionnel, tempérée par le secret des correspondances et la proportionnalité.
Filmer un magasin pour décourager les vols et filmer un salarié à son poste ne relèvent pas du même régime. Finalité du dispositif, information, consultation du CSE et proportionnalité commandent la licéité des images. Le juge prud'homal et la CNIL exercent un double contrôle.
Localiser un véhicule ou un téléphone professionnel peut servir la sécurité, la facturation ou l'organisation des tournées. Contrôler le temps de travail par ce moyen n'est admis qu'à titre subsidiaire, pour des salariés sans réelle autonomie et faute d'autre décompte fiable. Ce contrôle ne peut jamais s'exercer en dehors des heures de travail ni au-delà de la finalité annoncée.
Images de caméras, données de géolocalisation, enregistrements clandestins, publications privées : une preuve illicite ou déloyale n'est plus écartée d'office. Depuis 2023, le juge met en balance le droit à la preuve et les droits concurrents. Il exerce pour cela un contrôle d'indispensabilité et de proportionnalité, au cas par cas.